Adel Nassar, le ministre libanais de la Justice, alerte sur une « situation dramatique » face au projet de zone tampon israélienne. Il appelle à la diplomatie pour éviter la catastrophe et accuse le Hezbollah de saboter les négociations en refusant de déposer les armes.
Le ministre libanais de la Justice, Adel Nassar, a appelé la communauté internationale à condamner "l'occupation du territoire libanais par Israël", dans une interview accordée à Euronews.
S'adressant à Europe Today mardi, ses commentaires font suite à l'ordre donné dimanche par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu d'étendre une opération militaire le long de la frontière nord d'Israël.
Les autorités libanaises ont prévenu que l'opération pourrait entraîner la saisie de nouvelles terres, la décrivant comme une "invasion et une occupation" de leur territoire.
Les combats se sont intensifiés dans le sud du Liban depuis le début de la guerre israélo-américaine contre l'Iran, le Hezbollah tirant des roquettes sur Israël en réponse aux attaques contre Téhéran.
Benjamin Netanyahu a déclaré que le statut de la frontière nord d'Israël avec le Liban devait changer "fondamentalement", plusieurs ministres israéliens suggérant qu'une zone tampon pourrait être étendue jusqu'au fleuve Litani, ce qui reviendrait à annexer de fait le territoire libanais.
Adel Nassar a reconnu que le Liban était confronté à des risques internes et externes, en faisant référence au Hezbollah, et a qualifié la situation de "dramatique".
Il a déclaré : "Notre position est très difficile car, d'une part, il y a les attaques israéliennes et, d'autre part, le Hezbollah qui sape l'État. Des deux côtés, nous devons déployer tous les efforts et prendre des décisions irrévocables pour sauver le Liban".
Au début du mois, le Liban a interdit les opérations militaires du Hezbollah alors que les tensions s'intensifiaient. Adel Nassar a déclaré que son gouvernement avait clairement indiqué qu'il rejetait l'utilisation du territoire libanais comme rampe de lancement pour l'Iran ou ses mandataires contre Israël.
Il a ajouté : "Le Hezbollah conserve des infrastructures militaires, ce qui est contraire à la volonté du gouvernement libanais et à la loi. Nous refusons que le Liban soit utilisé comme une base militaire pour l'Iran".
Il a également exhorté Israël à répondre à l'appel à la négociation lancé par le président libanais Joseph Aoun, avertissant que de nouvelles incursions pourraient avoir un "impact dramatique sur la population civile" déjà exposée au risque de déplacement et de malnutrition.
"Nous sommes confrontés au déplacement de plus d'un million de personnes", a-t-il déclaré, soulignant la fragilité de l'économie libanaise et les ressources limitées dont dispose le pays pour faire face à la crise des migrants.
"Ce qu'Israël impose au Liban est dramatique, et nous devons déployer tous les efforts possibles pour mettre fin à ces attaques", a-t-il ajouté. "Nous sommes également confrontés à un parti politique dont l'infrastructure militaire sape la capacité de notre État à réagir sur le plan diplomatique. Nous devons prendre des décisions irrévocables pour sauver le Liban".
Retrouvez l'intégralité de cette interview dans l'émission Europe Today, à partir de 8h CET en semaine sur Euronews, et sur toutes les plateformes.
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