Le président américain affirme que de nouvelles négociations avec l'Iran doivent s'ouvrir lundi afin d'éviter une nouvelle escalade du conflit. Téhéran dément toute reprise de pourparlers avec Washington.
Donald Trump a annoncé que de nouvelles négociations avec l'Iran débuteraient lundi, après avoir décidé de suspendre des frappes contre la République islamique afin de poursuivre un accord visant à mettre fin à une guerre qui en est à son sixième mois.
Le président américain a indiqué que les discussions porteraient sur le détroit d'Ormuz, voie clé pour l'approvisionnement énergétique mondial devenue un point de blocage dans le conflit, ainsi que sur la dénucléarisation de l'Iran.
De son côté, l'Iran a affirmé être proche d'un accord avec Oman sur un nouveau couloir de navigation dans le détroit, où un pétrolier a signalé dimanche une explosion à proximité, illustrant la volatilité persistante de cette voie maritime stratégique.
Les cours du pétrole ont reculé lundi à l'ouverture des marchés asiatiques après l'annonce de ces nouvelles négociations par Trump, le West Texas Intermediate cédant 4,7 % à 80,72 dollars (69,99 €) le baril.
Washington et Téhéran sont en guerre depuis le 28 février, lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes surprises contre l'Iran, même si des mois de diplomatie intermittente ont permis quelques phases de relative accalmie.
Après la reprise des frappes le mois dernier, les craintes d'une nouvelle escalade des combats s'étaient ravivées. Trump avait menacé de frapper l'Iran "très durement" et aurait envisagé de nouveaux bombardements, y compris contre des infrastructures énergétiques, tandis que les ambassades américaines de la région étaient en état d'alerte.
Donald Trump est revenu sur cette menace samedi, affirmant que les "contours" d'un accord étaient là.
"Ce que nous faisons désormais, c'est que nous leur parlons sous la forme d'une négociation. Elle commence demain après-midi", a déclaré le président américain aux journalistes à bord d'Air Force One dimanche, sans donner de détails sur le lieu ni sur les participants aux pourparlers.
Donald Trump a affirmé que l'Iran, mais aussi les partenaires des États-Unis que sont l'Arabie saoudite, les Émirats arabes unis et le Qatar, lui avaient demandé de renoncer aux frappes, qui, selon lui, auraient été "la plus grande attaque depuis la Seconde Guerre mondiale".
Les médias iraniens ont démenti que Téhéran ait demandé au président de ne pas frapper.
Un précédent accord de cessez-le-feu, qui prévoyait la réouverture du détroit d'Ormuz, a capoté et l'Iran a depuis renforcé son contrôle sur cette voie maritime.
Au début du conflit, le président américain avait déclaré que la guerre était nécessaire pour traiter le dossier du programme nucléaire iranien. Les pays occidentaux accusent l'Iran de chercher à se doter de la bombe, tandis que Téhéran assure que ce programme est entièrement civil.
"Échange de vues"
Le député iranien Hassan Ghashghavi, porte-parole de la commission de la sécurité nationale du Parlement, a indiqué dimanche que des médiateurs tentaient de relancer le mémorandum d'entente américano-iranien conclu en juin.
Cet accord n'était pas conçu comme un traité de paix définitif, mais comme une étape vers des négociations en vue d'un accord global, même s'il comportait des dispositions concernant Ormuz.
"Ils savent que l'enjeu principal et, en réalité, la clé du dossier actuellement, c'est le détroit d'Ormuz. Donc oui, il y a un échange de vues", a déclaré Hassan Ghashghavi.
Sur X, le président iranien Masoud Pezeshkian a écrit : "Nous devons nous efforcer de contraindre l'ennemi à rester fidèle à ce qu'il a signé."
Vers un accord avec Oman ?
Avant la guerre, tous les navires pouvaient circuler librement dans le détroit d'Ormuz, mais l'Iran a fermé le détroit pendant le conflit et exige désormais d'en conserver le contrôle et d'y percevoir des péages, ce que les États-Unis refusent.
C'est ce différend qui a déclenché la reprise des frappes le mois dernier, Téhéran refusant de laisser les navires emprunter une autre route que celle longeant les côtes iraniennes.
Dimanche, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a indiqué à la télévision d'État qu'un accord était proche avec Oman, situé de l'autre côté du détroit, sur une nouvelle route de passage.
"Nous allons désormais parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties, ni la route nord ni la route sud, mais une route qui respecte les droits souverains des deux côtés et préserve nos intérêts nationaux et notre sécurité", a-t-il déclaré.
Il a toutefois insisté sur le fait qu'un tel accord ne signifiait pas la réouverture du détroit.
La société de suivi du commerce maritime Kpler a indiqué vendredi que le trafic passant par Ormuz avait fortement diminué.
Dimanche, un pétrolier au large des côtes omanaises a signalé avoir entendu une explosion à proximité du navire, a rapporté le centre United Kingdom Maritime Trade Operations (UKMTO), en précisant que le navire et son équipage étaient tous sains et saufs.