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L'ancien président sud-coréen Yoon Suk-yeol condamné à la prison à vie pour avoir imposé la loi martiale

DOSSIER - L'ancien président sud-coréen Yoon Suk-yeol arrive au tribunal pour une audience de révision de son mandat d'arrêt demandé par les procureurs à Séoul, en Corée du Sud, le 9 juillet 2025.
DOSSIER - L'ancien président sud-coréen Yoon Suk-yeol arrive au tribunal pour une audience de révision de son mandat d'arrêt demandé par les procureurs à Séoul, en Corée du Sud, le 9 juillet 2025. Tous droits réservés  AP Photo
Tous droits réservés AP Photo
Par Malek Fouda
Publié le
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Un tribunal de Séoul a condamné l'ancien président sud-coréen Yoon Suk-yeol à la prison à vie après l'avoir reconnu coupable d'avoir mené une insurrection en déclenchant la loi martiale, en décembre 2024.

L'ancien président sud-coréen Yoon Suk-yeol passera le reste de sa vie en prison. Ce jeudi 19 février, un tribunal l'a reconnu coupable d'avoir organisé une insurrection en imposant brièvement la loi martiale, dans la nuit du 3 au 4 décembre 2024, point culminant de la plus grande crise politique du pays depuis des décennies.

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Le juge Jee Kui-youn a déclaré que Yoon Suk-yeol était coupable de rébellion pour avoir mobilisé des forces militaires et policières dans une tentative illégale de paralyser l'Assemblée nationale dirigée par les libéraux, d'arrêter des hommes politiques et d'établir un pouvoir incontrôlé pendant une période "considérable".

Un procureur spécial avait requis la peine de mort à l'encontre d'ancien chef d'État, estimant que ses actes constituaient une menace pour la démocratie du pays et qu'ils méritaient la peine la plus sévère qui soit. Séoul n'a pas exécuté de condamné à mort depuis 1997, dans le cadre de ce qui est largement considéré comme un moratoire de facto sur la peine capitale, alors que des voix s'élèvent pour réclamer son abolition.

Des partisans de l'ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol organisent un rassemblement devant le tribunal central de district de Séoul, en Corée du Sud, le jeudi 19 février 2026.
Des partisans de l'ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol organisent un rassemblement devant le tribunal du district central de Séoul, à Séoul, en Corée du Sud, le jeudi 19 février 2026. Ahn Young-joon/Copyright 2026 The AP. All rights reserved.

L’imposition de la loi martiale par Yoon Suk-yeol, la première de ce type depuis plus de quarante ans, ravivait les souvenirs des gouvernements militaires passés, lorsque les autorités proclamaient parfois des décrets d’urgence permettant de placer soldats, chars et véhicules blindés dans les rues ou dans des lieux publics tels que les écoles afin d’empêcher les manifestations anti‑gouvernementales.

Plusieurs autres responsables condamnés

Alors que Yoon Suk-yeol arrivait au tribunal, des centaines de policiers surveillaient de près le rassemblement des ses soutiens, réunis à l'extérieur d'un complexe judiciaire. Ses détracteurs se sont, eux, rassemblés à proximité, réclamant la peine de mort.

Le tribunal a également reconnu coupable et condamné plusieurs anciens responsables de l'armée et de la police impliqués dans l'application du décret de loi martiale de Yoon Suk-yeol, notamment l'ancien ministre de la défense Kim Yong Hyun, qui a été condamné à une peine de 30 ans de prison pour le rôle central qu'il a joué dans la planification de la mesure et la mobilisation des forces.

La Cour centrale de Séoul a également reconnu coupable l'ancien Premier ministre Han Duck‑soo, qui a écopé d’une peine de 23 ans de prison pour avoir tenté de légitimer le décret en le faisant passer par une réunion du Conseil du cabinet, falsifiant des dossiers et mentant sous serment. Han Duck‑soo a fait appel du verdict.

Yoon Suk-yeol, un conservateur convaincu, a défendu son décret sur la loi martiale comme étant nécessaire pour empêcher les libéraux, qu'il décrit comme des forces "anti-étatiques", de faire obstruction à son programme avec leur majorité législative.

Des partisans de l'ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol organisent un rassemblement devant le tribunal du district central de Séoul, à Séoul, en Corée du Sud, le jeudi 19 février 2026.
Des partisans de l'ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol organisent un rassemblement devant le tribunal du district central de Séoul, à Séoul, en Corée du Sud, le jeudi 19 février 2026. Ahn Young-joon/Copyright 2026 The AP. All rights reserved.

La loi martiale a duré environ six heures avant d'être levé après qu'un certain nombre de législateurs ont réussi à briser un blocus militaire, certains en escaladant les grilles de l'enceinte, et ont voté à l'unanimité la levée de la mesure.

Yoon Sud-yeol devrait faire appel

L'ancien président coréen a été suspendu de ses fonctions le 14 décembre 2024, après avoir été mis en accusation par les législateurs. Il a été officiellement démis de ses fonctions par la Cour constitutionnelle en avril 2025, par un vote unanime (8-0), ce qui a donné le coup d'envoi à ses déboires judiciaires.

Il est en état d'arrestation depuis juillet dernier et fait l'objet de plusieurs procès criminels, l'accusation de rébellion étant assortie de la peine la plus sévère. Le mois dernier, il a été condamné à cinq ans de prison pour avoir résisté à l'arrestation, fabriqué la proclamation de la loi martiale et esquivé la réunion plénière du cabinet prévue par la loi avant de décréter la mesure.

Yoon Sud-yeol devrait faire appel du verdict, mais les analystes estiment qu'il est peu probable que la sentence soit modifiée.

Il est le premier ancien président sud‑coréen à recevoir une peine de réclusion à perpétuité depuis le dictateur militaire Chun Doo‑hwan, qui fut condamné à mort en 1996 pour son coup d’État de 1979 et pour la sanglante répression de 1980 à Gwangju, qui fit plus de 200 morts ou portées disparus, ainsi que pour corruption. La Cour suprême a ensuite réduit sa peine à la réclusion à perpétuité, et il fut libéré fin 1997 grâce à une grâce présidentielle spéciale. Il est décédé en 2021.

Sources additionnelles • AP

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