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Fitch relève la note du Portugal à A+ et estime que les perspectives sont "stables"

ARCHIVES (25.05.2016) : Des touristes prennent des photos, avec le centre historique de Lisbonne illuminé par le coucher de soleil en arrière-plan.
ARCHIVE (25.05.2016) : Des touristes prennent des photos, avec le centre historique de Lisbonne illuminé par le coucher de soleil en arrière-plan. Tous droits réservés  AP Photo/Armando Franca
Tous droits réservés AP Photo/Armando Franca
Par Manuel Ribeiro
Publié le
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Portugal: une agence de notation relève la note de la dette de "A" à "A+" avec une perspective "stable"

L'agence de notation Fitch a relevé la note de la dette souveraine portugaise de "A" à "A+", assortie d'une "perspective stable", a indiqué l'entreprise dans une note publiée sur son site (source en portugais), s'inscrivant dans le climat de confiance favorable manifesté par les autres agences de notation et les investisseurs dans le pays, selon l'Agence pour l'investissement et le commerce extérieur du Portugal (AICEP). Selon le gouvernement portugais, "toutes les agences de notation financière" attribuent au Portugal la note "A".

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En août, Standard & Poor's (S&P) (source en portugais) a confirmé ses notations de crédit souverain non sollicitées "A+/A-1" à long et à court terme, en devises étrangères et locales, attribuées au Portugal, et maintenu la perspective positive. Morningstar DBRS a également confirmé, en juillet 2025 (source en portugais), la note de la République portugaise à "A" (élevée), avec une "perspective stable".

L'annonce de Fitch Ratings, vendredi, s'appuie sur le renforcement des finances publiques portugaises, notamment sur la prévision d'une réduction de la dette et sur une croissance économique plus solide que dans les autres pays, soutenue par un "fort engagement politique en faveur de la prudence budgétaire".

"La révision à la hausse reflète le renforcement des finances publiques du Portugal, y compris une trajectoire prévue de réduction de la dette publique et des soldes budgétaires nettement plus solides que ceux des pays comparables, soutenus par un fort engagement politique en faveur de la prudence budgétaire", écrit Fitch.

Selon l'agence, les notations du Portugal sont soutenues par des indicateurs de gouvernance supérieurs à la médiane des pays notés "A", ainsi que par des atouts institutionnels liés à l'appartenance à l'Union européenne et à la zone euro. Ces facteurs sont toutefois contrebalancés par des niveaux encore élevés de dette publique et de dette extérieure accumulée.

ARCHIVES (18.01.2012). Un courtier travaille dans une banque portugaise
ARCHIVES (18.01.2012). Un courtier travaille dans une banque portugaise AP Photo/Armando Franca

Fitch ajoute que la "prudence" des politiques, les résultats budgétaires à plusieurs reprises supérieurs aux attentes et les excédents persistants du compte courant ont renforcé la résilience de l'économie portugaise et sa capacité à "absorber les chocs".

L'agence prévoit que la dette publique passera de 89,7 % du PIB en 2025 à 87,0 % en 2026 et 82,9 % en 2028, grâce au maintien d'excédents primaires et à une croissance nominale modérée. Le ratio devrait néanmoins rester supérieur à la médiane prévue de 59,5 % du PIB pour les pays notés "A".

Jeudi, le ministre d'Etat et des Finances, Joaquim Miranda Sarmento, a déclaré que la baisse du poids de la dette dans le PIB "est le fruit du travail des familles et des entreprises ces dernières années" (source en portugais), en indiquant que ce processus "ne peut pas être interrompu et qu'il est nécessaire de maintenir un rythme de réduction de la dette publique". Joaquim Sarmento a ajouté qu'il faut "réduire fortement la bureaucratie, qui asphyxie les entreprises et les citoyens et limite et retarde l'investissement privé, en particulier l'investissement direct étranger", ce qui aura "un fort effet sur le PIB potentiel" du pays, a-t-il déclaré.

Sur le réseau X, le ministre des Finances a salué "une excellente nouvelle pour le Portugal, qui retrouve la notation A+, pour la première fois depuis mars 2011".

Ce matin, le président de la République s'est lui aussi félicité de l'évaluation de l'agence de notation. "Il s'agit d'une excellente nouvelle pour le pays et d'une importante reconnaissance extérieure de la performance du Portugal, résultat d'une évolution à moyen et long terme, portée par l'effort des Portugais et par une ligne de responsabilité maintenue sous différents gouvernements", écrit António José Seguro sur le site de la Présidence (source en portugais). "Une meilleure notation favorisera les conditions de financement de l'Etat, des entreprises et des familles, soutiendra l'investissement et la création d'emplois et permettra de consacrer davantage de ressources publiques aux besoins des personnes", espère le président.

"Lorsque l'année 2026 sera lue rétrospectivement, ce sera sûrement l'une de ses informations économiques les plus importantes", ajoute Seguro.

La hausse des dépenses de défense met les finances publiques sous pression

Une grue se détache au-dessus des immeubles, avec le château de São Jorge et le Tage en arrière-plan, à Lisbonne
Une grue se détache au-dessus des immeubles, avec le château de São Jorge et le Tage en arrière-plan, à Lisbonne AP Photo/Armando Franca

Fitch estime que l'excédent budgétaire reculera de 0,7 % du PIB en 2025 à 0,1 % en 2026, pénalisé par les aides d'urgence et les dépenses de reconstruction liées aux tempêtes, par les mesures de réduction d'impôts et de logement prévues dans le budget de l'Etat pour 2026, par le pic d'investissement associé à la composante prêts du Plan de relance et de résilience (PRR) et par la hausse des dépenses de salaires et de pensions.

Ces effets devraient être partiellement compensés par la hausse des cotisations sociales, liée à la poursuite de la croissance de l'emploi, et par une distribution significative de dividendes de la Caixa Geral de Depósitos, selon l'agence.

Pour 2027 et 2028, Fitch prévoit un déficit moyen d'environ 0,4 % du PIB. L'agence anticipe que le vieillissement démographique et la diminution des flux migratoires "augmenteront les dépenses et exerceront une pression sur les cotisations sociales", tout en soulignant que le Fonds de stabilisation financière de la Sécurité sociale, avec des actifs équivalant à 13,9 % du PIB fin 2025, "offre une marge de sécurité substantielle".

Le coût du logement inquiète également, même si la rapide hausse des prix des logements ne s'est pas encore traduite par des "risques macrofinanciers significatifs à court terme" ; elle pourrait "accentuer les vulnérabilités du marché immobilier et aggrave les tensions sur l'accessibilité", souligne l'agence.

Au 1er trimestre 2026, les prix des logements résidentiels étaient d'environ 99 % supérieurs au niveau enregistré au 4e trimestre 2019, contre 31 % dans la zone euro.

La faible offre et la forte demande de logements, associées à une immigration élevée, suggèrent que les tensions sur le marché immobilier sont surtout "structurelles, ce qui limite la probabilité d'une correction marquée à court terme", indique Fitch, qui estime qu'"un secteur bancaire solide devrait contribuer à contenir les risques financiers liés au marché immobilier" et l'endettement qui en découle pour les ménages.

Autre facteur à prendre en compte : l'objectif de l'OTAN de porter les dépenses de défense à 5 % du PIB d'ici 2035, qui, selon Fitch, devrait "ajouter une pression sur les finances publiques à moyen terme". L'agence internationale de notation considère néanmoins que l'historique de politique budgétaire, relativement stable au fil des changements de gouvernement, atténue les risques associés à une incertitude politique accrue.

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