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Canicules : comment les autorités sanitaires de Rome font-elles face aux risques sanitaires ?

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Par Jeremy Wilks  & Naomi Lloyd
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Alors que des températures très élevées frappent les villes européennes, dans ce nouvel épisode de Climate Now nous nous intéressons à ce qui peut être fait pour protéger les personnes vulnérables, notamment en Italie.

Au niveau mondial, le mois de juillet 2021 a été le troisième le plus chaud jamais enregistré. Et l'Europe a connu son deuxième mois de juillet le plus chaud jamais recensé, avec des températures supérieures de 1,4 degré par rapport à la moyenne de la période 1991-2020. Seul le mois de juillet 2010 a jusque là été encore plus chaud.

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Au niveau mondial, ce mois de juillet a été le troisième le plus chaud jamais enregistréClimate Now

Si nous regardons la carte des anomalies de température, nous constatons que le tableau est mitigé en Europe. On recense de sérieuses vagues de chaleur de la mer Baltique à la Méditerranée orientale, avec des températures atteignant 42 degrés.

La Lituanie a connu la plus longue vague de chaleur de son histoire. Et l'Irlande du Nord a battu son record de chaleur, dépassant les 31 degrés à plusieurs reprises.

Mais si vous vous trouviez dans cette bande bleue allant du Portugal à l’Allemagne puis jusqu’au nord-ouest de la Russie, vous vous sentirez peut-être hors sujet, car il a fait, dans ces régions, plus froid que la moyenne.

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Anomalies des températures en juilleteuronews

La majeure partie de l'Europe a également été plus humide que la moyenne. Si l'on regarde la carte des anomalies de précipitations, on constate des inondations dévastatrices dans certaines régions de Belgique, d'Allemagne, des Pays-Bas et du Luxembourg.

Mais là encore, le tableau est mitigé. Si vous regardez les parties orientales du continent, ainsi que l'Espagne et le Portugal, le temps a été plus sec que d'habitude.

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Carte des anomalies de précipitationsClimate Now

Alors, comment faire face aux risques sur la santé ?

Notre reportage nous emmène en Italie, où nous nous penchons sur les derniers efforts déployés pour mieux gérer les risques sanitaires liés aux canicules.

Les températures avoisinent les 30 degrés lorsque nous arrivons à Rome. Le niveau d'alerte canicule a été relevé. Et les habitants, tout comme leurs compagnons à quatre pattes, souffrent de la chaleur.

"Ce n'est plus vivable", glisse Laura Grossi, une habitante de la capitale italienne. "Ce n'est plus comme avant, quand on pouvait sortir l'été et faire une agréable promenade l'après-midi, ou bien faire des courses. Maintenant, c'est impossible."

Pour certains habitants, les nuits, au cours desquelles les températures baissent peu, posent particulièrement problème. "Je fais de l'hypertension artérielle et je suis fumeur, donc je ressens de la fatigue", souligne Mario Cifariello, habitant de Rome.

Pour protéger les plus vulnérables, les autorités locales ont adapté leur système de téléconsultation dédié aux patients Covid-19, désormais utilisé pour prévenir les maladies liées à la chaleur.

"Le risque majeur est lié à la déshydratation"

La responsable Donatella Biliotti veille à ce que les personnes âgées vivant seules soient régulièrement contactées pour recevoir des conseils, allant de l'adaptation de leurs médicaments à la consommation d'eau."Le risque majeur est lié à la déshydratation", explique-t-elle. "C'est pour cela que la solitude est considérée comme le premier élément de risque pour les personnes âgées."

Le scientifique Andrea Cecilia travaille sur un nouveau système d'alerte sanitaire spécifiquement dédié au îlots de chaleur urbain. Il a été démontré que ce phénomène fait grimper la température des centres urbains à des niveaux potentiellement dangereux.

"En moyenne, à Rome, l'îlot de chaleur urbain atteint une intensité de 3,4 degrés, ce qui signifie que dans le centre-ville, la nuit, il fait en moyenne 3,4 degrés plus chaud qu'à la campagne", explique Andrea Cecilia, doctorant à l'université Tor Vergata de Rome. "Mais nous avons aussi observé des pics de 6,2 degrés, donc il y a eu des nuits très très chaudes dans la ville."

Adapter les systèmes d'alerte à chaque ville

Dans toute l'Europe, les gouvernements prennent désormais plus au sérieux les risques sanitaires liés aux canicules, en mettant en place des systèmes d'alerte basés sur les données météorologiques et climatiques.

Il n'y a pas de solution miracle et selon cette experte, les alertes à la canicule doivent être adaptées aux populations locales.

"Il n'y a pas un niveau universel de température qui serait le plus à risque pour l'ensemble de l'Europe ou du monde", souligne Francesca De'Donato, épidémiologiste au service sanitaire régional de Lazio ASL Roma. "Peut-être que 32 degrés pour Rome est une température normale pour l'été, mais pour le Royaume-Uni ou la Finlande, il fait très, très chaud. Les systèmes d'alerte doivent être adaptés afin de tenir compte de la situation chaque ville."