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L'armée américaine dit faire face à une pénurie de munitions liée à la guerre avec l'Iran

Lancement d'une fusée
Lancement d'une fusée Tous droits réservés  AP Photo/Andreea Alexandru
Tous droits réservés AP Photo/Andreea Alexandru
Par Harry Bligh
Publié le
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Le président Trump a continué de balayer ces inquiétudes, affirmant il y a quelques semaines à peine que les États-Unis disposaient de stocks "pratiquement illimités".

Un aveu de faiblesse. Pour la première fois, Washington donne un aperçu public des dégâts causés aux avions, aux bases militaires et aux installations diplomatiques américaines au Moyen-Orient. Un rapport de l'inspecteur général du département américain de la Défense, publié ce lundi 14 septembre, confirme que la guerre menée contre l'Iran a provoqué des pénuries de munitions et d'armes sophistiquées au sein de l'armée américaine.

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Entre le début de la guerre, le 28 février, et le 30 juin, l'opération "Epic Fury" a coûté environ 33,4 milliards de dollars (29 milliards d'euros). Sur cette somme, 22,3 milliards ont été consacrés aux seules munitions.

Le rapport, révélé en premier par NBC News et remis au Congrès, indique que l'ampleur des armes utilisées pendant le conflit "a entraîné des déficits stratégiques dans les stocks et mis en évidence des goulets d’étranglement dans la base industrielle de défense pour le réapprovisionnement en munitions", notamment en ce qui concerne les armes avancées. Des experts estiment qu'il faudrait environ trois ans pour rétablir les stocks de missiles de pointe et d'intercepteurs défensifs à leur niveau d'avant-guerre.

Le document détaille aussi les pertes en matériel militaire, notamment quatre chasseurs F-15 détruits, un F-35 endommagé et sept avions ravitailleurs KC-135 endommagés ou détruits, dont cinq après avoir été frappés par des munitions iraniennes alors qu'ils se trouvaient au sol en Arabie saoudite. Jusqu'à 30 drones MQ-9 Reaper, dont chacun coûte environ 30 millions de dollars (26 millions d'euros), ont également été détruits.

Le Pentagone a à plusieurs reprises contesté les informations faisant état d’une quelconque pénurie de munitions, affirmant que l’armée américaine disposait de toutes les armes nécessaires pour mener n’importe quel conflit. Le président Donald Trump a déclaré, lundi, dans une publication sur les réseaux sociaux, que les États-Unis "produisent plus d’armes sophistiquées et d’élite qu’à aucun autre moment de leur histoire". "Elles sont livrées quotidiennement à nos forces au Moyen-Orient et au-delà", a-t-il écrit.

Le président Donald Trump publie un message sur sa propre plateforme en ligne, Truth Social
Le président Donald Trump publie un message sur sa propre plateforme en ligne, Truth Social via Truth Social

De nombreuses infrastructures détruites

Le rapport de l'inspecteur général documente aussi d'importants dégâts infligés aux bases américaines par des frappes iraniennes. Des centaines de bâtiments et d'autres structures ont été endommagés ou détruits dans des bases situées au Koweït, à Bahreïn, au Qatar, aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, en Irak, à Oman et en Jordanie.

Selon le rapport, les coûts de destructions de ces infrastructures s'élèveraient à 184 millions de dollars, un montant qui n'est pas inclu dans les 33,4 milliards de dollars.

Les autorités américaines n'ont pas encore déterminé si tous les sites endommagés seront reconstruits, ni qui paiera la facture.

Le rapport indique que la base navale américaine de Bahreïn, un centre logistique de la marine américaine dans la région, a été visée par des drones et des missiles balistiques iraniens. Le Commandement central américain (CENTCOM) a dû réorienter ses lignes d’approvisionnement vers d’autres plateformes logistiques, beaucoup plus éloignées, notamment Diego Garcia, une base américano-britannique située sur une île de l’océan Indien.

Des membres du personnel de l'ambassade des États-Unis inspectent les dégâts causés par un attentat à la bombe à Bagdad en mars
Des membres du personnel de l'ambassade des États-Unis inspectent les dégâts causés par un attentat à la bombe à Bagdad en mars AP Photo/Hadi Mizban

Le département d’État avait également indiqué début juin que les autres dépenses liées au conflit s’élevaient à 113 millions de dollars, dont près de 80 millions avaient été consacrés à la mise en œuvre de plans d’urgence. Ces dépenses comprennent notamment l’évacuation de personnels américains, de leurs familles, ainsi que d’autres citoyens américains et de ressortissants de pays tiers éligibles.

Le département d’État a indiqué que, dans les semaines et les mois qui ont suivi les premières frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, l’administration Trump avait évacué environ 9 000 citoyens américains de pays du Moyen-Orient et d’Europe. Des opérations estimées à 11 millions de dollars.

"Le département d’État a déterminé que les agents consulaires ne seraient pas en mesure de documenter intégralement les itinéraires de voyage nécessaires pour demander le remboursement aux personnes évacuées et qu’il serait donc impraticable de leur demander un remboursement", indique le rapport.

44 milliards de dollars de ventes

Le département d’État a également indiqué que plus de 44 milliards de dollars de ventes militaires, à la fois dans le cadre de contrats d’urgence et de contrats classiques, avaient été conclus durant cette même période. La majorité de ces ventes ont bénéficié à l’Arabie saoudite. Elles concernaient notamment des hélicoptères militaires, des munitions et des services de soutien aux munitions, ainsi que des systèmes d’armes de précision avancés.

D’autres pays de la région, notamment le Qatar, le Koweït, les Émirats arabes unis et Israël, ont également bénéficié de ventes se chiffrant en milliards de dollars, alors que l’Iran ripostait contre presque tous les pays de la région qui accueillaient une base militaire américaine.

Sources additionnelles • AFP, AP

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