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Violences en France : critiqués de toutes parts, Macron réunit le renseignement, Lecornu reçoit les partis

Le couple exécutif le 8 avril 2026.
Le couple exécutif le 8 avril 2026. -  Tous droits réservés  Tom Nicholson/Pool Photo via AP
Tous droits réservés Tom Nicholson/Pool Photo via AP
Par Alexander Kazakevich
Publié le •Mis à jour
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À deux jours d'une nouvelle mobilisation, Emmanuel Macron réunit à l'Élysée les services de renseignement, pointés du doigt après le raté sécuritaire du 17 octobre. Dans l'après-midi, les partis politiques et les maires des grandes villes seront reçus à Matignon.

Les réunions de crise se multiplient au sommet de l'État ce jeudi, à deux jours d'un redouté "acte II" de la mobilisation sociale, après les violences et pillages commis en marge des manifestations contre la vie chère le week-end dernier en France.

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Alors que plusieurs centres-villes ont été placés sous couvre-feu pour la troisième nuit de suite et que de nouveaux rassemblements sont déjà interdits aujourd'hui, Emmanuel Macron préside ce matin un conseil de sécurité réunissant le Premier ministre, les ministres concernés et "l'ensemble des services de renseignement".

Prévue à 10 heures, cette réunion doit permettre de faire le point sur les "dispositifs de renseignement, d'anticipation et de sécurisation" pour les prochaines semaines, mais aussi de revenir sur les ''dysfonctionnements qui ont conduit aux événements du week-end passé", selon l'Élysée.

Emmanuel Macron s'exprimera à l'issue du conseil.

Les autorités françaises ont reconnu une défaillance des services de renseignement, qui ont largement sous-estimé l'ampleur de la mobilisation du 17 octobre. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, s'attendait à voir environ 200 000 personnes dans les rues, contre 550 000 à 800 000 participants recensés. Près de 60 000 membres des forces de l'ordre avaient été mobilisés samedi dans tout le pays, sans parvenir à empêcher les actes de vandalisme commis en marge des cortèges, dont les images ont fait le tour du monde.

Une voiture brûle place de la République, le 17 octobre 2026.
Une voiture brûle place de la République, le 17 octobre 2026. AP Photo/Thibault Camus

Le dispositif de sécurité prévu pour la nouvelle mobilisation de samedi 24 octobre sera renforcé par la présence de militaires de la force Sentinelle et d'unités d'élite de la police et de la gendarmerie, comme le Raid, le GIGN ou la BRI.

Le ministre délégué auprès du ministère de l'Intérieur, Jean-Didier Berger, a annoncé sur BFMTV une hausse de "20 %" des effectifs des forces de l'ordre par rapport au 17 octobre.

Matignon reçoit les partis, plusieurs poids lourds absents

Dans l'après-midi, les consultations se poursuivront à Matignon. Le Premier ministre Sébastien Lecornu recevra les représentants des forces politiques présentes au Parlement, notamment pour évoquer notamment une possible "évolution" de la doctrine de maintien de l'ordre.

"Avec le ministre de l’Intérieur, je veux leur parler de la police. On nous explique que la police tue ou la police blesse. Puis depuis deux jours, on nous dit : "Que fait la police ?". C'est une schizophrénie bien française de débat politico-médiatique", a-t-il écrit dans une lettre adressée aux formations politiques, citée par plusieurs médias.

La sécurité des meetings de la campagne présidentielle serait également au menu lors de cette réunion.

Un signal de défiance envers l'exécutif : plusieurs candidats à l'élection présidentielle de 2027 feront l'impasse sur la réunion : Marine Le Pen et Jordan Bardella, du Rassemblement national, ainsi que l'ancien Premier ministre Édouard Philippe seront absents.

À l'inverse, la patronne des Écologistes, Marine Tondelier, le vainqueur de la primaire socialiste Raphaël Glucksmann et le président des Républicains, Bruno Retailleau, ont confirmé leur présence.

LFI promet de "pourrir" la réunion

La France insoumise et le gouvernement échangent des piques depuis les violences du 17 octobre, chacun rejetant sur l'autre la responsabilité du chaos. Le gouvernement accuse le mouvement de gauche radicale de "souffler sur les braises" de la colère exprimée dans la rue, tandis que LFI dénonce la stratégie de "pourrissement" des autorités, qu'elle accuse de ne pas répondre politiquement à des revendications qu'elle juge légitimes, notamment celles des lycéens.

Jean-Luc Mélenchon se fera représenter à Matignon par le coordinateur de LFI, Manuel Bompard. Mais le leader du mouvement a donné le ton mardi devant des sympathisants, en réaction à la lettre du Premier ministre : "On va y aller, on va te pourrir la réunion !".

Le fondateur de LFI réagissait notamment au passage dans lequel Sébastien Lecornu affirme qu'"aucun désaccord, aucune colère, aucune ambition politique ne peut justifier le recours à la violence".

"Tu vas nous faire signer un certificat ? C'est ça que tu veux ? Tu crois vraiment qu'on va le faire ? Bien sûr que non !", a rétorqué Jean-Luc Mélenchon.

Quelques heures avant la réunion, Manuel Bompard a écrit qu'il ira à Matignon pour "demander des excuses", "des explications" et "des réponses politiques à la mobilisation du peuple français".

Les maires de Paris, Lyon et Marseille demandent des comptes à l'État

Les consultations ne se limiteront pas aux partis. Les maires de Paris, de Lyon et de Marseille, trois grandes villes particulièrement touchées par les violences du week-end dernier, seront également reçus.

Le maire écologiste de Lyon, Grégory Doucet, s'y rend "avec la volonté d'obtenir des explications sur la chaîne d'événements qui a amené l'État à ne pas bien anticiper les événements de samedi", a fait savoir son équipe à Euronews.

En début de semaine, les trois édiles, Grégory Doucet, Emmanuel Grégoire et Benoît Payan, avaient déjà dénoncé, dans une tribune cosignée dans Libération, le "sentiment que des pans entiers" de leurs villes, pourtant "habituées" à l'expression populaire, avaient été "laissés sans protection".

Une barricade improvisée près de l'hôtel de ville de Lyon, le 17 octobre 2026.
Une barricade improvisée près de l'hôtel de ville de Lyon, le 17 octobre 2026. AP Photo/Laurent Cipriani

Les trois maires de gauche ont réclamé la création d'une "commission indépendante sur la stratégie de maintien de l'ordre déployée ce jour-là", ainsi que la mise en place d'un "fonds exceptionnel de solidarité nationale" pour financer la réparation des dégâts.

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