Au Royaume-Uni, les clubs de football offrent un nombre record d'emplois, dopés par la montée en puissance des postes dédiés aux données et à l'analyse.
Le football s'affirme de plus en plus comme une industrie prisée des investisseurs internationaux, tandis que la technologie est déjà devenue un élément majeur du sport. La plateforme mondiale de recrutement Indeed indique que les embauches réalisées par les clubs de football au Royaume-Uni ont été multipliées par trois depuis 2018.
Les postes liés aux données et à l'analyse représentent désormais un niveau record de 3,2 % des recrutements des clubs professionnels. Leur part a plus que doublé sur la période, les clubs investissant dans des spécialistes qui participent à orienter le recrutement, la performance et les choix tactiques.
Les chiffres portent sur le Royaume-Uni, mais le football européen est fortement interconnecté. Les données et l’analyse jouent aussi un rôle important dans les grands championnats européens, en Espagne, en Allemagne, en Italie ou encore en France.
Ainsi, la LALIGA en Espagne est devenue en 2024 l’épicentre du big data dans le football. "Les données révolutionnent l'industrie du football, les clubs les utilisant aussi bien pour la préparation des matchs que pour leur analyse après coup", indiquait un communiqué de la LALIGA.
"Par ailleurs, dans le cadre des règles de contrôle économique, ces données aident les clubs à identifier les joueurs clés du championnat, leur permettant d’agir plus intelligemment sur le marché des transferts."
Selon Indeed, les clubs de football professionnels ont publié 714 offres d’emploi par million d’emplois au Royaume-Uni en 2025, contre 247 en 2018. Le chiffre a donc quasiment triplé entre 2018 et 2025.
Cette part devrait encore progresser en 2026. Indeed l’estime à 722 offres par million d’emplois au Royaume-Uni.
"Les clubs de football ne sont plus de simples institutions sportives. Ce sont des organisations complexes, mêlant médias, données et activités commerciales, et leurs recrutements en sont le reflet. Aux côtés des entraîneurs, les clubs embauchent des chefs, des stadiers, des responsables marketing, des chargés de mission auprès des communautés et, de plus en plus, des analystes de données", explique Jack Kennedy, économiste senior chez Indeed.
Une part plus grande d’un gâteau qui rétrécit
Les recrutements de clubs de football sont en hausse, mais le football ne représente qu’une petite part du marché de l’emploi, selon Indeed. Seules 0,07 % des offres d’emploi au Royaume-Uni concernent ce secteur.
Le commerce de détail atteint, lui, 4 %, et le développement logiciel environ 2,3 %. La part du football se rapproche davantage de celle d’un secteur de niche comme l’aviation.
"Les recrutements de clubs de football sont globalement restés stables, si bien que les clubs représentent désormais une part plus importante d’un gâteau plus petit", souligne Kennedy.
Quels profils les clubs de football recrutent-ils ?
Les métiers du sport et de l’entraînement restent la première catégorie de recrutement. Ils représentent 11,0 % des offres d’emploi des clubs professionnels de football au Royaume-Uni entre juillet 2025 et juin 2026, selon Indeed.
Ces postes couvrent l’encadrement sportif, les entraîneurs de football, le coaching sportif, les managers de clubs et les coachs personnels.
Les métiers de la restauration et du service alimentaire affichent eux aussi une part à deux chiffres, à 10,8 %. Les fonctions de management pèsent 9,7 %.
L’assistanat administratif représente 6,0 % des offres liées au football, devant les métiers de la thérapie (3,8 %) et de la vente (3,7 %). Les arts et le divertissement, ainsi que le marketing, dépassent également les 3 %.
La part des métiers des données et de l’analyse progresse
Les postes liés aux données et à l’analyse se classent au neuvième rang des offres des clubs de football, avec une part de 3,2 %. Malgré ce poids encore limité, ils sont devenus centraux pour le football professionnel au cours de la dernière décennie.
Leur part dans les recrutements de clubs a plus que doublé, passant de 1,5 % en 2018 à 3,2 % sur la période allant jusqu’en juin 2026.
Les intitulés les plus fréquents pour ces postes sont analyste de la performance, analyste, data scientist, data analyst et stagiaire en data science.
"Ce qui a commencé par un simple suivi de la performance sert désormais au recrutement des joueurs, à la préparation tactique, à la prévention des blessures et à la stratégie commerciale", observe Kennedy.
"Le défi n’est pas de collecter les données, mais de savoir quoi en faire, et les clubs capables de transformer l’analyse en meilleures décisions, sur le terrain d’entraînement, sur le marché des transferts ou encore sur le banc, sont de plus en plus ceux qui prennent l’avantage."
Un effectif quarante fois plus important que celui des joueurs
Le nombre de salariés dans les clubs de football varie fortement.
Selon Indeed, certains des plus grands clubs emploient désormais jusqu’à 1 000 salariés, soit environ 40 fois la taille d’un effectif de joueurs de Premier League.