Donald Trump donne désormais aux Iraniens jusqu'au 6 avril pour rouvrir le détroit d'Ormuz, passage crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbure. Ce vendredi, trois navires ont été contraints de faire demi-tour par les Gardiens de la Révolution.
L'Iran a désormais jusqu'au 6 avril pour rouvrir le détroit d'Ormuz, passage crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbure. Ce jeudi 26 mars, Donald Trump a de nouveau repoussé son ultimatum, après une demande du gouvernement iranien, a-t-il assuré.
"Les négociations se poursuivent et, malgré les déclarations erronées affirmant le contraire diffusées par les médias propageant de fausses informations, elles se déroulent très bien", a-t-il écrit dans un message publié sur sa plateforme Truth Social.
C'est la deuxième fois que le président américain repousse cet ultimatum, exigeant des Gardiens de la Révolution la réouverture du détroit d'Ormuz, faute de quoi les États-Unis détruiraient toutes les infrastructures énergétiques du pays.
Ce vendredi, Téhéran a pourtant annoncé avoir forcé trois porte-conteneurs à faire demi-tour. "Le passage de tout navire provenant ou à destination de ports appartenant aux alliés et aux soutiens des ennemis américano-sionistes est interdit", a indiqué les autorités sur leur site Sepah News.
Du 1er au 26 mars, le trafic a chuté d'environ 95 % : 158 traversées ont été enregistrées sur cette même période, quand quelque 120 transits s'effectuaient quotidiennement avant le début de la guerre.
Téhéran prêt à négocier ?
S'exprimant lors d'une réunion du cabinet, plus tôt dans la journée, Donald Trump a nié qu'il cherchait désespérément un accord pour mettre fin à la guerre, insistant sur le fait que Téhéran était désireux de s'asseoir à la table des négociations.
L'envoyé spécial de Donald Trump, Steve Witkoff, a déclaré qu'il existait des "signes forts" indiquant que Téhéran était prêt à négocier la fin des combats, confirmant pour la première fois publiquement que Washington avait communiqué à Téhéran un plan de paix en quinze points par l'intermédiaire de responsables pakistanais. "Nous verrons où les choses nous mèneront et si nous pouvons convaincre l'Iran", a déclaré Steve Witkoff.
De son côté, Téhéran dément toute discussion avec Washington. Pourtant, l'agence de presse Tasnim indique que l'Iran a "officiellement" répondu, "à travers des intermédiaires", au plan américain. "La fin de la guerre interviendra lorsque l'Iran décidera qu'elle doit prendre fin, et non lorsque le président Trump envisagera sa conclusion", a déclaré un responsable.
Il est également précisé que Téhéran demande la fin des attaques américaines et israéliennes contre l'Iran ainsi que contre les groupes soutenus par le Téhéran ailleurs dans la région, une référence implicite au Hezbollah libanais, entre autres. Des réparations de guerre devraient être payées et la "souveraineté" de l'Iran sur le détroit d'Ormuz devrait être respectée, selon le rapport.
Pour sa part, Donald Trump continue de souffler le chaud et le froid, oscillant entre des menaces répétées "d'anéantir" l'Iran et des affirmations selon lesquelles la république islamique était déjà sur le point de capituler. "J'ai lu aujourd'hui un article selon lequel je suis prêt à tout pour conclure un accord. Je suis tout le contraire de désespéré. Je m'en fiche", a-t-il lancé à des journalistes.
"Ils veulent conclure un accord. La raison pour laquelle ils veulent conclure un accord est qu'ils ont été battus à plate couture", a-t-il déclaré. Puis, il a déclaré que les États-Unis pourraient prendre le contrôle du pétrole iranien, comparant cela à l'accord que Washington a conclu avec le Venezuela après avoir renversé Nicolás Maduro. "C'est une option", a-t-il déclaré.
À bout de souffle
Le discours ferme de Donald Trump est intervenu alors que le chef de l'opposition israélienne, Yair Lapid, a averti pour la première fois le gouvernement de son pays que le bilan de la guerre était trop lourd. "L'armée israélienne est à la limite de ses capacités et même au-delà. Le gouvernement laisse l'armée blessée sur le champ de bataille", a-t-il déclaré, faisant écho à l'avertissement lancé un jour plus tôt par le chef militaire, le lieutenant-général Eyal Zamir.
"Le gouvernement envoie l'armée dans une guerre sur plusieurs fronts sans stratégie, sans les moyens nécessaires et avec beaucoup trop peu de soldats", a précisé Yair Lapid.
Lors d'un briefing télévisé, le porte-parole de l'armée israélienne, le général de brigade Effie Defrin, a déclaré que "sur le front libanais, la zone défensive avancée que nous sommes en train de créer nécessite des forces supplémentaires". "Pour cela, il faut plus de soldats de combat dans les forces armées", a-t-il assuré.
Dans une lettre adressée vendredi au chef d'état-major de l'armée israélienne, le général de corps d'armée Eyal Zamir, des mères de soldats ont appelé à mettre fin à la poursuite de l'offensive terrestre au Liban. La lettre indiquait que l'armée recevait des ordres de politiciens prêts à "sacrifier" ses enfants, et exhortait Eyal Zamir à se concentrer sur une solution politique. "Quatre soldats ont déjà été tués au Liban, combien d'autres vont encore sacrifier leur vie en vain ?", pouvait-on lire dans la lettre.