Le Parlement européen réclame la transparence salariale

L'écart salarial entre hommes et femmes dans l'UE était en moyenne de 13% en 2021
L'écart salarial entre hommes et femmes dans l'UE était en moyenne de 13% en 2021 Tous droits réservés AP Photo/Armin Durgut
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Par Alice Tidey
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Le texte, approuvé jeudi par les eurodéputés, demande aux entreprises de fournir plus d’informations sur les rémunérations pour mieux comparer les écarts entre hommes et femmes.

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Les eurodéputés ont donné jeudi leur approbation finale au texte sur la transparence des salaires qui obligera certains employeurs à publier les salaires moyens ventilés par sexe dans le but de combler l'écart de rémunération entre hommes et femmes.

"Aujourd'hui est un jour historique. Nous avons franchi une étape importante en Europe pour les droits des femmes, les droits des travailleurs et dans la lutte contre la discrimination salariale", se félicite Kira Marie Peter-Hansen (les Verts).

Selon les nouvelles règles adoptées par les députés par 427 voix pour, 79 contre et 76 abstentions, les employeurs devront désormais divulguer une fourchette de rémunération sur les offres d'emploi ou avant un entretien. Ils devront également fournir des informations complètes sur les niveaux de rémunération individuels et moyens, ventilés par sexe, à la demande d'un employé.

Les employeurs qui comptent au moins 100 salariés devront également publier tous les trois ans des informations sur l'écart de rémunération entre les travailleurs féminins et masculins, les plus grands employeurs sont invités à le faire plus régulièrement.

Si l'écart de rémunération qu'ils signalent est d'au moins 5 %, les employeurs devront procéder à une évaluation des salaires en coopération avec les représentants des travailleurs.

"Nous disons aux entreprises européennes : montrez-vous sous votre vrai jour", lance l’eurodéputée Samira Rafaela (Renew Europe).

"Nous n'autorisons plus le secret des rémunérations avec cette législation car les secrets sont le meilleur moyen de maintenir les inégalités. Nous voulons que les gens demandent et exigent des informations et nous voulons que ces informations deviennent publiques. C'est ce qui se passera pour que nous puissions demander des comptes aux entreprises".

La directive fait également peser la charge de la preuve sur les employeurs en cas de litige salarial et ouvre la voie à des compensations pour les travailleurs victimes de discrimination salariale fondée sur le sexe, telles que des primes, des bonus et d'autres paiements en nature.

Entre-temps, les États membres sont invités à prévoir des sanctions spécifiques, y compris des amendes, en cas d'infraction à la règle sur l'égalité salariale.

L'écart de rémunération entre hommes et femmes dans l'UE s'élevait à près de 13 % en 2021. L'Estonie, l'Autriche et l'Allemagne affichent la différence la plus importante avec des taux respectifs de 20,5 %, 18 % et 17,6 %. La Slovénie, la Roumanie et le Luxembourg (3,8 %, 3,6 % et -0,2 %) présentent les écarts de rémunération les plus faibles.

Plusieurs raisons expliquent la disparité salariale, comme la surreprésentation des femmes dans des secteurs relativement peu rémunérés tels que les soins, la santé et l'éducation, le fait qu'elles consacrent plus de temps au travail non rémunéré comme les soins aux enfants et aux tâches ménagères, ce qui peut avoir un impact sur les choix de carrière.

L'eurodéputé Dragoș Pîslaru (Renew Europe), président de la commission Emploi et affaires sociales, estime que cet "écart a un impact à long terme sur la qualité de vie des femmes, augmentant le risque de pauvreté et l'écart persistant des pensions qui est de 33% aujourd'hui".

Il appelle les pays de l'UE à "mettre en œuvre cette directive de manière approfondie et dans les délais". Les États membres doivent maintenant approuver officiellement l'accord.

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