EasyJet creuse ses pertes semestrielles: la guerre en Iran renchérit le carburant et pèse sur la demande; le groupe anticipe une pression persistante des prix et des réservations d’été en berne malgré la croissance de son activité vacances.
La compagnie aérienne britannique à bas coûts EasyJet a indiqué jeudi que ses pertes s’étaient creusées sur les six mois achevés fin mars, la guerre impliquant l’Iran ayant renchéri le kérosène et réduit la visibilité sur les réservations.
Le conflit continue de perturber le transport aérien mondial, les prix européens du kérosène ayant grimpé de plus de 80 % depuis la fin février sur fond de perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, point de passage stratégique par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial.
Les compagnies aériennes européennes ont réagi en augmentant leurs tarifs, en réduisant leurs coûts et en mettant en garde contre la pression sur leurs marges.
EasyJet a fait état d’une perte nette de 377 millions de livres (506 millions de dollars) pour le premier semestre de son exercice, soit une hausse de 27 % sur un an. La compagnie a indiqué que les tensions entre les États‑Unis et l’Iran avaient également pesé sur la demande de voyages.
La compagnie a ajouté que la guerre impliquant l’Iran avait aussi perturbé la demande et retardé les réservations pour la haute saison estivale.
Son chiffre d’affaires a bondi de 12 % pour atteindre 3,95 milliards de livres (4,63 milliards d’euros), le nombre de passagers ayant progressé de 6 % sur la période. Le coefficient de remplissage de la compagnie, qui mesure le taux d’occupation de ses avions, s’est amélioré à 90 %, en hausse de 2 points sur un an.
Le groupe a expliqué que la forte croissance de sa division séjours avait soutenu ses performances, le nombre de clients d’easyJet Holidays ayant augmenté de 22 % au premier semestre.
EasyJet a indiqué avoir été touchée par le conflit au Moyen‑Orient via « des coûts de carburant plus élevés et une moindre visibilité sur les réservations à venir ».
La compagnie a confirmé une estimation précédente selon laquelle la guerre avait alourdi sa facture de carburant de 25 millions de livres (29 millions d’euros).
Si le groupe n’a pas constaté de perturbation de ses approvisionnements en carburant, la compagnie a néanmoins prévenu que la seconde moitié de son exercice « sera affectée par le conflit au Moyen‑Orient, avec des coûts de carburant plus élevés et une incertitude à court terme quant à la demande des clients ».
« Globalement, les réservations pour la période estivale sont en retard par rapport au niveau observé à la même époque l’an dernier », a‑t‑elle ajouté.
EasyJet a précisé être couverte à 72 % contre une hausse des prix du carburant au cours des six prochains mois, ce qui lui offre une certaine protection face à de nouvelles augmentations des cours du pétrole.
La compagnie a également fait état d’une hausse de 32 millions de livres (37 millions d’euros) de ses provisions juridiques, liée à plusieurs dossiers anciens.
Le directeur général, Kenton Jarvis, a déclaré que, « malgré le conflit au Moyen‑Orient qui crée une incertitude à court terme, EasyJet est bien placée pour gérer la situation actuelle ».
Il a ajouté, lors d’une conférence téléphonique avec des journalistes, que les prix minimum des billets augmenteraient pour la saison hivernale, traditionnellement plus creuse.
À la suite de cette mise à jour, l’action EasyJet a d’abord gagné près de 2 %, avant de retomber en légère baisse en début d’après‑midi.
« La situation reste difficile », a commenté Aarin Chiekrie, analyste actions chez Hargreaves Lansdown.
« La demande en pâtit, les réservations pour le second semestre étant inférieures de deux points de pourcentage à celles de l’an dernier, les vacanciers attendant plus longtemps avant de finaliser leurs projets de voyage », a‑t‑il poursuivi.
« Même si le conflit au Moyen‑Orient devait être réglé rapidement, les prix du carburant devraient rester élevés pendant un certain temps », a‑t‑il ajouté.
La compagnie rivale Ryanair a indiqué plus tôt cette semaine que son bénéfice net annuel avait bondi de plus d’un tiers, tout en avertissant que la guerre impliquant l’Iran assombrissait ses perspectives pour l’exercice à venir.