Plus tôt dans la journée de jeudi, le président américain avait promis de nouvelles frappes contre l’Iran et affirmait que les forces américaines s’empareraient bientôt des principales infrastructures pétrolières du pays.
Le président américain, Donald Trump, a annoncé jeudi soir qu’il annulait les frappes initialement prévues contre l’Iran et a évoqué la signature possible d’un accord avec Téhéran à l’issue de discussions de haut niveau.
"Étant donné que les discussions avec la République islamique d’Iran ont été portées au plus haut niveau de la direction iranienne et approuvées, j’ai [...] annulé les frappes et bombardements prévus contre l’Iran ce soir", a déclaré Trump sur son réseau Truth Social.
Le président américain a précisé que les "derniers points" avaient été approuvés par toutes les parties concernées, sans donner davantage de détails sur le contenu de l’accord, indiquant simplement que "la date et le lieu de la signature seront annoncés prochainement".
Donald Trump a cependant déclaré que le blocus naval américain des ports iraniens, mis en place à la mi-avril, resterait en vigueur jusqu’à la "finalisation de la transaction".
Changement de ton
Ce message tranche avec celui que Trump avait publié plus tôt jeudi, dans lequel il promettait de nouvelles frappes contre l’Iran et affirmait que les forces américaines s’empareraient bientôt des principales infrastructures pétrolières du pays.
"L’armée américaine va frapper l’Iran TRÈS FORT CE SOIR", avait-il écrit sur Truth Social dans la matinée.
"À un moment donné dans un futur pas trop lointain, nous prendrons le contrôle de l’île de Kharg et d’autres sites pétroliers, et nous assumerons le contrôle total de leurs marchés du pétrole et du gaz, comme nous l’avons fait avec le Venezuela", avait-il ajouté.
L’île de Kharg est au cœur des exportations de pétrole de l’Iran et toute attaque contre ses infrastructures énergétiques pourrait aussi avoir de graves conséquences pour les marchés pétroliers mondiaux, déjà poussés à bout.
Environ 90 % des exportations de brut iranien quittent le pays par cette île, principalement à destination de la Chine et d’autres marchés asiatiques.
Située dans le nord du golfe Persique, l’île de Kharg est relativement petite (environ 8 kilomètres de long pour 4 à 5 kilomètres de large), mais elle abrite d’importantes infrastructures, notamment des réservoirs de stockage, des oléoducs et des terminaux de chargement offshore.
Des oléoducs en provenance de certains des plus grands gisements pétroliers iraniens convergent vers l’île avant que le brut ne soit chargé sur des pétroliers.
Les exportations de pétrole restent l’une des principales sources de revenus de l’État iranien, ce qui fait de l’île de Kharg un atout économique stratégique.
Risque de guerre généralisée
La publication de Trump intervient alors que les États-Unis et l’Iran échangent des frappes pour la troisième journée consécutive, rapprochant le Moyen-Orient d’une reprise du conflit à grande échelle.
L’attaque américaine, qui s’est prolongée jusqu’au jeudi matin en Iran, est apparue plus intense et plus étendue que la veille.
Téhéran a communiqué peu d’informations sur l’étendue des dégâts et a indiqué avoir riposté contre le Koweït, Bahreïn et la Jordanie, comme la veille.
L’armée américaine a poursuivi l’application de son blocus des ports iraniens, indiquant jeudi avoir tiré des missiles pour immobiliser un pétrolier qui tentait de transporter du pétrole iranien. Un responsable indien a affirmé qu’une frappe américaine contre un autre navire marchand plus tôt dans la semaine avait tué trois marins indiens.
Dans un communiqué publié jeudi, le ministère iranien des Affaires étrangères a estimé que les attaques américaines avaient "de facto vidé le cessez-le-feu de son sens", sans toutefois annoncer qu’il y mettait fin.
Tensions autour du détroit d'Ormuz
Au cœur des négociations figure l’emprise de l’Iran sur le détroit d’Ormuz, qui a perturbé les approvisionnements énergétiques mondiaux et fait grimper les prix des carburants, des denrées alimentaires et d'autres produits de base bien au-delà de la région.
L’Iran a annoncé jeudi la fermeture du détroit, mais sans que l’on sache clairement ce que cela implique, le trafic y étant déjà fortement restreint depuis le début de la guerre et seuls quelques navires y ayant transité.
Le Commandement central des forces américaines a contesté ces affirmations et Donald Trump a déclaré mercredi que les États-Unis avaient mené ces dernières semaines une mission secrète pour faire passer des navires en douce par le détroit.
Les deux camps restent également en profond désaccord sur le programme nucléaire iranien, que Téhéran affirme pacifique mais que les États-Unis et Israël redoutent de voir utilisé pour fabriquer l’arme atomique, en raison des stocks d’uranium hautement enrichi du pays.
Washington et Tel-Aviv assurent qu’une des principales raisons de leur entrée en guerre, le 28 février, était de garantir que l’Iran ne puisse jamais y parvenir.