Dans une interview accordée à Euronews, le commissaire ukrainien aux Sanctions, Vladyslav Vlasiuk, évoque les nouvelles sanctions de l'UE à l'encontre de la "flotte fantôme" russe.
"Nous apprécions que ce paquet soit enfin adopté, nous apprécions ce qu'il contient, à savoir la désignation de 50 navires et d'environ 80 personnes et entités - c'est très bien. Mais le rythme n'est manifestement pas suffisant. Je veux dire par là qu'en ce moment même, nous devrions commencer à travailler sur le prochain paquet ciblé, qui devrait être adopté au plus tard à la fin du mois de février. Et ce paquet devrait inclure des mesures plus significatives telles que des sanctions sectorielles et autres. Merci donc, mais ce n'est pas suffisant." déclare-t-il.
M. Vlasiuk a ajouté que Kyiv souhaitait des sanctions financières et énergétiques supplémentaires.
"J'ai vu de très bons signaux, par exemple de la part du Commissaire Dan Jørgensen, (le Commissaire à l’Énergie et au Logement) qui s'est engagé à mettre fin à la dépendance de l'UE à l'égard de l'énergie russe. Nous essayons maintenant d'étendre la coopération avec les bureaux des commissaires et les différentes DG sur les différents flux de sanctions. Cela inclut les sanctions financières, en particulier sur l'énergie, sur le GNL et surtout sur ROSATOM, (l'un des principaux fournisseurs mondiaux d'uranium enrichi et de réacteurs nucléaires.)
Cela inclurait bien sûr le bureau de Kaja Kallas (la nouvelle Cheffe de la Diplomatie européenne) sur les désignations individuelles.
Je pense donc, une fois de plus, qu'étant donné les développements dans ce monde, étant donné la coopération croissante entre la Russie, la Corée du Nord et l'Iran, de plus en plus de défis se posent" affirme M. Vlasiuk.
Le pétrole, une source de revenus cruciale pour la Russie
L'administration Biden envisage de mettre en œuvre de nouvelles sanctions plus sévères contre le pétrole russe avant l'investiture du président américain élu Donald Trump en janvier, a rapporté la chaine économique Bloomberg ce mercredi.
Les revenus pétroliers sont une source cruciale de financement de la machine de guerre russe et ont été à plusieurs reprises visés par des sanctions occidentales depuis le début de l'invasion à grande échelle de l'Ukraine en février 2022.
"J'ai vu les tous premiers signaux sur le pétrole, sur les prix du pétrole. Le président élu Trump a clairement dit que ce sont les revenus du pétrole qui aident Poutine à poursuivre sa guerre. Je pense donc que nous avons déjà une bonne compréhension de la situation. Et j'espère que nous poursuivrons nos opérations avec la nouvelle administration américaine, sur les nouvelles mesures de sanctions ciblées contre les régimes terroristes." dit-il.
Des failles dans le système de sanctions
Le commerce de pétrole russe trouve un chemin détourné vers l'Europe grâce à des raffineries en Inde et en Chine. Bien que l'Union européenne ait imposé des sanctions strictes sur le pétrole brut russe à la suite de l'invasion de l'Ukraine, ces sanctions ne couvrent pas le pétrole raffiné provenant de pays tiers. En conséquence, l'Inde et la Chine achètent du pétrole brut russe à prix réduit, le raffinent, puis revendent ces produits pétroliers (diesel, essence, kérosène) à plein tarif sur les marchés européens.
Ce commerce indirect, mais connu de tous ses acteurs, met en lumière des faiblesses dans l'application des sanctions européennes.