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Épidémie d'hantavirus : l'Espagne accepte d'accueillir le médecin du MV Hondius dans un état grave

Vue aérienne du navire de croisière néerlandais MV Hondius ancré dans l'Atlantique au large du Cap-Vert le 5 mai 2026.
Vue aérienne du navire de croisière néerlandais MV Hondius ancré dans l'Atlantique au large du Cap-Vert le 5 mai 2026. Tous droits réservés  Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved
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Par Rafael Salido & Jean-Philippe Liabot
Publié le
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L’Espagne a accepté le transfert en urgence vers les Canaries du médecin du navire MV Hondius, gravement atteint par un hantavirus. L’opération, coordonnée avec l’OMS et l’UE, prévoit son évacuation depuis les eaux du Cap-Vert à bord d’un avion médicalisé.

L’Espagne a accepté d’accueillir le médecin du paquebot de luxe MV Hondius, gravement malade après une épidémie d’hantavirus détectée à bord.

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Son transfert vers les îles Canaries aura lieu dans la journée à bord d’un avion médicalisé, dans le cadre d’une opération humanitaire déclenchée après une demande officielle des Pays-Bas.

Le ministère espagnol de la Santé l'a confirmé sur via la plateforme X.

Cette décision intervient après que l'Organisation mondiale de la santé (OMS), en coordination avec l'Union européenne, a demandé à l'Espagne d'accueillir le navire dans le respect du droit international et de "l'esprit humanitaire".

Le Hondius, parti d'Argentine, se trouve actuellement au large du port de Praia, sur l'île Santiago au Cap-Vert où il est arrivé après avoir détecté plusieurs cas d'hantavirus lors de sa traversée de l'Atlantique.

Le ministère de la Santé a souligné que le Cap-Vert ne disposait pas des capacités nécessaires pour gérer une opération de cette ampleur et que les îles Canaries étaient le point le plus proche disposant de ressources suffisantes.

La position du Hondius le 6 mai  à 10h30 CET, Près du port de Praia au Cap-Vert
La position du Hondius le 6 mai à 10h30 CET, Près du port de Praia au Cap-Vert Capture du site marine Traffic

Parallèlement au transfert du médecin dans un état grave, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (CEPCM) procède à une évaluation approfondie du bateau afin de déterminer quelles personnes doivent être évacuées d'urgence au Cap-Vert même et lesquelles poursuivront leur route vers les îles Canaries.

Refus du président de la région des Canaries

Mais ce mercredi, le président du gouvernement des Canaries, Fernando Clavijo, a exprimé son rejet de la décision du gouvernement espagnol d'accueillir dans l'archipel le navire de croisière.

"C'estune improvisation du gouvernement espagnol**",** a-t-il déclaré dans une interview à l'émission "Onda Cero" (source en espagnol), dans laquelle il a assuré qu'il n'y avait pas suffisamment d'informations sur l'étendue de l'épidémie. "Nous n'avons pas de rapport médical sur le nombre de patients infectés", a-t-il ajouté.

Fernado Clavijo a demandé une réunion avec Pedro Sánchez et la ministre de la Santé, Mónica García, et a averti que la décision "n'apporte pas la sérénité" à la population canarienne. Il a également insisté sur le fait que "la position du gouvernement des Canaries" est de rejeter l'opération en l'état, étant donné que les données nécessaires pour garantir la sécurité sanitaire de l'archipel n'ont pas été fournies.

L'OMS se veut rassurant

Toutefois, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a indiqué (source en espagnol) que 147 passagers et membres d'équipage se trouvaient à bord du navire et que, pour l'instant, sept cas liés à l'épidémie avaient été identifiés: deux confirmés en laboratoire et cinq suspects. Le bilan fait état de trois décès, d'un patient dans un état critique et de trois personnes présentant des symptômes bénins. Les autorités sud-africaines ont détecté la variante andine chez plusieurs des personnes infectées, une variante qui se transmet entre humains.

Sur les réseaux sociaux, le secrétaire général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a déclaré que "sur la base des informations actuelles", l'organisation internationale "conclut que le risque pour la population générale est faible".

Selon l'agence internationale, les premiers symptômes sont apparus entre le 6 et le 28 avril et se sont caractérisés par de la fièvre et des troubles gastro-intestinaux, évoluant rapidement dans certains cas vers une pneumonie, un syndrome de détresse respiratoire aiguë et un état de choc.

Outre les personnes présentant des symptômes, les autres passagers et membres d'équipage seront examinés et traités selon un protocole élaboré par l'OMS (source en anglais), une fois que le navire arrivera dans l'archipel, dans un délai estimé à trois ou quatre jours. Cette procédure comprend des circuits sanitaires et de transport spécifiques, "évitant tout contact avec la population locale et garantissant la sécurité du personnel de santé à tout moment", selon un communiqué officiel du ministère de la Santé.

Le gouvernement a souligné qu'il fournirait en temps utile des informations sur les détails du protocole et sa mise en œuvre. L'opération prévoit également le rapatriement ultérieur des passagers et des membres d'équipage dans leur pays d'origine, y compris plusieurs citoyens espagnols, une fois les évaluations médicales et épidémiologiques terminées.

Suivi d'un vol contaminé par l'hantavirus

L'OMS recherche plus de 80 passagers à la suite d'un cas d'hantavirus sur un volà destination de Johannesburgoù se trouvait une femme qui est décédée par la suite de la maladie. La victime, une ressortissante néerlandaise, avait été évacuée de l'île de Sainte-Hélène après avoir développé des symptômes.

L'agence sanitaire internationale a confirmé que la femme de 69 ans avait été transportée le 25 avril dans un avion de la compagnie Airlink, avec à son bord 82 passagers et six membres d'équipage. Elle est décédée le lendemain à l'hôpital, son infection par le virus ayant été confirmée quelques jours plus tard.

Les autorités sud-africaines ont détecté la variante andine chez plusieurs des personnes infectées, une variante qui se transmet entre humains.

Comment les hantavirus se transmettent-ils ?

L'hantavirus est un groupe de virus véhiculés par les rongeurs et transmis à l'homme principalement parinhalation de particules provenant d'excréments séchés, d'urine ou de salive**.** Le risque augmente lorsque ces matières sont remuées et se retrouvent en suspension dans l'air, ou par contact direct avec des animaux infectés.

L'infection peut entraîner un syndrome pulmonaire à hantavirus, qui commence par des symptômes tels que fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, vertiges, frissons et troubles gastro-intestinaux. À un stade plus avancé, il peut évoluer vers une détresse respiratoire sévère et une hypotension, ce qui fait des cas graves une urgence médicale.

Des panneaux d'avertissement concernant le hantavirus installés au parc national de Yosemite. Archive
Des panneaux d'avertissement concernant le hantavirus installés au parc national de Yosemite. Archive AP Photo

La période d'incubation se situe généralement entre deux et quatre semaines après l'exposition, mais peut aller jusqu'à huit semaines.

Il n'existe aucun traitement spécifique et le virus peut se présenter sous différentes variantes, la variante américaine étant la plus grave. La transmission interhumaine est très rare et, lorsqu'elle a été décrite, elle nécessite un contact très étroit et prolongé.

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