La Hongrie est le seul pays de l'UE à attendre que la Commission approuve une demande de fonds pour la défense. La Hongrie aurait exhorté Bruxelles à prendre une décision dans une lettre, mais le plan de prêt n'a pas été approuvé, même après le feu vert à Paris et Prague, qui sont à la traîne.
La Hongrie est restée dans l'attente de l'approbation d'un vaste plan de dépenses de défense financé par l'UE, ce qui fait d'elle le seul État membre à ne pas bénéficier de prêts bon marché pour se réarmer.
La Commission européenne a déclaré mercredi qu'elle avait approuvé les demandes de la France et de la République tchèque, les deux derniers plans en attente sur les 19 États membres qui ont demandé à bénéficier du programme de financement bon marché connu sous le nom de SAFE. La Hongrie reste l'exception.
Ce programme à faible taux d'intérêt a été mis en place l'année dernière par Bruxelles et vise à soutenir les industries de défense et la préparation militaire dans l'ensemble de l'Union européenne, en réponse à la menace posée par la Russie. Dans le cadre de ce plan, les États membres bénéficient de meilleures conditions de financement que s'ils empruntaient uniquement sur les marchés des capitaux sous l'égide de l'UE.
La République tchèque et la France pourront emprunter respectivement 2 et 15 milliards d'euros une fois les accords de prêt signés. Les premiers versements sont attendus en avril.
Les plans français et tchèque ayant été approuvés, la Hongrie est le seul État membre qui attend encore l'approbation de la Commission pour son plan national SAFE, d'une valeur de 17,4 milliards d'euros.
Des sources ayant une connaissance directe du dossier ont déclaré que le plan hongrois n'était pas encore prêt à être approuvé et que l'évaluation se poursuivait. La Hongrie a écrit une lettre officielle à la Commission pour demander une mise à jour sur le statut de la révision ce mois-ci.
Budapest est au centre de plusieurs différends avec l'UE.
Le Premier ministre Viktor Orbán bloque l'enveloppe financière de 90 milliards d'euros accordée par l'Union à l'Ukraine, bien qu'il l'ait approuvée lors du Conseil européen de décembre.
Les relations entre l'UE et la Hongrie se détériorent à l'approche d'élections importantes
Les relations entre Budapest et Bruxelles se sont encore détériorées à la suite d'informations publiées le week-end dernier par le Washington Post, selon lesquelles le ministre hongrois des Affaires étrangères, Péter Szijjártó, aurait régulièrement partagé des informations sensibles avec des responsables russes lors de réunions confidentielles de l'UE consacrées à la diplomatie.
La Commission a qualifié ces allégations de "très préoccupantes" et a demandé à la Hongrie d'apporter rapidement des éclaircissements. Kaja Kallas, responsable de la politique étrangère de l'UE, a également demandé des réponses à Budapest.
Szijjártó, qui a d'abord qualifié ces informations de "fake news", a déclaré lundi qu'il était en contact régulier avec les partenaires étrangers de la Hongrie, notamment les États-Unis, la Russie, la Serbie, Israël et la Turquie, avant et après les réunions de l'UE, car les décisions européennes affectent les relations bilatérales de la Hongrie avec ces pays.
La Russie, contrairement aux autres pays "partenaires", est lourdement sanctionnée par l'UE et est de plus en plus considérée comme un acteur hostile et un risque pour la sécurité. Bien que le protocole des réunions ne soit pas toujours clair, les États membres de l'UE sont censés travailler dans le cadre d'une coopération sincère.
Le 12 avril, la Hongrie sera confrontée à des élections générales décisives, au cours desquelles Viktor Orbán, au pouvoir depuis 16 ans, sera contesté par Péter Magyar, chef du parti Tisza, qui est actuellement en tête des sondages d'opinion.
L'une des principales promesses de campagne de Magyar est de débloquer les fonds européens gelés pour la Hongrie.
La majorité des fonds de l'UE destinés à la Hongrie - 17 milliards d'euros sur un total de 27 milliards - restent suspendus en raison d'allégations de corruption et de problèmes liés à l'État de droit.