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L’or et l’argent chutent puis se reprennent après les propos de Trump sur l’Iran

ARCHIVES - Un employé de Pro Aurum soulève des lingots d’argent de 1 kg à côté de lingots d’or de 1 kg, dans la salle des coffres à Munich, le 25 avril 2025.
ARCHIVES - Un employé de Pro Aurum soulève des lingots d'argent de 1 kg, pureté 999,9, à côté de lingots d'or de 1 kg, à Munich, Allemagne, 25 avril 2025. Tous droits réservés  AP Photo
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Par Una Hajdari
Publié le
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Conflit au Moyen-Orient: au lieu de doper les métaux précieux, les craintes sur le pétrole et les taux font plonger l'argent de 40 %, l'or recule aussi

L'image de l'or, refuge privilégié en temps de crise depuis un an, est mise à rude épreuve alors que la guerre fait rage au Moyen-Orient, menace de s'étendre et que les marchés financiers vacillent.

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L'or au comptant a plongé lundi, en début de séance, à un plus bas de 2026 proche de 4 100 dollars, avant de se reprendre vivement au-dessus de 4 400 dollars après l'annonce par le président américain Donald Trump du report de cinq jours de frappes militaires contre des centrales iraniennes, à la suite de « très bonnes et productives conversations » avec Téhéran. Un mouvement d'environ 300 dollars en l'espace de quelques heures.

Le métal a tout de même perdu plus de 20 % depuis son record de 5 594,82 dollars l'once, atteint le 29 janvier.

L'argent a, lui, perdu près de la moitié de sa valeur depuis son plus-haut historique de 121,67 dollars en janvier, l'un des krachs les plus violents de l'histoire moderne du métal précieux.

L'argent au comptant cédait encore 8,9 % à 61,76 dollars, un plus bas depuis le début de l'année et quasiment la moitié de son niveau de 117 dollars le 28 février, au début de la guerre en Iran.

Cette vague de ventes, à première vue paradoxale, déstabilise les investisseurs qui s'étaient rués sur les métaux précieux en pensant qu'ils résisteraient.

Le dollar a reculé face à l'euro après les déclarations de Trump et s'échangeait autour de 1,1572 dollar pour un euro lundi après-midi, tandis que la livre sterling progressait à 1,3341 dollar. Le yen se traitait aux alentours de 159,47 yens pour un dollar.

Les chocs pétroliers continuent de se faire sentir

Le principal responsable est le choc pétrolier. Alors que le baril de brut s'envole au-delà de 100 dollars, les rendements obligataires remontent et le dollar américain se renforce, rendant les métaux précieux bien moins attractifs pour des investisseurs qui se préparent à une hausse des taux d'intérêt.

Le billet vert s'est imposé comme l'un des grands gagnants de la quête de valeurs refuges, avec un gain de plus de 2 % depuis le début du mois.

Pour un actif sans rendement comme l'or, la sanction est double.

La perspective de taux plus élevés du fait de la guerre dope également l'appétit des investisseurs pour les obligations d'État, au détriment des métaux précieux.

Mais les observateurs chevronnés appellent à la prudence avant de considérer que l'histoire de l'or est terminée.

Russ Mould, directeur des investissements chez AJ Bell, rappelle que l'or n'en est qu'à son troisième grand marché haussier depuis 1971 et que les deux précédents ont eux aussi été jalonnés de violentes secousses.

« Ni le maintien de taux élevés pendant longtemps ni un dollar plus fort ne jouent en faveur de l'investissement dans les métaux précieux, mais les hausses de 1971-1980 et 2001-2010 ont toutes deux connu plusieurs phases de repli qui n'ont pas empêché au final des gains substantiels », souligne Mould.

« Il est donc peut-être encore un peu tôt pour tourner le dos à l'or », poursuit-il.

Lors du premier marché haussier, déclenché par la décision de Richard Nixon de découpler le dollar de l'or en 1971, le métal jaune est passé de 35 dollars à un pic de 835 dollars l'once en janvier 1980, non sans traverser au passage trois mini marchés baissiers et cinq corrections d'au moins 10 %.

La deuxième phase de hausse, entamée en 2001 dans le sillage de l'éclatement de la bulle Internet et accélérée pendant la crise financière de 2008, a été tout aussi volatile, avec deux marchés baissiers et cinq autres corrections à deux chiffres avant que l'or n'atteigne un sommet proche de 1 900 dollars en 2011.

Cette troisième ascension n'a pas été plus linéaire.

« Un décrochage de plus de 20 % a pris certains investisseurs à contrepied en 2022, à la sortie des confinements, et des corrections supérieures à 10 % en 2016, 2018, 2020, 2021 et 2023 ont rappelé que la volatilité n'était jamais bien loin », note Mould.

La question du rendement

Le paradoxe au cœur de la chute actuelle est que la crise qui aurait autrefois poussé les investisseurs à se ruer sur l'or joue désormais contre lui.

La hausse des prix du pétrole alimente les craintes d'inflation, ces craintes nourrissent l'anticipation d'une remontée des taux d'intérêt, et des taux plus élevés rendent l'or, qui ne verse aucun dividende et coûte de l'argent à détenir, moins attrayant.

« Le statut de valeur refuge de l'or est peut-être aujourd'hui terni aux yeux de certains », estime Mould, « puisque le métal précieux baisse alors même que la guerre secoue le Moyen-Orient et les marchés financiers ».

Mais tout le monde n'est pas convaincu que le moment de l'or soit passé.

L'inflation et la stagflation des années 1970, en partie déclenchées par les chocs pétroliers de 1973 et 1979, ont finalement fait de l'or l'actif vedette des portefeuilles de la décennie.

Un conflit prolongé qui mettrait les finances publiques sous pression, en faisant grimper les dépenses sociales et baisser les recettes fiscales, sur fond d'explosion des budgets de défense, pourrait raviver cette dynamique.

Si les banques centrales réagissent à une récession par de nouvelles baisses de taux et des programmes d'assouplissement quantitatif, l'argument en faveur de l'or comme réserve de valeur reviendrait en force.

« La guerre en Iran et son impact sur les prix du pétrole et du gaz attisent les craintes d'inflation et de hausses de taux forcées pour les banques centrales », conclut-il.

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