En visite en Chine pour la quatrième fois en trois ans, le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a exprimé son soutien à une implication accrue de la Chine dans l'ordre mondial.
Le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a défendu mardi à Pékin le rôle de la Chine en tant qu'acteur clé de la stabilité internationale et de la recherche de la paix au Moyen-Orient, tout en annonçant un paquet de 19 accords bilatéraux pour renforcer les relations économiques entre les deux pays.
Lors d'une conférence de presse organisée à l'issue de sa rencontre avec le président chinois Xi Jinping, Pedro Sánchez a confirmé l'ouverture d'un "dialogue stratégique" avec Pékin et a appelé la Chine à considérer l'Espagne et l'Europe comme des "partenaires" avec lesquels investir et coopérer.
Parmi les accords annoncés, plus d'une dizaine sont liés à la sphère économique, dans le but de stimuler les relations commerciales entre les deux nations.
Le dirigeant espagnol a insisté sur le caractère pro-européen de la politique étrangère espagnole et sur la nécessité pour l'Union européenne d'aborder ses relations avec la Chine de manière pragmatique.
"L'Espagne est un pays profondément pro-européen", a-t-il déclaré, avant de défendre l'idée qu'il est possible de renforcer les liens avec Pékin tout en défendant les intérêts européens et l'ordre international.
Lors de la conférence de presse, Pedro Sánchez a en revanche refusé de réagir à la décision du juge Juan Carlos Peinado, qui a décidé de poursuivre Begoña Gómez, l'épouse du Premier ministre, pour des délits présumés de trafic d'influence, de corruption dans les affaires, de détournement de fonds publics et de concussion.
"Comme je l'ai toujours dit, ce que je demande à la justice, c'est qu'elle rende justice. La justice doit rendre la justice. Et comme je suis convaincu que le temps mettra tout et tout le monde à sa place, eh bien...", a-t-il répondu lorsqu'il a été interrogé à ce sujet. "Je n'ai pas besoin d'en dire plus".
Xi Jinping appelle à un cessez-le-feu "global et durable" au Moyen-Orient
Pedro Sánchez a également profité de son apparition pour appeler à une plus grande implication de la Chine dans l'ordre mondial et dans la résolution des grands conflits qui secouent actuellement le monde.
Cette déclaration a coïncidé avec le message lancé par Xi Jinping lui-même au cours des dernières heures. Le président chinois a appelé à un cessez-le-feu "global et durable" au Moyen-Orient, affirmant que la solution à la crise doit être trouvée par des moyens politiques et diplomatiques.
Xi Jinping a défendu le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale des pays de la région et a mis en garde contre l'utilisation sélective du droit international, affirmant qu'il ne peut être appliqué "quand cela convient et rejeté quand cela ne convient pas".
Le dirigeant chinois a également mis en garde contre le risque de voir la "loi du plus fort" prévaloir dans le système international, une expression qu'il a également utilisée lors de sa rencontre avec Pedro Sánchez.
Premier jour de Pedro Sánchez en Chine
La conférence de presse de ce mardi s'inscrit dans la continuité de l'agenda chargé que Pedro Sánchez a mis en œuvre lors de sa première journée officielle en Chine.
Lundi, le président s'est exprimé à l'université de Tsinghua, où il a défendu la nécessité de construire des relations commerciales "équilibrées et réciproques" entre la Chine, l'Espagne et l'Union européenne.
Lors de son discours, Pedro Sánchez a préconisé d'aborder le nouveau contexte international comme une "multiplication des pôles" de pouvoir et de prospérité, et non comme un simple relais d'hégémonies.
"La proposition de l'Espagne est claire : construire une relation basée sur le respect mutuel", a-t-il déclaré, préconisant de coopérer "autant que possible", de rivaliser "lorsque c'est nécessaire" et de gérer les différences de manière responsable, selon un communiqué publié par la Moncloa.
Le chef du gouvernement espagnol a également défendu un multilatéralisme renouvelé, avec des réformes de l'ONU reflétant mieux l'équilibre actuel des pouvoirs, et a appelé à une plus grande implication des grandes puissances dans les défis mondiaux tels que le changement climatique, l'intelligence artificielle et le contrôle des arsenaux nucléaires.
Selon Madrid, cette nouvelle visite de Pedro Sánchez à Pékin vise à positionner l'Espagne comme un interlocuteur fiable entre l'Europe et la Chine dans un contexte international de plus en plus fragmenté.