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Le CIO exclut les sportives transgenres des épreuves olympiques féminines

ARCHIVES - La présidente du CIO Kirsty Coventry prend la parole lors de la cérémonie d'ouverture des JO d'hiver 2026, à Milan (Italie), le vendredi 6 février 2026
Milan 2026 : la présidente du CIO Kirsty Coventry s'exprime lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques d'hiver Tous droits réservés  AP Photo/Yves Herman
Tous droits réservés AP Photo/Yves Herman
Par Malek Fouda
Publié le Mis à jour
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Le CIO a annoncé jeudi cette interdiction après le vote de ses dirigeants. Dès les JO de Los Angeles 2028, les femmes transgenres et celles atteintes de rares pathologies ne pourront plus concourir dans les catégories féminines.

Le Comité international olympique (CIO) a décidé d'interdire aux femmes transgenres de participer aux épreuves féminines, à partir des prochains Jeux olympiques d'été, prévus à Los Angeles, aux États-Unis, en juillet 2028.

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Cette décision intervient après que les dirigeants du CIO ont approuvé jeudi (source en anglais) une nouvelle politique sur la "protection de la catégorie féminine dans le sport olympique", à la suite d'appels à la réforme après les Jeux olympiques d'été de Paris en 2024 et les récents Jeux d'hiver de Milan-Cortina, il y a quelques semaines à peine.

Ces appels restaient toutefois largement spéculatifs, de nombreux internautes ayant pris d'assaut les réseaux sociaux pour accuser plusieurs athlètes féminines, notamment la boxeuse algérienne Imane Khelif, de détourner le système pour en tirer avantage.

"L'éligibilité à toute épreuve de la catégorie féminine aux Jeux olympiques ou à tout autre événement du CIO, y compris dans les sports individuels et collectifs, est désormais limitée aux femmes biologiques", a indiqué le Comité international olympique, précisant que ce statut sera déterminé par un test génétique obligatoire effectué une fois dans la carrière de l'athlète.

L'Algérienne Imane Khelif, médaillée d'or olympique en boxe dans la catégorie des 66 kg féminins, sourit lors d'un défilé de mode Bottega Veneta, à Milan, en Italie, le samedi 21 septembre 2024
L'Algérienne Imane Khelif, médaillée d'or olympique en boxe dans la catégorie des 66 kg féminins, sourit lors d'un défilé de mode Bottega Veneta, à Milan, en Italie, le samedi 21 septembre 2024 Luca Bruno/Copyright 2024 The AP. All rights reserved

On ne sait pas clairement combien de femmes transgenres, s'il y en a, évoluent au niveau olympique. Aucune femme transgenre née de sexe masculin n'a pris part aux Jeux olympiques d'été de Paris en 2024, même si l'haltérophile Laurel Hubbard avait concouru aux Jeux de Tokyo en 2021 sans décrocher de médaille.

Selon le CIO, la politique d'éligibilité qui s'appliquera à partir des Jeux de Los Angeles en juillet 2028 "protège l'équité, la sécurité et l'intégrité de la catégorie féminine ".

"Elle n'est pas rétroactive et ne s'applique à aucun programme sportif de base ou de loisir", a précisé le CIO, dont la Charte olympique affirme que l'accès à la pratique sportive constitue un droit humain.

ARCHIVES - L'athlète sud-africaine Caster Semenya répond aux journalistes après avoir remporté une victoire partielle dans son combat contre les règles d'éligibilité fondées sur le sexe, le jeudi 10 juillet 2025
ARCHIVES - L'athlète sud-africaine Caster Semenya répond aux journalistes après avoir remporté une victoire partielle dans son combat contre les règles d'éligibilité fondées sur le sexe, le jeudi 10 juillet 2025 Antonin Utz/Copyright 2025 The AP. All rights reserved.

À l'issue d'une réunion de son comité exécutif, le CIO a publié un document de politique de 10 pages qui restreint également la participation d'athlètes féminines, comme la double championne olympique de course Caster Semenya, présentant des conditions médicales connues sous le nom de différences du développement sexuel (DSD).

