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États-Unis: nouveaux droits de douane pour des accusations de "travail forcé"

PHOTO D'ARCHIVES - Le président Donald Trump annonce de nouveaux droits de douane dans la roseraie de la Maison-Blanche, à Washington, le 2 avril 2025.
Photo d'archive - Le président Donald Trump annonce de nouveaux droits de douane dans la roseraie de la Maison Blanche, à Washington, le 2 avril 2025. Tous droits réservés  AP Photo/Mark Schiefelbein, File
Tous droits réservés AP Photo/Mark Schiefelbein, File
Par Evelyn Ann-Marie Dom
Publié le Mis à jour
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Les nouveaux droits de douane, de 10 à 12,5 %, remplacent vendredi les droits mondiaux expirant, instaurés plus tôt cette année par Trump.

Le président américain Donald Trump va imposer de nouveaux droits de douane à deux chiffres à 60 pays, les accusant de ne pas avoir empêché le travail forcé.

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Ces nouveaux droits, compris entre 10 et 12,5 %, entreront en vigueur vendredi et remplaceront les droits de douane mondiaux de 10 % instaurés plus tôt cette année par Trump, qui expirent à 0 h 01 le même jour.

Les prélèvements annoncés jeudi concerneront des dizaines de partenaires commerciaux des États-Unis, dont de grandes économies comme la Chine, l'Inde et l'Union européenne, soit 99 % des importations américaines.

"Les États-Unis interdisent les importations issues du travail forcé depuis près d'un siècle et appliquent cette interdiction avec rigueur ; il est plus que temps que nos partenaires commerciaux en fassent autant", a déclaré le représentant américain au Commerce Jamieson Greer.

L'an dernier, Trump a imposé des droits de douane à deux chiffres sur les importations en provenance de presque tous les pays du monde, estimant que les déficits commerciaux américains constituaient une urgence nationale.

En février, la Cour suprême a jugé que Trump ne disposait pas de l'autorité juridique nécessaire pour imposer de tels droits dans le cadre de la loi de 1977 sur les pouvoirs économiques en cas d'urgence internationale (International Emergency Economic Powers Act, IEEPA).

En conséquence, l'administration a dû rembourser les importateurs qui avaient acquitté ces droits et Trump a annoncé à la place des droits de douane mondiaux de 10 % sur le fondement de l'article 122 de la loi sur le commerce de 1974 (Trade Act).

Cependant, ces prélèvements prévus par cet article ne peuvent rester en vigueur que pendant 150 jours et doivent expirer vendredi. Les droits de 10 % qui arrivent à échéance seront désormais remplacés par les nouveaux tarifs, considérés comme plus résistants aux contestations judiciaires que les mesures précédentes.

Les nouveaux droits ont été instaurés en vertu de l'article 301 de la loi sur le commerce de 1974, qui autorise le président à imposer des taxes à l'importation et d'autres sanctions aux pays qu'il considère engagés dans des "pratiques commerciales injustifiables", "déraisonnables" ou "discriminatoires".

Les pays qui ont mis en place une interdiction d'importer des produits issus du travail forcé ou se sont engagés à le faire, dont le Canada, l'UE, l'Inde et le Royaume-Uni, se verront appliquer un taux de 10 %. Les autres, comme la Chine, le Japon et la Corée du Sud, seront soumis à un taux plus élevé de 12,5 %.

PHOTO D'ARCHIVES - Des conteneurs maritimes prêts à être transportés au port de Guangzhou, dans le district de Nansha, dans la province chinoise du Guangdong, dans le sud du pays, le 17 avril 2025.
PHOTO D'ARCHIVES - Des conteneurs maritimes prêts à être transportés au port de Guangzhou, dans le district de Nansha, dans la province chinoise du Guangdong, dans le sud du pays, le 17 avril 2025. AP Photo/Ng Han Guan, File

Certains produits échappent à ces prélèvements, notamment le pétrole et le gaz, les engrais, ainsi que les biens couverts par un accord de libre-échange nord-américain entre les États-Unis, le Mexique et le Canada.

La décision a suscité de nombreuses critiques parmi les pays concernés. Le Brésil, qui se voit imposer des droits de 12,5 %, l'a qualifiée de "arbitraire et injustifiée" et prévoit de mettre en place des tarifs de représailles contre les États-Unis.

Washington "a choisi de manipuler une question d'une grande importance pour les droits humains et les luttes des travailleurs dans le monde afin d'accuser 59 pays et l'Union européenne de pratiques déloyales", a indiqué le gouvernement brésilien.

Le Chili est lui aussi confronté à un taux de 12,5 %. La vice-ministre des Relations économiques internationales, Paula Estévez, a affirmé que le pays dispose "d'institutions du travail solides, d'un cadre réglementaire robuste et d'un engagement ferme en faveur de la prévention et de l'éradication du travail forcé".

Le travail forcé est défini par la Convention de 1930 de l'Organisation internationale du travail (OIT) sur le travail forcé comme "tous travaux ou services exigés d'un individu sous la menace d'une peine quelconque et pour lesquels ledit individu ne s'est pas offert de son plein gré".

D'après l'agence onusienne, l'Organisation internationale du travail (OIT), environ 27,6 millions de personnes étaient soumises au travail forcé dans le monde à tout moment en 2021.

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