Europe et Afrique : les autorités recherchent les passagers débarqués du navire, notamment à Sainte-Hélène
Une quarantaine de passagers ont débarqué d’un navire de croisière frappé par une épidémie de hantavirus mortelle après le décès d’un premier passager à bord, ont indiqué les autorités néerlandaises.
Les passagers ont quitté le MV Hondius lors d’une escale sur l’île isolée de Sainte-Hélène, dans l’Atlantique Sud, selon le ministère néerlandais des Affaires étrangères.
Parmi eux figurait l’épouse d’un passager néerlandais de 70 ans, décédé à bord après être tombé malade pendant la traversée. Elle a ensuite pris un vol commercial pour l’Afrique du Sud, où elle s’est effondrée et est morte à l’hôpital.
L’exploitant de la croisière, Oceanwide Expeditions, avait jusque-là seulement confirmé que la Néerlandaise avait quitté le navire avec le corps de son mari et n’avait pas reconnu publiquement que des dizaines d’autres passagers avaient également débarqué.
Les autorités néerlandaises n’ont pas précisé où se trouvent actuellement les passagers qui ont quitté le navire.
Quarantaine de 45 jours pour les passagers espagnols
Les 14 Espagnols à bord du navire de croisière MV Hondius seront acheminés vers Tenerife avant d’être transférés à Madrid, ont indiqué les autorités sanitaires espagnoles.
Ils devront observer jusqu’à 45 jours de quarantaine dans le centre d’isolement le plus avancé d’Espagne, à l’Hospital Central de la Defensa Gómez Ulla, à Madrid.
Cette Unité d’isolement de haut niveau (UAAN) est une structure spécialisée créée après l’épidémie d’Ebola de 2014 et déjà utilisée lors des évacuations liées au COVID-19 depuis Wuhan.
Que s’est-il passé à bord du MV Hondius ?
Trois passagers sont décédés et huit autres ont été contaminés par le hantavirus à bord du navire de croisière MV Hondius, battant pavillon néerlandais, qui reste immobilisé au large du Cap-Vert avec près de 150 personnes à bord.
Le navire a quitté l’Argentine le 1er avril pour une croisière dans l’Atlantique, avec des escales prévues en Antarctique, aux îles Malouines et dans d’autres destinations, mais son itinéraire a depuis été modifié en raison de l’épidémie.
Le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué que trois patients présentant des cas suspects de hantavirus ont été évacués et sont en route vers les Pays-Bas.
« À ce stade, le risque global pour la santé publique demeure faible », a-t-il écrit sur son compte X.
Parallèlement, Maria Van Kerkhove, de l’OMS, a indiqué que les autorités enquêtent sur une possible transmission interhumaine – un phénomène jugé extrêmement rare – et estiment que la première personne infectée a probablement contracté le virus avant l’embarquement. Les autorités précisent également qu’aucun rat n’a été détecté à bord.
Un cas lié au navire a également été confirmé en Suisse, tandis que les autorités sanitaires d’Afrique du Sud et de Suisse ont identifié une souche capable de se transmettre entre humains dans de rares cas.
Qu’est-ce que le hantavirus ?
Le terme hantavirus désigne un groupe de virus présents chez les rongeurs, transmis principalement à l’être humain par l’inhalation de particules en suspension provenant de déjections de rongeurs desséchées.
Selon les Centres américains de prévention et de contrôle des maladies (CDC), les hantavirus peuvent provoquer deux maladies graves.
La première est le syndrome pulmonaire à hantavirus, qui atteint les poumons et peut entraîner une insuffisance respiratoire sévère. La seconde est la fièvre hémorragique avec syndrome rénal, qui touche les reins et peut provoquer de graves complications.