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L’UE va examiner les garanties de droits humains pour les centres de retour, selon Chypre

Le vice-ministre chypriote de la Migration et de la Protection internationale, Nicholas Ioannides, lors d’un entretien avec Euronews, mercredi 3 juin 2026
Le vice-ministre chypriote de la Migration et de la Protection internationale, Nicholas Ioannides, lors d’un entretien avec Euronews, mercredi 3 juin 2026 Tous droits réservés  Euronews
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Par Mared Gwyn Jones
Publié le
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Le ministre Nicholas Ioannides annonce que l’UE adoptera des « mesures plus concrètes » pour protéger les droits des demandeurs d’asile déboutés après l’aval donné aux centres d’expulsion dans des pays tiers.

Les pays de l'Union européenne qui enverront des demandeurs d'asile déboutés dans des centres d'expulsion situés dans des pays tiers devront envisager des garanties « plus concrètes » en matière de droits humains, a déclaré à Euronews le vice-ministre chypriote aux Migrations, Nicholas Ioannides.

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Ses déclarations interviennent quelques jours après que l'Union a approuvé de nouvelles mesures d’ampleur visant à accélérer les retours de migrants, dans le cadre d'une réforme plus large saluée comme le tournant le plus radical de la politique migratoire européenne depuis des décennies.

« Nous ne voulons pas punir ces personnes », a déclaré le ministre Ioannides à l’émission d’entretiens d’Euronews 12 Minutes With. « Nous voulons simplement nous assurer que ceux qui n’ont pas le droit de rester dans l’Union européenne partiront. »

Les nouvelles règles permettront aux États membres de l’UE de conclure des accords bilatéraux avec des pays tiers pour y accueillir, sur leur territoire, des migrants à qui l’asile a été refusé dans l’UE, au sein de « centres de retour ». Les détracteurs dénoncent une mesure qui mettrait en péril les droits fondamentaux.

« Le respect des droits humains est une ligne rouge pour tout le monde. Nous ne voulons aucune violation du droit de l’UE ni du droit international », a déclaré le ministre, ajoutant que des dispositions sont prévues pour que des organisations internationales, comme les agences de l’ONU pour les réfugiés et les migrations, contrôlent les conditions dans les centres de retour.

Interrogé sur l’existence de plans prévus par l’UE au cas où les droits fondamentaux des migrants seraient bafoués, le ministre Ioannides a répondu : « Des garde-fous figureront dans les accords conclus entre les États membres et les pays tiers accueillant de tels centres, qui préciseront en détail ce qui doit se passer en cas de violation des droits humains. »

Mais le ministre reconnaît qu’à ce stade, les pays de l’UE ne font que « discuter de pistes ».

« Maintenant que le règlement a été adopté, nous allons commencer à nous pencher sur la question afin d’adopter des mesures plus concrètes », a-t-il ajouté.

Les mineurs suscitent des inquiétudes

Les mineurs non accompagnés ne seront pas envoyés dans les centres de retour au titre des nouvelles règles, mais les enfants accompagnés de leur famille pourront y être transférés.

Interrogé sur la façon dont l’UE entend protéger ces mineurs contre d’éventuels abus, le ministre a indiqué que « l’intérêt supérieur de l’enfant » serait pris en compte avant de décider d’envoyer une famille avec de jeunes enfants dans un centre de retour.

Le taux de migrants en situation irrégulière qui, bien qu’ayant reçu l’ordre de quitter l’UE pour leur pays d’origine, ne le font pas s’élève en moyenne à 27 % dans l’ensemble du bloc.

Tout en reconnaissant qu’une partie du problème vient du refus de certains pays d’origine de reprendre leurs ressortissants, le ministre Ioannides affirme aussi que certains ressortissants de pays tiers « ne coopèrent pas avec les États membres » lorsqu’il s’agit de leur rapatriement.

« Le nouveau règlement prévoit des mesures destinées à exercer une pression sur les individus afin qu’ils coopèrent avec les États membres », a expliqué Ioannides.

« Par exemple, il y aura des règles de détention strictes et des interdictions d’entrée plus longues qui les pousseront, pour le dire ainsi, à coopérer avec les États membres et à accepter leur rapatriement. »

Le gouvernement chypriote, qui assure la présidence semestrielle tournante du Conseil de l’UE, a fait du durcissement des lois migratoires du bloc l’une de ses priorités.

Le ministre décrit les règles sur les retours de migrants comme la « pièce manquante » de la vaste refonte des règles migratoires de l’UE, connue sous le nom de Pacte européen sur la migration et l’asile, qui entrera en vigueur la semaine prochaine.

Vous pouvez regarder l’intégralité de l’entretien avec le ministre Nicholas Ioannides mercredi 3 juin à 21 h 15 (heure d’Europe centrale).

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