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Une « erreur stratégique colossale » : pourquoi Trump perd la guerre des renouvelables

Le président Donald Trump parle aux journalistes après son arrivée au Capitole pour un déjeuner avec des sénateurs républicains, à Washington, le mercredi 24 juin 2026.
Le président Donald Trump parle à la presse au Capitole après son arrivée pour un déjeuner avec les sénateurs républicains, à Washington, le mercredi 24 juin 2026. Tous droits réservés  Copyright 2026 the Associated Press. All Rights Reserved
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Par Liam Gilliver
Publié le
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Trump peine à imposer le charbon polluant aux Américains: les foyers se tournent vers le solaire sur les toits.

La guerre acharnée que mène Donald Trump contre les énergies renouvelables se heurte à une forte résistance, alors que l’intérêt des Américains pour une énergie propre produite sur le sol national continue de grimper.

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Le président des États-Unis a déclaré l’an dernier une urgence énergétique nationale afin d’augmenter fortement la production intérieure de combustibles fossiles et de poursuivre ses offensives agressives de type « drill, baby, drill ».

En février, Trump a signé un décret ordonnant au département de la Défense d’acheter davantage d’électricité produite à partir de charbon, considéré comme la façon la plus sale et la plus polluante de produire de l’énergie.

Parallèlement, le président utilise ses apparitions publiques pour snober – ou pour formuler de fausses affirmations sur – les énergies renouvelables. Au Forum économique mondial de Davos, en janvier, Trump a affirmé que la Chine fabrique « presque toutes » les turbines du monde – pour ensuite « les vendre à des gens stupides ».

Il a ajouté que la Chine n’utilise pas l’énergie éolienne pour elle-même, alors que le pays abrite le plus grand parc éolien du monde, visible depuis l’espace.

Trump a déjà qualifié les énergies propres d’« arnaque du siècle », faisant pression sur des pays comme le Royaume-Uni pour qu’ils abandonnent leur stratégie en faveur du renouvelable et se remettent à forer du pétrole.

Trump veut arrêter les parcs éoliens en mer : y parviendra-t-il ?

L’an dernier, l’administration Trump a tenté de bloquer une série de projets éoliens en mer, affirmant que ces infrastructures constitueraient un risque pour la sécurité nationale.

Plusieurs juges fédéraux ont retoqué cette interdiction, ouvrant la voie aux promoteurs pour qu’ils poursuivent leurs projets.

Depuis, le département de l’Intérieur a toutefois commencé à racheter des concessions éoliennes en mer, en proposant aux entreprises des compensations pour qu’elles investissent plutôt dans des projets fossiles ou dans d’autres formes d’énergie comme la géothermie.

Huit projets éoliens en mer ont été arrêtés jusqu’à présent. Selon l’agence Associated Press (AP), le montant total dépensé dans ces accords avoisine 2,6 milliards de dollars (environ 2,28 milliards d’euros).

En mars, le géant français du pétrole et du gaz TotalEnergies s’est vu proposer près d’un milliard de dollars (877 millions d’euros) s’il investissait dans les énergies fossiles l’argent initialement destiné à des concessions offshore au large de la Caroline du Nord et de New York.

L’État de New York mène un recours en justice contre cet accord. Cette semaine (jeudi 26 juin), un tribunal de Paris a jugé que TotalEnergies ne peut plus ignorer ses émissions indirectes ni les risques environnementaux liés à la consommation de ses produits.

L’entreprise dispose de six mois pour évaluer formellement et rendre compte des risques environnementaux générés par l’utilisation de ses carburants et de son gaz naturel par les consommateurs.

Cette semaine, AP rapporte que la Californie entend désormais poursuivre l’administration en justice au sujet de l’accord mettant fin à un projet de parc éolien en mer au large de la côte centrale de l’État.

La Californie a pris un engagement majeur en faveur de l’éolien en mer, en raison de son potentiel à produire d’énormes quantités d’électricité propre grâce aux vents puissants et réguliers qui soufflent au large de ses côtes.

Sa stratégie prévoit le développement de 25 gigawatts d’énergie éolienne en mer d’ici 2045, de quoi alimenter environ 25 millions de foyers et fournir près de 13 % de l’approvisionnement électrique de l’État.

David Hochschild, président de la Commission de l’énergie de Californie, a qualifié les tactiques de l’administration d’« erreur stratégique aux proportions colossales », d’autant que la guerre contre l’Iran a fait flamber les prix des combustibles fossiles dans le monde.

Trump ne s’attaque pas qu’aux parcs éoliens. Le « Big Beautiful Bill », promulgué le 4 juillet dernier, a entraîné la suppression du crédit d’impôt de 30 % pour le solaire résidentiel, près de dix ans avant la date prévue.

