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Les États-Unis frappent Bouchehr, le Parlement iranien dépose un projet de loi sur Ormuz

Le groupe aéronaval Abraham Lincoln en route vers le golfe d’Oman
Le groupe aéronaval Abraham Lincoln est en route vers la mer d’Oman Tous droits réservés  Zachary Pearson/AP
Tous droits réservés Zachary Pearson/AP
Par Euronews Persian
Publié le
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Quatre sites de la ville portuaire iranienne de Bouchehr, qui abrite la seule centrale nucléaire civile de l'Iran, ont été ciblés par de nouveaux bombardements américains, ce mardi.

L'Iran a frappé deux navires dans le détroit d'Ormuz, ce mardi 14 juillet, tuant un membre d'équipage et en blessant huit autres, alors que les États-Unis ont réinstauré le blocus des ports iraniens et que Donald Trump affirmait que Washington "prenait le contrôle" du passage maritime.

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Les frappes américaines ont également touché la ville portuaire de Bouchehr, qui abrite la seule centrale nucléaire civile de l'Iran. Le vice-gouverneur provincial adjoint Ehsan Jahanian a déclaré que "quatre points de la ville de Bouchehr ont été frappés par des projectiles ennemis à la mi-journée", selon l'agence officielle IRNA.

Aucune information n'avait été communiquée dans l'immédiat sur d'éventuels dégâts au sein de l'installation nucléaire elle-même.

D'autres frappes ont visé Abadan, qui abrite la plus ancienne raffinerie de pétrole du Moyen-Orient, ainsi que la ville portuaire de Mahshahr, a indiqué Valiollah Hayati, vice-gouverneur de la province du Khouzistan.

Cinq explosions ont également été entendues à l'ouest de Bandar Abbas, près du détroit d'Ormuz, a rapporté la télévision d'État iranienne.

Plusieurs pétroliers touchés

Les Émirats arabes unis, eux-mêmes pris pour cible à plusieurs reprises par Téhéran depuis le début de la guerre, ont indiqué que les deux navires avaient été atteints par des missiles iraniens.

L'agence britannique UK Maritime Trade Operations (UKMTO) a indiqué séparément qu'un pétrolier se trouvant à 13 milles nautiques au sud-est de Limah, au large des côtes omanaises, avait été frappé par un missile alors qu'il quittait la zone par la route sud. Les autorités enquêtent, a précisé l'UKMTO.

Un autre pétrolier avait été touché lundi à 40 milles nautiques au nord-est de Qalhat, selon l'UKMTO.

Le cours du Brent est repassé au-dessus de 85 dollars le baril, une première depuis l'accalmie des prix consécutive au cessez-le-feu de juin, tandis que les contrats à terme sur le Brent et le West Texas Intermediate progressaient d'environ 2,5 %.

Le commandement central américain (Centcom) a annoncé que le blocus des ports iraniens serait rétabli à partir de 21 h (heure française) mardi, à la suite d'un ordre de Donald Trump. Washington avait desserré le blocus après la conclusion d'un accord intérimaire en juin.

Le président républicain a déclaré sur Truth Social que les États-Unis "prenaient le contrôle" du détroit et a évoqué l'instauration d'une taxe de 20 % sur la valeur de toutes les cargaisons qui y transitent, affirmant que tout coût supporté par les États-Unis pour sécuriser le passage serait "compensé en facturant un taux de 20 % sur la valeur totale de tous les envois".

L'Iran avait annoncé, dimanche, qu'il refermait à nouveau le détroit, revenant sur la réouverture consentie dans le cadre de l'accord intérimaire.

Lundi, des frappes américaines dans la province d'Hormozgan ont tué des membres de la famille d'un garde forestier, dont ses deux fils et sa belle-fille, selon les médias iraniens. Un responsable de la province du Khouzistan a, de son côté, confirmé deux morts et trois blessés dans la même vague d'attaques.

Bahreïn a indiqué que ses systèmes de défense aérienne avaient intercepté et détruit "plusieurs attaques aériennes traîtresses lancées par l'Iran" mardi matin, accusant Téhéran de viser des civils.

Des explosions ont également été entendues dans la capitale bahreïnienne Manama après le déclenchement des sirènes d'alerte pour la troisième fois depuis l'aube. Les Gardiens de la révolution islamique (CGRI) ont confirmé avoir mené des frappes de missiles et de drones contre le pays voisin.

L'Iran met en garde les États du Golfe

Le général de brigade Akraminia, porte-parole du quartier général militaire Khatam al-Anbiya, a déclaré que l'Iran ne permettrait "en aucune circonstance" aux États-Unis de s'ingérer dans la gestion du détroit et a averti les États du Golfe que toute coopération avec Washington serait considérée comme "un acte de guerre".

Le Parlement iranien, suspendu depuis le déclenchement de la guerre en février et qui a repris ses séances lundi, a entamé l'examen d'un projet de loi intitulé "Action stratégique pour la sécurité et le développement durable du détroit d'Ormuz et du golfe Persique".

Le président de la commission parlementaire de la Sécurité nationale, Ebrahim Azizi, confirmé à son poste mardi, a indiqué que le texte avait été officiellement déposé alors que des drones américains étaient abattus au-dessus de la région. Il a ajouté que d'autres mesures étaient en préparation.

Un certain nombre de députés se sont opposés à des négociations avec les États-Unis et ont protesté de n'avoir pas été associés au mémorandum de juin. Le Parlement est présidé par Mohammad Bagher Ghalibaf, qui est également le principal négociateur iranien dans les discussions avec Washington.

Le porte-parole de l'armée iranienne a déclaré que la réouverture du détroit dépendait du "respect des droits de la nation iranienne" et que toute tentative de le rouvrir par la force militaire était "vouée à l'échec".

Pékin tente l'apaisement

La Chine a appelé les deux parties à rétablir un passage sécurisé. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Lin Jian, a déclaré lors d'un point de presse que "l_a reprise rapide d'un transit normal et sûr dans ce détroit est une demande commune de la communauté internationale"_ et que Pékin "ferait des efforts inlassables pour contribuer à la désescalade" de la crise.

La République islamique a indiqué avoir exporté environ 80 millions de barils de pétrole au cours des 26 derniers jours, malgré le retrait des exemptions américaines aux sanctions.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a affirmé sur Telegram que des mécanismes avaient été mis en place ces dernières années pour neutraliser l'impact des sanctions américaines et que les exportations ne rencontreraient pas de difficultés.

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