Les enquêteurs tentent de savoir si des femmes, y compris des mineurs, ont pu être recrutées dans le pays entre 2009 et 2019.
Le parquet polonais a annoncé, ce mercredi 11 mars, l'ouverture d'une enquête pour trafic d'êtres humains concernant des faits présumés commis dans le pays. Cette décision a été prise par le bureau du procureur national après une analyse des 3 millions de documents divulgués aux États-Unis fin janvier.
Les enquêteurs polonais cherchent actuellement à savoir si des femmes, y compris des mineurs, ont pu être recrutées dans le pays entre 2009 et 2019 "en les induisant en erreur sur la véritable nature de l'emploi", puis emmenées à l'étranger et abusées à des fins sexuelles.
Ils ont déclaré que l'analyse des documents "justifient une suspicion raisonnable de commission du crime".
La traite des êtres humains est l'un des crimes les plus graves prévus par le droit pénal polonais. La participation à ce type de procédure est passible d'une peine pouvant aller jusqu'à 20 ans d'emprisonnement.
Coopération internationale
Le bureau du procureur lance également un appel aux personnes qui auraient été victimes de cette pratique ou qui disposeraient d'informations susceptibles de contribuer à l'affaire, afin qu'elles se manifestent auprès des enquêteurs. Les informations qu'elles fournissent peuvent être d'une grande importance pour reconstituer le cours des événements et identifier les responsables d'éventuels crimes.
Dans les enquêtes sur la traite des êtres humains, les témoignages des victimes constituent souvent l'un des éléments de preuve les plus importants et peuvent être déterminants pour l'inculpation des personnes impliquées dans cette pratique illégale.
En raison de la nature internationale de l'affaire, le bureau du procureur polonais a l'intention de coopérer avec les autorités d'autres pays. L'un des outils utilisés à cette fin sera la décision d'enquête européenne, qui permet l'échange d'informations et de preuves entre les pays de l'Union européenne.
Grâce à cela, les enquêteurs pourront, entre autres, obtenir des documents situés à l'étranger, interroger des témoins résidant dans d'autres pays et obtenir des preuves pertinentes dans le cadre de leurs procédures. L'analyse porte également sur des éléments précédemment recueillis par les autorités américaines.
Des ramifications polonaises
Des noms polonais apparaissent dans des documents liés à Jeffrey Epstein, notamment celui de l'ancien joueur de tennis Wojciech Fibak, qui a échangé de la correspondance avec le pédocriminel. Cependant, le simple fait qu'un nom apparaisse ne signifie pas forcément une implication dans un crime : dans de nombreux cas, il s'agit simplement de contacts commerciaux ou sociaux.
Jusqu'à présent, les analyses n'ont pas révélé d'implication généralisée de l'élite polonaise dans la procédure.