"Nous savons que ce sujet est sensible", a déclaré la présidente du CIO, Kirsty Coventry, lors d'une conférence de presse en ligne destinée à expliquer cette politique.

Une décision fondée sur la "recherche biologique"

Coventry et le CIO souhaitaient disposer d'une règle claire, plutôt que de continuer à se contenter de conseiller les fédérations sportives qui, jusqu'ici, rédigeaient leurs propres règlements.

"Aux Jeux olympiques, même les écarts les plus infimes peuvent faire la différence entre la victoire et la défaite", a déclaré dans un communiqué Coventry, double championne olympique de natation.

"Il est donc absolument clair qu'il ne serait pas juste que des hommes biologiques concourent dans la catégorie féminine."

La présidente du CIO, Kirsty Coventry, reçoit le drapeau olympique lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques d'hiver 2026, à Vérone, en Italie, le dimanche 22 février 2026
La présidente du CIO, Kirsty Coventry, reçoit le drapeau olympique lors de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques d'hiver 2026, à Vérone, en Italie, le dimanche 22 février 2026 Natacha Pisarenko/Copyright 2026 The AP. All rights reserved

Le document du CIO détaille ses recherches selon lesquelles le fait de naître de sexe masculin confère des avantages physiques qui, selon un groupe de travail d'experts, perdurent.

"Les hommes connaissent trois pics significatifs de testostérone : in utero, lors de la mini-puberté de la petite enfance, puis au début de la puberté adolescente jusqu'à l'âge adulte", indique le document.

Il ajoute que cela confère aux hommes "des avantages individuels de performance liés au sexe dans les sports et les épreuves qui reposent sur la force, la puissance et/ou l'endurance".

Trump salue la décision du CIO

Le président américain Donald Trump, fervent partisan de cette politique, a salué la décision du CIO dans un message publié sur sa plateforme Truth Social.

"Félicitations au Comité international olympique pour sa décision d'interdire les hommes dans le sport féminin », a-t-il écrit. « Cela n'est possible que grâce à mon puissant décret, qui défend les femmes et les filles !"

Capture d'écran du message publié par le président américain Donald Trump sur Truth Social après la décision du CIO d'interdire aux femmes transgenres de participer aux épreuves féminines des Jeux olympiques
Capture d'écran du message publié par le président américain Donald Trump sur Truth Social après la décision du CIO d'interdire aux femmes transgenres de participer aux épreuves féminines des Jeux olympiques @realDonaldTrump/TruthSocial

Trump a signé un décret en février de l'an dernier, au début de son second mandat présidentiel, interdisant aux athlètes transgenres de participer aux catégories féminines des compétitions sportives aux États-Unis.

Le président américain avait auparavant accusé «"la gauche woke" d'ignorer «la biologie de base" pour faire avancer son idéologie, estimant que les femmes devaient être protégées contre des hommes cherchant à tricher.

Il a également affirmé avoir ordonné à la secrétaire à la Sécurité intérieure de l'époque, Kristi Noem, de "rejeter toute demande de visa déposée par des hommes tentant d'entrer frauduleusement aux États-Unis en se présentant comme des athlètes féminines".

Des recours possibles ?

La politique du CIO peut être contestée, et le sera probablement, devant le Tribunal arbitral du sport dans la ville suisse de Lausanne, où siège l'instance olympique, éventuellement à l'initiative d'un seul athlète.

Les sprinteuses Dutee Chand, pour l'Inde, et Caster Semenya, pour l'Afrique du Sud, ont déjà contesté devant ce tribunal des versions antérieures des règles d'éligibilité dans leur discipline.

Tout éventuel recours porterait sur les bases scientifiques des recherches du CIO, qui n'ont pas été rendues publiques jeudi. Une telle procédure pourrait occuper une bonne partie des presque 28 mois qui nous séparent de l'ouverture des Jeux olympiques de Los Angeles.

Sources additionnelles • AP

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