Les États-Unis ont frappé l'Iran tôt mercredi, tandis que Téhéran a riposté contre plusieurs pays de la région, dans une escalade qui menace de faire dérailler les efforts visant à mettre fin à la guerre.
Le président américain Donald Trump a affirmé mercredi 10 juin que Téhéran "n'arrête pas de se moquer des États-Unis" dans les négociations pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient et qu'il envisageait de reprendre les attaques contre l'Iran.
"Nous allons les attaquer, les attaquer très durement", a déclaré Trump aux journalistes lors d'une conférence de presse à Washington. "Nous étions vraiment proches d’un accord, mais ils continuent de nous mener en bateau, ils continuent de nous prendre pour des idiots" a-t-il ajouté.
Plus tôt dans la journée, Donald Trump affirmait déjà que l’Iran a mis trop de temps à négocier un accord et devra désormais en "payer le prix". Dans un message publié sur son réseau Truth Social, il a également affirmé que l'armée iranienne a été "complètement vaincue", après un échange de tirs entre les États-Unis et l'Iran ayant mis à rude épreuve un cessez-le-feu entré en vigueur en avril. "Le tyran du Moyen-Orient est MORT !!! Ils ont mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux, maintenant ils vont devoir en payer le prix !!!", a-t-il écrit.
Par ailleurs, lors d'un entretien téléphonique avec le journaliste de Fox News Trey Yingst, Donald Trump a déclaré qu'en l'absence de progrès dans les pourparlers de paix, il se rapprochait de la décision de frapper des infrastructures iraniennes, notamment des centrales électriques et des ponts. "Je pourrais continuer", a rapporté Fox News, citant le président américain. "Ils ont eu la possibilité de signer un accord et de survivre."
Cela tranche avec ses déclarations de la veille à des journalistes, selon lesquelles les négociations en vue d'un accord durable mettant fin à la guerre étaient dans leur "phase ultime" et pourraient être conclues "en deux ou trois jours".
Dans un autre message publié mercredi, Donald Trump a salué le blocus américain de la navigation iranienne, qu'il a qualifié de "plus réussi" de l'histoire, le décrivant comme un "mur d'acier". Il a affirmé que ce blocus avait paralysé l'économie iranienne, empêché le versement des salaires des militaires et permis à d'autres pays d'exporter "beaucoup de pétrole". "Louange à Allah !", a-t-il conclu.
Nouvelles frappes dans la région
Les États-Unis ont mené des frappes aériennes contre l'Iran tôt mercredi, tandis que Téhéran a riposté en visant plusieurs pays de la région, dans une escalade qui menace de faire dérailler les efforts de désescalade.
L'Iran a lancé des missiles contre la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, dernière salve d’échanges de frappes avec les États-Unis, après l’abattage d'un hélicoptère américain au-dessus du détroit d'Ormuz.
La Jordanie a indiqué mercredi avoir intercepté des missiles entrants visant, selon elle, la ville historique d'Azraq, située à une centaine de kilomètres de la capitale Amman.
Une importante base aérienne jordanienne, Muwaffaq Salti, se trouve à proximité. Elle accueille les 1er, 2e et 6e escadrons de chasse de l'armée de l'air jordanienne.
"Nous avons intercepté et abattu cinq missiles tirés d’Iran en direction d’Azraq. L’interception a entraîné la chute de débris, mais il n’y a eu ni victimes ni dégâts matériels", ont indiqué les forces armées jordaniennes dans un communiqué.
Les États-Unis et plusieurs alliés de l'OTAN ont déjà utilisé cette base, notamment pour des opérations contre le groupe État islamique autoproclamé durant la guerre en Syrie.
L'agence officielle Petra a repris ce communiqué, précisant qu'aucune personne n'avait été blessée et que des experts en explosifs avaient inspecté les débris.
L'armée koweïtienne a indiqué que sa défense aérienne avait engagé des "cibles aériennes hostiles", sans préciser immédiatement l'origine de l'attaque, même si l'Iran a récemment mené des frappes meurtrières contre le pays.
De son côté, le commandement général des forces de défense de Bahreïn a annoncé avoir intercepté un nombre non précisé de missiles, accusant Téhéran de poursuivre une "approche hostile systématique" à travers des "attaques illégales menées à l’aide de missiles et de drones visant des civils dans le royaume".