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Arménie : un sondage donne Pachinian largement en tête avec un mandat pro-occidental

FILE: Nikol Pachinian participe à une cérémonie de signature avec Donald Trump et Ilham Aliev à la Maison-Blanche le 8 août 2025
Image d'archives : le Premier ministre arménien Nikol Pachinian participe à une cérémonie de signature avec Donald Trump et Ilham Aliev à la Maison-Blanche, le 8 août 2025 Tous droits réservés  AP Photo
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Par Peter Barabas & Aleksandar Brezar
Publié le
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Sondage : le parti de Nikol Pachinian en route vers une large majorité, Moscou durcit sa riposte au virage pro-occidental de l’Arménie

Le dernier sondage avant les élections décisives du 7 juin en Arménie prévoit que le parti Contrat civil du Premier ministre Nikol Pachinian pourrait recueillir près de 65 % des électeurs ayant arrêté leur choix, laissant entrevoir une victoire écrasante et une large majorité au futur Parlement.

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Réalisé par l’institut Breavis entre le 5 et le 11 mai auprès de 1 551 personnes, le sondage montre que Contrat civil bénéficierait d’une avance confortable sur une opposition fragmentée – dont certaines composantes sont activement soutenues par la Russie –, aucune autre formation ne dépassant les 12 %.

Si le vote de dimanche prochain confirme ces projections, les Arméniens donneraient à Pachinian un mandat décisif pour consolider le réalignement stratégique de ce pays du Caucase du Sud sur une trajectoire pro-occidentale, au risque d’une confrontation avec le Kremlin, tout en consolidant l’accord de paix historique avec l’Azerbaïdjan sur le Karabakh et en renforçant encore la stabilité et la coopération régionales.

Cet accord a été signé l’an dernier à la Maison-Blanche avec le président azerbaïdjanais Ilham Aliev, mettant fin à des décennies de conflit entre les deux pays.

Le sondage de Breavis traduit aussi une redéfinition de la stratégie nationale d’Erevan et un nouveau pivot vers l’Occident, après des décennies passées dans l’orbite post-soviétique de la Russie.

Ces dernières semaines, Moscou n’a cessé d’accentuer sa pression sur Erevan, multipliant les interdictions commerciales majeures, les menaces de suspension de l’Union économique eurasiatique (UEEA) – un bloc de cinq ex-républiques soviétiques dirigé par Moscou, qui fonctionne comme un marché intégré et une zone de libre-échange – et les déclarations du président russe Vladimir Poutine établissant des parallèles entre l’Arménie et l’Ukraine, quelques jours après que son homologue américain, Donald Trump, a apporté à Pachinian son « soutien total et absolu ».

La publication de ce nouveau sondage coïncide également avec le rappel par la Russie de son ambassadeur en Arménie « pour consultations », en réaction à la décision d’Erevan de hâter sa marche vers l’Union européenne.

« L’ambassadeur de la Fédération de Russie en République d’Arménie, S. P. Kopyrkine, a été rappelé à Moscou pour consultations en lien avec les mesures prises par les autorités arméniennes en vue d’un rapprochement avec l’Union européenne, qui nuisent à la coopération au sein de l'UEEA », a indiqué samedi le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

La veille, le Kremlin avait poursuivi sa salve d’avertissements et de mesures économiques, en annonçant l’imposition de « restrictions temporaires » sur les exportations arméniennes de certains fruits et légumes, qui s’ajoutent aux récents embargos visant l’eau minérale, les vins et le brandy arméniens, après avoir menacé de mettre fin à ses livraisons à prix réduit de gaz et de pétrole, essentielles pour le pays.

L’Arménie, pays d’environ 3 millions d’habitants, a importé l’an dernier plus de 80 % de son gaz de Russie.

Vendredi également, les dirigeants de l’UEEA ont publié une déclaration commune avertissant l’Arménie que son projet d’adhésion à l’UE fait peser de « graves risques » sur la sécurité économique de l’ensemble des États membres.

Réunis en sommet à Astana, les dirigeants de la Russie, du Bélarus, du Kazakhstan et du Kirghizistan ont appelé Erevan à organiser au plus vite un référendum national sur le choix de l’Arménie entre l’UE et le bloc dirigé par Moscou.

Vendredi, Poutine a également répété le parallèle qu’il avait déjà établi entre l’Ukraine et l’Arménie, déclarant à la presse réunie lors du sommet de l’UEEA à Astana que « la crise en Ukraine a commencé, à un moment, avec les tentatives de l’Ukraine de rejoindre l’UE ».

Si la déclaration de l’UEEA ne mentionnait que l’orientation proeuropéenne de l’Arménie, elle est intervenue au lendemain du « soutien total et absolu » apporté par Trump à la réélection de Pachinian, qu’il a décrit comme « un grand ami et un grand dirigeant » qui rend l’Arménie « forte, prospère et très sûre ».

En Arménie, Moscou a lancé une campagne de désinformation intense et de grande ampleur pour soutenir les candidats de l’opposition prorusse, recourant notamment à des actions clandestines visant à affaiblir Pachinian.

En citant des responsables des services de renseignement occidentaux, l’agence Reuters a rapporté samedi que Moscou prévoyait d’acheminer depuis la Russie des dizaines de milliers d’électeurs arméniens afin d’influencer le scrutin.

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