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Neuvième nuit de frappes américaines sur l'Iran, Téhéran cible La Jordanie et le Koweït

Des véhicules passent devant un monument représentant le poing serré du guide suprême l'ayatollah Ali Khamenei, place de la Révolution islamique à Téhéran, 19 juillet 2026.
Des véhicules passent devant un monument figurant le poing serré du défunt ayatollah iranien Ali Khamenei, place de la Révolution islamique à Téhéran, 19 juil. 2026. Tous droits réservés  AP Photo/Vahid Salemi
Tous droits réservés AP Photo/Vahid Salemi
Par Evelyn Ann-Marie Dom
Publié le Mis à jour
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Pour la neuvième nuit consécutive, les États-Unis ont frappé l'Iran, rapprochant un peu plus les deux pays d'une guerre totale. Téhéran a riposté en ciblant de nouvelles cibles américaines situées dans les pays du Golfe.

L'Iran et les États-Unis se rapprochent, un peu plus chaque jour, d'une guerre totale. Pour la neuvième nuit consécutive, Washington a annoncé, tôt ce lundi 20 juillet, avoir mené des frappes visant des infrastructures militaires et des sites stratégiques sur l'ensemble du territoire iranien, faisant un mort dans le sud-ouest du pays.

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Dans un message publié sur X, le Commandement central américain a indiqué avoir visé "des centres de commandement militaires iraniens, des sites de défense aérienne et de surveillance côtière, des capacités navales, des sites de lancement de missiles et de drones, ainsi que des réseaux de communication afin de réduire davantage la capacité de l’Iran à attaquer des navires commerciaux et des marins civils transitant par le détroit d’Ormuz".

Le ville iranienne de Bouchehr, où se situe l'unique centrale nucléaire civile en fonctionnement du pays a également été frappé par Washington, a indiqué l'agence officielle IRNA.

L'Iran n'a pas fait de déclaration immédiate concernant d'éventuelles victimes ou dégâts causés par les attaques.

Cette dernière offensive états-unienne est intervenue après que Washington a annoncé la mort de trois militaires américains. Deux d'entre eux ont été tués lors d'une attaque iranienne contre une base américaine en Jordanie, et un autre militaire a été tué, samedi en Irak, lors de la "détonation contrôlée de munitions non explosées provenant d'un drone iranien qui s'était écrasé". Au total, dix-sept militaires américains sont morts depuis le début de la guerre, en février dernier.

"On verra ce qui se passera, mais nous les avons de nouveau frappés très durement ce soir", a déclaré le président américain Donald Trump à son retour à Washington après la finale de la Coupe du monde, ajoutant que les frappes étaient menées "en l'honneur" des "trois grands patriotes".

La riposte iranienne

De son côté, le Corps des Gardiens de la révolution islamique a déclaré, lundi, avoir lancé une "attaque surprise" contre un centre de commandement "ennemi" en Syrie, selon les médias d'État. Une attaque menée "en représailles pour le sang des soldats tombés en martyrs d’Iranshahr", une ville du sud-est du pays, a écrit l’agence de presse officielle IRNA, sur Telegram.

Parallèlement, l'armée du Koweït a indiqué qu'elle répondait à une attaque iranienne. "Toute explosion entendue résulte de l'interception des attaques hostiles par les systèmes de défense aérienne", a-t-elle précisé dans un communiqué publié sur X.

Les Gardiens de la révolution ont indiqué avoir "complètement détruit un système de radar d'alerte américain" au Koweït et avoir frappé "un dépôt d'équipements et de pièces d'aviation ainsi qu'un hangar de drones MQ-9 sur la base aérienne Ali Al-Salem".

À Bahreïn, plusieurs explosions ont été entendues dans la matinale à Manama, la capitale du pays, où se trouve une importante base militaire états-unienne.

Les Gardiens de la révolution se sont également targués d'avoir visé des avions de l'armée états-unienne en Jordanie, "causant de sérieux dégâts à plusieurs d'entre eux".

Malgré la poursuite des frappes, les négociations se poursuivent via les médiateurs (Pakistan, Qatar, Oman), a souligné, ce lundi, Téhéran. "L'appareil diplomatique a été actif ces derniers jours et des idées nous ont été transmises par certains médiateurs", a assuré Esmaeil Baghaei, porte-parole de la diplomatie iranienne.