Les propriétaires qui souhaitent aujourd’hui installer des panneaux solaires paieront en moyenne 9 000 dollars (7 900 euros) de plus qu’avant l’entrée en vigueur du texte, le 31 décembre 2025, selon Energy Sage (source en anglais).

Le solaire dépasse le charbon aux États-Unis

Malgré ces revers cinglants, l’énergie solaire a dépassé, en mai 2026, la production au charbon dans le mix électrique américain pour un mois donné, une première dans l’histoire du pays.

Selon le groupe de réflexion énergétique Ember (source en anglais), le solaire a fourni un niveau record de 12,8 % de l’électricité américaine, tandis que le charbon est tombé à 12,2 %, sa quatrième part mensuelle la plus faible.

« Autres faibles émissions de carbone » inclut la bioénergie et la géothermie ; « autres fossiles » inclut le pétrole, les autres produits pétroliers et les déchets fossiles.
« Autres faibles émissions de carbone » inclut la bioénergie et la géothermie ; « autres fossiles » inclut le pétrole, les autres produits pétroliers et les déchets fossiles. Ember

« Le solaire a produit un volume total record de 45,5 TWh, dépassant de 17 % la production de mai 2025 et battant le précédent record établi en juillet dernier », indique Ember. « Ce record pourrait encore tomber dans les prochains mois d’été. »

Si la production solaire totale atteint généralement son pic en juin ou en juillet, sa part dans le mix électrique est souvent la plus élevée en avril ou en mai, lorsque de fortes productions solaires coïncident avec une demande plus modérée, avant l’augmentation des besoins de refroidissement estivaux.

« Les Américains choisissent de s’approprier leur énergie »

Plusieurs entreprises solaires aux États-Unis ont également indiqué à Euronews Earth que la demande de panneaux en toiture continue d’augmenter malgré les freins financiers.

L’entreprise SolarTech, basée en Californie, affirme que ses ventes en 2025 ont plus que doublé par rapport à 2024, tandis qu’Exact Solar, installée en Pennsylvanie, a vu ses ventes progresser de 20 % en 2024 et de 60 % en 2025.

Si ces résultats peuvent en partie s’expliquer par la ruée vers l’installation de panneaux solaires avant la fin de l’avantage fiscal, le spécialiste des politiques et de la recherche sur le solaire Aaron Nichols explique à Euronews Earth qu’Exact Solar est désormais en voie de doubler son chiffre d’affaires cette année, avec une croissance de 100 %.

« Même si l’administration actuelle supprime les incitations fiscales en faveur du solaire et tente de relancer le charbon, les Américains sont plus nombreux que jamais à choisir de posséder leur énergie (plutôt que de la louer auprès de compagnies d’électricité privées insuffisamment régulées) », estime Nichols.

« Exact Solar a connu, ces deux dernières années, la croissance la plus rapide de ses 20 ans d’existence. Il devient de plus en plus évident que les Américains veulent la propriété et le contrôle que l’énergie solaire rend possibles. »

New York se rapproche d’une transformation solaire

Le mois dernier, les parlementaires de l’État ont adopté la loi Solar Up Now New York (SUNNY), qui vise à légaliser les panneaux solaires « plug-in ». Environ 30 États ont déjà légalisé le solaire plug-in, déjà courant en Europe, notamment en Allemagne.

Les kits de solaire plug-in sont conçus pour les logements où les panneaux en toiture ne sont pas adaptés. Cela concerne notamment les personnes vivant en colocation ou celles qui ne sont pas propriétaires de leur logement.

Le texte doit encore être transmis puis signé par la gouverneure Kathy Hochul, qui a jusqu’à la fin de l’année pour se prononcer.

À l’échelle des États-Unis, près de la moitié des ménages n’ont pas accès au solaire en toiture parce qu’ils sont locataires, vivent en appartement ou disposent de toits inadaptés. Ce phénomène est encore plus marqué à New York, où la majorité des logements se trouvent dans des immeubles comprenant plusieurs unités, ce qui limite l’accessibilité du solaire en toiture.

Le journaliste du New York Times Robinson Meyer estime que le solaire plug-in a le potentiel de « changer la manière dont les Américains comprennent et consomment l’énergie », tout en « mobilisant un groupe de personnes bien plus large pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre, en particulier les locataires ».

Mais avec des émissions du secteur électrique par habitant 2,8 fois supérieures à la moyenne mondiale et la deuxième demande d’électricité la plus élevée au monde, il est clair que les États-Unis sont encore loin de la transition énergétique vers une électricité propre nécessaire pour enrayer le réchauffement climatique.

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