Scandale au Parlement européen : qui sont les acteurs de cette affaire de corruption ?

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Par Grégoire Lory  & Euronews
Pier Antonio Panzeri, Eva Kaili et Andrea Cozzolino sont poursuivis dans le scandale de corruption au Parlement
Pier Antonio Panzeri, Eva Kaili et Andrea Cozzolino sont poursuivis dans le scandale de corruption au Parlement   -   Tous droits réservés  European Union, 2022.

Qui sont les acteurs du scandale de corruption qui secoue le Parlement européen ? Le cerveau de l'affaire serait Pier Antonio Panzeri, un ancien député européen aujourd'hui en prison. Il est accusé de corruption et de blanchiment d'argent.

L'ex-parlementaire italien est soupçonné d'avoir lancé l'ONG Fight Impunity dans le but de payer de fortes sommes d'argent ou d'offrir des cadeaux à des personnalités capables d'influencer le Parlement européen.

Francesco Giorgi est l'autre figure de ce scandale. Ancien assistant parlementaire de Pier Antonio Panzeri, sa déposition auprès des enquêteurs indique que ce système de corruption aurait débuté en 2018 lorsque l’eurodéputé a décidé de travailler pour le Qatar. Il peut l’affirmer car il agissait en tant qu'interprète pour Pier Antonio Panzeri qui ne parle qu'italien. Francesco Giorgi est lui aussi en détention.

L'assistant parlementaire est pacsé depuis 2016 avec l'eurodéputée grecque Eva Kaili, déjà membre du Parlement européen lors de leur rencontre. Elle a gravi les échelons politique pour devenir vice-présidente de l'hémicycle. Bénéficiant de l'immunité parlementaire, la seule façon de l'arrêter était de la prendre en flagrant délit. Ce fut chose faite le 9 décembre lorsque la police a découvert dans son appartement 150 000 euros. Elle est actuellement en prison.

Son père, arrêté aussi le mois dernier, avec une valise pleine de cash a finalement été libéré dans les heures qui ont suivi son interpellation.

Niccolo Figa-Talamanca est lui aussi impliqué dans le scandale. Il est le secrétaire général d'une autre ONG : No Peace Without Justice. C’est à travers elle qu’aurait circulé l'argent des pays prétendument corrupteurs.

Le nom du secrétaire général de la Confédération syndicale internationale apparaît aussi dans l’enquête. Luca Visentini reconnaît avoir reçu 50 000 euros en cash de l'ONG comme donation pour sa campagne électorale. Il a été libéré sans charge, mais doit informer les autorités s'il devait quitter l'Union européenne.

Deux autres eurodéputés sont dans le viseur de la justice. Il s'agit d'Andrea Cozzolino, ancien président de la délégation de l'hémicycle en charge des relations avec le Maghreb et donc des liens avec le Maroc. Or Rabat est soupçonnée d'être impliquée dans ce scandale de corruption.

Pour sa part, le Belge Marc Tarabella réfute avoir reçu de l'argent pour défendre les intérêts du Qatar dans le cadre de la Coupe du monde de football.

Quatre personnes sont actuellement en prison et deux eurodéputés sont en passe de perdre leur immunité, mais l'affaire pourrait ne pas en rester là puisque l'enquête est toujours en cours.