Rubio accuse l'Iran d'utiliser le détroit d'Ormuz comme levier

Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a déclaré dimanche que l'Iran utilise le détroit d'Ormuz comme moyen de pression et a exhorté les autres pays à "en faire davantage" afin de partager le fardeau de la protection du transport maritime mondial.

"Il est clair que l'Iran, ou du moins certaines personnes en Iran, veulent contrôler le détroit et s'en servir comme levier face au reste du monde", a déclaré Marco Rubio avant de s'envoler pour les Philippines, où doit se tenir une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN).

"Les États-Unis feront, et continueront de faire, ce qui est nécessaire pour protéger le trafic maritime mondial, mais les autres pays doivent commencer à se mobiliser et à fournir, qu'il s'agisse de moyens matériels ou financiers, afin de partager ce fardeau", a-t-il ajouté.

Dans la nuit de dimanche à lundi, Téhéran a indiqué avoir arrêté deux pétroliers qui ont tenté de franchir le détroit de manière "non autorisée".

Un navire situé à environ 15 kilomètres des côtes d'Oman a également été touché par "un projectile inconnu", a indiqué l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO. "L'incendie n'a pas été éteint et le navire est actuellement à la dérive", est-il précisé. "Aucun impact environnemental n'a été signalé."

Le trafic dans le détroit est de nouveau largement paralysé en raison de l'intensification des combats, ce qui a fait passer le Brent au-dessus de 90 dollars le baril, lundi. La reprise des hostilités est intervenue malgré un cessez-le-feu intérimaire, après que l'Iran a attaqué des navires transitant par cette voie maritime stratégique.

Deux hommes avancent dans les eaux du détroit d'Ormuz, avec des navires au mouillage en arrière-plan, au large de Bandar Abbas, en Iran, dimanche 12 juillet 2026.
Deux hommes avancent dans les eaux du détroit d'Ormuz, avec des navires au mouillage en arrière-plan, au large de Bandar Abbas, en Iran, dimanche 12 juillet 2026. Razieh Poudat/ISNA via AP

Les combats se sont intensifiés entre les deux camps, réduisant à néant le cessez-le-feu provisoire conclu le mois dernier.

Macro Rubio a affirmé que Washington restait ouvert à la voie diplomatique, mais que l'accord devait être "sérieux" et qu'il fallait que l'Iran soit "prêt à s'y conformer". "Ils ne peuvent pas prétendre qu'un protocole d'accord reste valable s'ils en violent les termes", a déclaré Macro Rubio. "Les États-Unis restent toujours ouverts à une solution diplomatique. Nous avons tenté à plusieurs reprises avec l'Iran et nous continuerons d'essayer."

Tentatives d'isoler l'Iran

Samedi, le guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, a menacé de "leçons inoubliables" si les États-Unis poursuivent leurs attaques contre la République islamique, selon la télévision d'État.

Dans un message lu à l'antenne, Mojtaba Khamenei, qui n'est plus apparu en public depuis le début de la guerre, a qualifié la signature par le président américain Donald Trump de l'accord de cessez-le-feu intérimaire de "dénuée de valeur et nulle".

Ses propos sont intervenus quelques heures après qu'un négociateur a annoncé que Téhéran suspendait ses engagements au titre de cet accord.

La semaine dernière, Donald Trump a menacé de frapper des centrales électriques et des ponts pour tenter de contraindre l'Iran à desserrer son emprise. Washington a également rétabli un blocus naval des ports iraniens afin de stopper ses exportations de pétrole brut.

Des habitants se tiennent sur un pont détruit après une frappe dans la province d'Hormozgan, dans le sud de l'Iran, samedi 18 juillet 2026.
Des habitants se tiennent sur un pont détruit après une frappe dans la province d'Hormozgan, dans le sud de l'Iran, samedi 18 juillet 2026. Amirhosein Khorgooi/Iranian Students' News Agency via AP

Des frappes aériennes américaines ont touché samedi une centrale électrique et une usine de dessalement dans la province iranienne méridionale d'Hormozgan, a rapporté la télévision d'État iranienne.

L'agence de presse officielle IRNA a indiqué que l'usine de dessalement de Bonji avait été détruite, privant d'eau quelque 10 000 personnes, et qu'une usine de dessalement située sur la stratégique île de Qeshm, au cœur du détroit, avait été endommagée.

Elle a également fait état de trois ponts touchés samedi, dont l'un sur un axe menant à Bandar Abbas, principal port iranien situé près du point le plus étroit du détroit.

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