José Luis Rodríguez Zapatero a été mis en examen pour blanchiment d'argent dans le cadre de l'enquête sur le plan de sauvetage Plus Ultra, qui vise à déterminer si 53 millions d'euros d'aides publiques ont pu être utilisés pour acheminer des fonds illicites.
L'ancien Premier ministre espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, qui a exercé ses fonctions entre 2004 et 2011, a été convoqué pour témoigner devant l'Audiencia Nacional dans le cadre d'une enquête pour des délits présumés de blanchiment d'argent, de trafic d'influence, d'organisation criminelle et de faux documents dans le cadre de l'affaire Plus Ultra. Sa comparution est prévue le 2 juin.
Cette affaire concerne le sauvetage public controversé de 53 millions d'euros accordé en 2021 à la compagnie aérienne Plus Ultra Líneas Aéreas lors de la pandémie de COVID-19, une opération qui a fait l'objet de critiques et de plusieurs enquêtes pour de possibles irrégularités dans l'utilisation des fonds publics.
Les enquêtes menées ces derniers mois par l'Unité de lutte contre la délinquance économique et fiscale (UDEF) de la police nationale indiquent une possible implication de Zapatero dans la perception de commissions irrégulières et dans le maniement de fonds d'origine illicite, selon des sources proches de l'enquête, comme l'ont indiqué les médias locaux.
Dans ce contexte, l'UDEF a lancé mardi une nouvelle opération qui, selon plusieurs médias, est toujours en cours. C'est la première fois qu'un ancien Premier ministre espagnol fait l'objet d'une enquête pour corruption présumée dans l'ère démocratique espagnole.
La convocation a été acceptée par le juge José Luis Calama, chef du tribunal central d'instruction numéro 4 de l'Audience nationale, bien que l'origine de l'affaire remonte à la première procédure sur Plus Ultra initiée au tribunal d'instruction numéro 15 de Madrid.
Le Parti populaire demande des explications
Le Parti populaire a exigé des explications urgentes de la part de l'actuel Premier ministre, Pedro Sánchez, après avoir pris connaissance de la convocation de Zapatero.
Dans une publication sur X, le secrétaire général du premier parti d'opposition, Miguel Tellado, affirme qu'"il ne s'agit pas seulement de l'ancien Premier ministre, mais aussi du principal conseiller de M. Sánchez" et exhorte le gouvernement à "donner des explications dès maintenant".
Cette nouvelle intervient au milieu d'une tempête politique pour le chef du gouvernement espagnol, qui est déjà confronté à plusieurs scandales de corruption. Parmi eux, l'affaire dite Koldo, une enquête judiciaire sur des irrégularités présumées dans l'attribution de marchés publics pendant la pandémie, qui touche d'anciens fonctionnaires liés au ministère des Transports.
À cela s'ajoute l'affaire qui touche son entourage le plus proche, avec l'enquête ouverte sur son épouse, Begoña Gómez, pour ses activités professionnelles et d'éventuels conflits d'intérêts. Ces deux affaires ont intensifié la pression politique sur le gouvernement de Pedro Sánchez ces derniers mois et ont alimenté les critiques de l'opposition, qui exige des explications et une plus grande transparence.