Emmanuel Macron a réuni ce matin une cellule interministérielle de crise en réponse aux incendies qui frappent plusieurs zones de France, en particulier la Gironde.
Après plusieurs jours de progression du mégafeu aux portes de l'agglomération bordelaise, la situation est restée "globalement stable" dans la nuit de dimanche à lundi, "sans évolution majeure à signaler", ont indiqué les autorités à plusieurs médias, dont Euronews.
"Les forces de sécurité et de secours demeurent pleinement mobilisées et poursuivent leurs missions sur le terrain", peut-on lire dans un message de la préfecture.
Les fronts de feu étaient moins actifs lundi que la veille, avec un vent plus faible,
a déclaré à l'AFP le capitaine Wilfried Schneider, officier communication du Sdis 33.
Le responsable régional des opérations de secours, Wilfried Schneider, a indiqué que les fronts de feu étaient moins actifs lundi que la veille, avec un vent plus faible, tout en estimant qu'il était encore trop tôt pour parler d'une stabilisation de l'incendie.
Mais le retour de fortes chaleurs dès mardi, avec des maximales jusqu'à 40 °C dans le Sud-Ouest, fait craindre des conditions encore plus difficiles pour les pompiers.
Météo-France a confirmé à la mi-journée l'arrivée d'une nouvelle vague de chaleur, la quatrième depuis le début de l'été. "La durée de cet épisode sera à préciser dans les prochains jours", précise l'agence.
"Toutes les conditions sont réunies" pour que le feu reparte, a déclaré à l'AFP le maire de Lège-Cap-Ferret, Philippe de Gonneville.
115 000 hectares brûlés en 2026
Invité du journal de 20 heures de France 2 dimanche soir, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a indiqué que 115 000 hectares avaient déjà été parcourus par les flammes en France depuis le début de l'année. Évoquant les feux de Gironde – toujours non maîtrisés –, qu'il a qualifiés d'"extrêmement dangereux", il a estimé que la situation restait "très défavorable".
"Tous les jours, on a 30 à 40 départs de feux", a-t-il ajouté.
Face à cette situation, Emmanuel Macron a présidé ce lundi à 10 heures une cellule interministérielle de crise consacrée aux incendies qui frappent plusieurs départements du sud de la France. Les deux précédentes réunions avaient été présidées par le Premier ministre, Sébastien Lecornu.
"Comme lors des incendies qui ont touché la France en 2022, le président de la République présidera cette cellule dans ce moment de fortes tensions pour les forces de secours déployées sur tout le territoire et particulièrement en Gironde", avait indiqué l'Elysée dans un communiqué.
La réunion s'est tenue au ministère de l'Intérieur avant d'autres rencontres consacrées aux conséquences économiques des incendies.
Les assureurs prendront en charge les frais de relogement des personnes évacuées, a d'ores et déjà annoncé lundi le ministre de l'Économie, Roland Lescure.
Le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave, a dit avoir demandé au gouvernement "la mise en place rapide d'une cellule de crise économique", afin d_'"évaluer les conséquences sur les entreprises de notre territoire, en particulier dans les secteurs du tourisme, de l'hôtellerie et de la restauration"._
84 sapeurs-pompiers blessés, 220 000 personnes évacuées
Selon le dernier bilan communiqué samedi soir par la préfète de la Nouvelle-Aquitaine et de la Gironde, Sophie Brocas, la superficie brûlée reste estimée à 42 000 hectares.
Aucune victime n'est à déplorer parmi la population. En revanche, 84 sapeurs-pompiers ont été blessés depuis le début de l'incendie.
Depuis le déclenchement de ce feu mardi dernier, qualifié par les autorités d'"une gravité inédite", près de 220 000 personnes ont été évacuées à titre préventif dans 23 communes.
Douze centres d'accueil restent ouverts dans neuf communes. Entre 5 000 et 6 000 personnes ont notamment été accueillies au Parc des expositions de Bordeaux, métamorphosé en vaste camp d'accueil pour les évacués. Dans le département voisin du Lot-et-Garonne, 1 500 lits ont également été installés au Parc des expositions d'Agen.
La ville de Toulouse accueillera dès lundi des résidents d'Ehpad évacués de la périphérie de Bordeaux, a annoncé son maire, Jean-Luc Moudenc.
La préfète a prévenu que les habitants évacués ne pourraient pas regagner leur domicile dans les prochains jours, tant que le feu ne serait pas fixé.
Elle a également annoncé qu'il n'y aurait pas de reprise du travail lundi dans les entreprises situées dans les communes concernées.
Ailleurs dans le pays
Plusieurs autres territoires continuent de lutter contre les flammes. Dans le Var, trois foyers restent actifs et une "nouvelle journée à risque" s'annonce pour les pompiers avec la hausse des températures et le mistral, a indiqué la préfecture.
Dans les Landes, quelque 8 000 habitants de Biscarrosse ont pu regagner leur domicile "dans les zones désormais à l'abri du feu et sécurisées".
Par ailleurs, quatre départements – la Gironde, les Landes, la Dordogne et le Lot-et-Garonne – dépassent déjà les seuils d'alerte aux particules fines, a indiqué l'Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine. Mais d'autres zones, situés à plusieurs centaines de kilomètres, sont également concernés.
Les panaches de fumée, poussés par les vents d'ouest, provoquent un épisode de pollution aux particules fines jusqu'à la métropole de Lyon, où des odeurs de fumée ont été signalées.