Des millions d'Américains sont descendus dans la rue ce week-end pour les manifestations "No Kings" contre le président américain Donald Trump. Mais ce mouvement ne s'est pas arrêté à la frontière américaine. De quoi s'agit-il exactement et pourquoi est-il important pour l'Europe ?
Aux États-Unis, le mouvement "No Kings" a multiplié les manifestations contre le président américain Donald Trump et son administration, ciblant ses politiques d'immigration, le déni du climat et l'action militaire en Iran.
Mais pourquoi les Européens s'investissent-ils autant ? Parce que son idéologie "Make America Great Again" ou MAGA se bat déjà pour dominer à l'intérieur de l'UE.
Le test ultime est la Hongrie. Le 12 avril, le Premier ministre Viktor Orbán devra livrer le combat politique de sa vie contre le chef de l'opposition conservatrice, Peter Magyar. Orbán a présenté son gouvernement comme le bastion MAGA de l'Europe, ce qui lui a valu le soutien inconditionnel de Donald Trump.
Et si Orbán obtient un cinquième mandat consécutif avec le soutien des États-Unis, cela alimentera d'autres mouvements nationalistes à travers le continent et suscitera probablement des inquiétudes quant à l'érosion de la démocratie, à l'affaiblissement de l'État de droit et au resserrement des liens avec la Russie au sein de l'UE.
Il est intéressant de noter que ces rassemblements ont révélé une nette division géographique. Dans les républiques parlementaires comme la France et l'Italie, les manifestations se sont fondues dans la politique intérieure. Les syndicats français se sont joints au mouvement, tandis que les Italiens ont profité de la tribune pour protester contre la Première ministre Giorgia Meloni.
Dans les monarchies constitutionnelles telles que le Royaume-Uni, l'Espagne et le Danemark, les organisateurs ont cherché à éviter les réactions anti-royalistes. Ils ont rebaptisé leurs marches "No Tyrants" (Pas de tyrans), en se concentrant strictement sur la politique américaine.
Voilà qui est ironique. La politique européenne a toujours été historiquement fragmentée.
Mais on pourrait dire que Trump contribue involontairement à forger une identité paneuropéenne. Que vous protestiez contre ses politiques ou que vous souteniez ses alliés MAGA, il est devenu le dénominateur commun du continent.