Le mémorandum prévoit des échanges d'informations sur la technologie militaire entre les entreprises israéliennes et italiennes, ainsi que d'autres formes de coopération militaire. Les relations entre les deux pays se sont détériorées récemment en raison des attaques contre les troupes de l'Unifil.
Giorgia Meloni a annoncéle gel temporaire du mémorandum de défense avec Israël.
"Le gouvernement, compte tenu de la situation que nous connaissons, a décidé de suspendre le renouvellement de l'accord de défense avec Israël", a déclaré la première ministre lors d'un point de presse à Vinitaly, le salon international du vin qui se tient actuellement à Vérone.
Le mémorandum militaire entre Rome et Tel Aviv avait été renouvelé automatiquement jusqu'en 2031 ce lundi 13 avril.
Le mémorandum, signé en 2003, prévoit l'échange d'informations génériques entre l'armée italienne et les forces de défense israéliennes, ainsi que la réglementation de lacoopération dans les secteurs liés à la technologie militaire ou à double usage entre les entreprises du secteur.
Le président américain Donald Trump a réagit à l'annonce dans le quotidien italien Corriere de la Sera, fustigeant la décision de Giorgia Meloni. Les deux dirigeants affichaient pourtant leur alliance. "Je suis sous le choc. Je pensais qu'elle avait du courage, mais je me suis trompé," a-t-il critiqué. Trump et Meloni se sont également mutuellement critiqués suite aux remarques du président américain concernant le pape Léon XIV.
Tensions et embarras entre deux partenaires méditerranéens
Des groupes de juristes et des membres de l'opposition italienne demandent depuis longtemps larévocation du Mémorandum entre les deux pays méditerranéens. Le gouvernement Meloni semble avoir choisi une solution intermédiaire comme la suspension du renouvellement automatique, une mesure qui n'est pas aussi radicale que la révocation.
La situation à Gaza et les opérations militaires de l'armée israélienne au Liban ont créé un embarras politique croissant au sein du gouvernement italien, qui a toujours été récalcitrant à exprimer ses préoccupations concernant les événements à Gaza, en Cisjordanie et au Liban, même par rapport à nombre de ses partenaires européens.
Cependant, tout récemment, le ton du gouvernement italien à l'égard des bavures opérationnelles de l'armée israélienne s'est progressivement adouci, notamment en raison de plusieurs attaques contre les Casques bleus de la mission Unifil dans le sud du Liban.
Le 8 avril, des unités de l'armée israélienne ont tiré des coups de semonce sur un convoi de soldats italiens, endommageant un véhicule militaire qui a dû retourner à sa base.
Suite à cet incident, le ministre des Affaires étrangères Antonio Tajani a convoqué l'ambassadeur d'Israël à Rome pour lui faire comprendre qu'"Israël n'a pas l'autorité de 'toucher aux troupes italiennes'". Le chef de la diplomatie à Rome a également protesté contre la violation du mandat de l'ONU réglementant l'envoi de Casques bleus au Sud-Liban.
Le lundi 13 avril, le gouvernement italien a convoqué à son tour l'ambassadeur d'Italie pour protester contre la condamnation des bombardements israéliens par Antonio Tajani, en visite à Beyrouth le même jour.