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Yuja Wang capte l'énergie de Mozart et de la mer Baltique

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Par Katharina Rabillon

Après une longue pause en raison de la pandémie de Covid-19, la pianiste virtuose chinoise Yuja Wang est de retour sur scène en Europe. Nous l'avons rencontrée à Jurmala, une ville côtière située près de la capitale lettone Riga, à l'occasion de la troisième édition du Riga Jurmala Music Festival. Cet événement se déroule sur quatre week-ends en été.

Au sein de la salle Dzintari de Jurmala, Yuja Wang s'est produite aux côtés de l'Orchestre du Festival Mariss Jansons, une nouvelle formation constituée avec des musiciens de plusieurs grandes orchestres en hommage à Mariss Jansons, le chef d’orchestre letton disparu en 2019.

Une interprétation "intime" du Concerto pour piano en ré mineur

Œuvre de choix pour ce concert : le Concerto pour piano n°20 en ré mineur, K. 466, une pièce à la fois agitée, tourmentée et dramatique qui a fait écho aux vagues de la mer Baltique dans cette interprétation de Yuja Wang.

Voici comment elle nous décrit le début de son interprétation après être restée trois minutes à écouter l'orchestre : "Comme il y a beaucoup de tumulte qui provient de l'ensemble de l'orchestre, j'ai choisi de faire mon entrée de manière très intérieure, très dolce et très mélodieuse."

"Tout est possible," poursuit-elle, "on peut jouer une même phrase musicale très ouvertement, avec une intensité dramatique, expressive ou alors, de manière très intime."

La pianiste virtuose a envoûté le public sous la direction de Sir John Eliot Gardiner. Le chef d'orchestre évoque pour nous, la singularité de ce concerto : "C'est vraiment de l'opéra. Ces derniers concertos de Mozart sont tellement imprégnés de théâtralité et de contraste dramatique entre le son très, très brillant du piano comme une "prima donna", une soprano et l'orchestre qui ressemble à une explosion sonore," fait-il remarquer. Yuja Wang renchérit : "Cette pièce est remplie de feu, mais aussi d'angoisse et de tourments."

Le défi du pianoforte

En son temps, Mozart jouait du pianoforte qui est beaucoup plus petit et d'une sonorité plus légère que les pianos de concert modernes.

"John Eliot Gardiner m'a mise au défi de ne pas utiliser la pédale pour ressembler au pianoforte," précise la pianiste.

"Par exemple, je peux utiliser la pédale pour ajouter de la couleur," nous montre-t-elle avant de préciser : "Mais là, toute l'expression doit passer par les mains, c'est une manière différente de jouer et de s'exprimer au piano."

"Ce concerto est daté du 10 février 1785 et j'ai été un peu effrayée quand je l'ai découvert parce que c'est le jour de mon anniversaire," confie Yuja Wang, "donc cette pièce est née le même jour que moi."

Une nature qui invite à l'introspection

En marge du concert, nous invitons la pianiste sur une plage à proximité, un décor dans lequel elle dit se sentir bien. "C'est un paradis pour moi : je n'avais pas cela à New York ces quinze derniers mois," s'enthousiasme-t-elle.

"Une chose est sûre : la pandémie nous fait tous porter un regard nouveau sur ce qu'on fait dans la vie," affirme la jeune femme. "Il s'agit pour moi de voir avec qui je passe du temps et de me concentrer sur la manière dont je m'investis pour en profiter et sur mon équilibre intérieur," dit-elle.

"C'est une forme de méditation de ressentir l'énergie vitale de la mer," assure Yuja Wang. "On se sent vraiment reconnaissant d'être sur cette planète," souligne-t-elle.

Journaliste • Katharina Rabillon