Les condamnations internationales pleuvent après qu'un ministre "faucon" israélien a partagé une vidéo de militants d'une flottille humanitaire à destination de Gaza, ligotés et à genoux après avoir été interpellés.
La France a annoncé mercredi avoir convoqué l'ambassadeur d'Israël pour dénoncer les « agissements inacceptables » du ministre de la Sécurité nationale d'extrême droite, Itamar Ben Gvir, qui a diffusé une vidéo le montrant aux côtés de militants d'une flottille à destination de Gaza, ligotés et à genoux après avoir été interpellés.
« J'ai demandé que l'ambassadeur d'Israël en France soit convoqué afin d'exprimer notre indignation et d'obtenir des explications », a déclaré le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur X.
« La sécurité de nos compatriotes est une priorité constante. Quoiqu'on pense de cette flottille - et nous avons indiqué à plusieurs reprises notre désapprobation de cette démarche -, nos compatriotes qui y participent doivent être traités avec respect et libérés dans les plus brefs délais », a conclu le locataire du quai d'Orsay.
Peu avant, la convocation semblable de l’ambassadeur israélien a été annoncée par le ministre italien des Affaires étrangères Antonio Tajani.
« Ce qui ressort de la vidéo du ministre Ben Gvir est absolument inacceptable et contraire à toute protection élémentaire de la dignité humaine. En accord avec la présidente du Conseil, j’ai fait convoquer immédiatement à la Farnesina l’ambassadeur d’Israël en Italie », a lancé sur X le vice-président du Conseil des ministres d'Italie.
Ben-Gvir a publié sur X une vidéo tournée à Ashdod montrant plusieurs activistes agenouillés, le visage contre terre, les mains liées et entourés par des agents de sécurité.
Les autorités israéliennes ont lancé dans ce port méditerranéen les opérations de débarquement des 430 activistes de la flottille Global Sumud, la mission maritime en direction de Gaza avec à bord des activistes pro-palestiniens.
« Bienvenue en Israël, nous sommes les maîtres des lieux, Israël vit ! », déclare Ben-Gvir dans la vidéo en s’adressant aux activistes, tandis que certains agents ajoutent : « Ne vous inquiétez pas pour leurs cris. »
Indignation générale
Des responsables à travers l'Europe ont condamné avec véhémence le traitement infligé par Israël aux militants arrêtés lors d'une flottille humanitaire à destination de Gaza, après la diffusion par un haut ministre israélien d'une vidéo les montrant ligotés et contraints de s'agenouiller.
La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a exigé la libération immédiate de tous les citoyens italiens détenus et a réclamé des excuses de la part d'Israël.
« Il est intolérable que ces manifestants, parmi lesquels figurent de nombreux citoyens italiens, soient soumis à un tel traitement, qui constitue une atteinte à la dignité humaine », a-t-elle déclaré dans un communiqué, en référence à la vidéo publiée par Ben Gvir.
« L'Italie exige également des excuses pour le traitement infligé à ces manifestants et pour le mépris total des demandes explicites du gouvernement italien », a ajouté la cheffe de file de l'extrême droite italienne.
Le chef de la diplomatie espagnole a qualifié de « monstrueux » le traitement réservé aux militants.
« Ce traitement est monstrueux, honteux et inhumain », a déclaré le ministre des Affaires étrangères José Manuel Albares à Berlin dans un message vidéo transmis aux médias, ajoutant que le chargé d'affaires d'Israël à Madrid avait été convoqué en signe de protestation.
Parallèlement, la ministre irlandaise des Affaires étrangères, Helen McEntee, s'est dite « consternée et choquée » par la vidéo.
Elle a exigé la libération immédiate des militants « détenus illégalement » après la publication par le ministre israélien de la Sécurité d'une vidéo montrant des dizaines de personnes agenouillées, les mains liées et le front au sol. Parmi les détenus figure la sœur de la présidente irlandaise, Catherine Connolly.
Le ministère portugais des Affaires étrangères a quant à lui déclaré « condamner la conduite intolérable du ministre israélien Ben Gvir et le traitement infligé aux militants de la flottille ».
« Lors de la convocation du chargé d'affaires israélien au ministère des Affaires étrangères, prévue cet après-midi, outre la demande de libération, la manifestation et les demandes d'éclaircissements déjà annoncées, cette grave violation des droits des citoyens concernés sera également abordée », a indiqué la diplomatie portugaise dans un communiqué publié sur X.
Ben Gvir critiqué également en Israël
La publication de cette vidéo a suscité une vive réprobation du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.
« La manière dont le ministre Ben Gvir a traité les activistes de la flottille est contraire aux valeurs et aux normes d'Israël. J'ai ordonné aux autorités compétentes d'expulser les provocateurs (activistes) au plus vite », a déclaré Netanyahu dans un communiqué.
Ben Gvir a également été critiqué par le ministre des Affaires étrangères de l’État hébreu, Gideon Sa'ar.
« Vous avez sciemment porté atteinte à l'image de notre État par cette mise en scène honteuse, et ce n'est pas la première fois. Vous avez anéanti les efforts considérables, professionnels et fructueux déployés par tant de personnes, des soldats de Tsahal au personnel du ministère des Affaires étrangères, et bien d'autres. Non, vous ne représentez pas Israël », a déclaré Sa'ar dans une publication sur X.
La flottille mondiale Sumud a appareillé de Turquie la semaine dernière, dernière tentative en date d'activistes pour forcer le blocus israélien du territoire palestinien, après l'interception d'un précédent convoi par les forces israéliennes le mois dernier.
Les autorités israéliennes ont déclaré que 430 activistes à bord de la flottille étaient en route vers Israël, tandis que l'organisation de défense des droits humains Adalah a affirmé que certains étaient déjà arrivés au port d'Ashdod et y étaient retenus.
Israël contrôle tous les points d'entrée de Gaza, territoire soumis à un blocus israélien depuis 2007.
Durant la guerre de Gaza, déclenchée par l'attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023, le territoire a subi de graves pénuries de nourriture, de médicaments et d'autres produits de première nécessité, Israël interrompant parfois totalement l'acheminement de l'aide humanitaire.