L'avocate iranienne des droits de l'Homme, Nasrin Sotoudeh, récompensée à l’étranger pour son engagement, a été arrêtée à son domicile en Iran ce mercredi, selon sa fille.
La France a appelé ce vendredi à la "libération immédiate" de l'avocate Nasrin Sotoudeh, dont l'arrestation mercredi 1er avril constitue, selon le Quai d'Orsay, une "nouvelle illustration de la politique systématique de persécution et d'intimidation des défenseurs des droits de l'Homme" menée par Téhéran.
D’après sa fille, elle a été arrêtée à son domicile : " Il y a quelques minutes, nous avons appris que maman avait été arrêtée la nuit dernière alors qu'elle était seule à la maison", a écrit Mehraveh Khandan, elle-même militante des droits humains, sur ses réseaux sociaux.
Elle affirme que sa mère "n'a pas pris contact pour l'instant" avec sa famille et précise n'avoir "aucune information" pour le moment. "Nous avons constaté que des appareils électroniques, dont les ordinateurs portables et des téléphones appartenant à maman et papa, avaient été confisqués", ajoute-t-elle.
Lauréate en 2012 du prix Sakharov pour la liberté de l'esprit du Parlement européen, Nasrin Sotoudeh s'est fait connaître en Iran et à l'international en défendant de nombreux dissidents et activistes, notamment des Iraniennes refusant de porter le voile.
Elle a déjà été arrêtée à plusieurs reprises par les autorités de la République islamique, la dernière fois en octobre 2023, alors qu'elle assistait à l'enterrement d'Armita Garawand, une jeune fille de 17 ans morte dans des circonstances controversées. Elle a été libérée deux semaines plus tard, bénéficiant du soutien, entre autres, de l'Union européenne et des États-Unis.
La famille et les soutiens de Nasrin Sotoudeh cherchent à médiatiser son arrestation actuelle. Son mari, Reza Khandan, figure de l'opposition iranienne, est quant à lui en prison depuis décembre 2024.