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Pas de chambre d'hôtel pour les Juifs ? La justice enquête sur un cas d'antisémitisme en Bavière

Les actes antisémites augmentent : un hôtel en Bavière au centre de l’attention.
Crimes antisémites en hausse: un hôtel en Bavière au centre de l’attention Tous droits réservés  Copyright 2023 The Associated Press. All rights reserved
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Par Franziska Müller
Publié le
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Une réponse présumée antisémite à la demande de réservation de voyageurs israéliens occupe désormais le ministère bavarois de la Justice : un hôtel aurait répondu qu’il ne logeait « aucun Juif ». Des enquêteurs examinent un possible délit d’incitation à la haine.

Un voyageur israélien a voulu réserver un hôtel en Bavière mais sa demande a été rejetée. Motif invoqué, selon une capture d'écran qui circule sur les réseaux sociaux : il aurait été refusé en raison de son origine juive. L'affaire est désormais examinée par la justice et la plateforme Booking.com a retiré l'hôtel de sa liste.

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Il s'agit d'un incident antisémite qui, selon les autorités, se produit de plus en plus souvent. En 2024, les infractions antisémites ont atteint un nouveau record, selon l'Office fédéral de la police criminelle (Bundeskriminalamt (source en allemand)) : 6 236 faits ont été recensés, dont 173 actes de violence.

Réponse antisémite d'un hôtel bavarois

La consule générale d'Israël pour le sud de l'Allemagne se dit indignée. « Sommes-nous de retour dans les années 1930 ? Un hôtel a répondu ce qui suit à un Israélien : 'Sorry, there are no Jews allowed in our hotel' », a écrit Talya Lador (source en allemand) sur la plateforme X. Elle ajoute se réjouir que l'opérateur Booking.com ait banni cet établissement de son site.

Le professeur munichois Guy Katz se dit lui aussi choqué, comme il l'a raconté dans un message publié sur LinkedIn (source en allemand). Selon lui, l'explication donnée par la suite a été la suivante : « On était débordé en raison de nombreuses réservations erronées », écrit-il. Katz reconnaît d'ailleurs qu'un courriel peut devenir impoli sous l'effet du stress. « Je peux oublier une formule de salutation. Je peux répondre trop brièvement », explique-t-il.

Mais selon lui, la réponse de l'hôtel ne s'explique pas par le stress, mais par l'antisémitisme : « Il doit d'abord apparaître dans la tête. Ou il était déjà enfoui au plus profond. Et c'est bien là le problème. Pas en 1938. Pas quelque part sur Internet. Hier. En Bavière », souligne Katz.

Un contexte complexe

La plateforme de réservation sur laquelle l'hôtel était référencé a également réagi rapidement et a retiré l'établissement bavarois de son offre. Selon les médias, l'hôtel aurait d'abord nié les faits. Il a toutefois fini par admettre qu'un employé était responsable de l'envoi du message. Une lettre a été adressée tant à la famille concernée qu'à la Chancellerie d'État de Bavière. L'hôtel a en outre proposé à la famille israélienne un séjour gratuit d'une semaine.

L'affaire a, selon les informations disponibles, été transmise au ministère bavarois de la Justice, où elle doit être examinée avec l'aide du délégué à la lutte contre l'antisémitisme. Il pourrait notamment être question du délit d'incitation à la haine, au sens de l'article 130 du code pénal. On ignore encore si une procédure judiciaire sera engagée.

Un autre récit (source en allemand) condamne lui aussi les propos de l'hôtel, mais son auteur affirme avoir parlé avec les propriétaires. D'après lui, cet établissement, exploité par la même famille depuis 120 ans, est actuellement confronté à de nombreuses réservations frauduleuses. Comme la réservation de la famille israélienne aurait été la première en provenance d'un pays hors de l'Union européenne, la réception aurait soupçonné un nouveau cas de fraude.

Incitation à la haine : une condamnation en justice

Dans une autre affaire, un jugement vient d'être rendu. En septembre 2025, un commerçant de Flensburg avait affiché dans sa vitrine un papier sur lequel on pouvait lire : « Les Juifs ont interdiction d'entrer ». Ce n'est qu'à l'arrivée de la police que le commerçant a retiré l'affichette, avant de la remettre à l'intérieur du magasin.

Il vient d'être condamné par le tribunal d'instance local pour incitation à la haine à une peine de six mois de prison avec sursis et au versement de 1 200 euros à la KZ-Gedenkstätte, le mémorial du camp de concentration de Ladelund, dans le district de Nordfrise (Nordfriesland). Selon le tribunal, l'accusé a attisé la haine. Son geste était de nature à troubler la paix sociale.

Les incidents antisémites augmentent fortement

Même si l'affaire de l'hôtel bavarois n'est pas encore entièrement élucidée, un constat s'impose : depuis l'attaque terroriste contre Israël du 7 octobre 2023 et la riposte israélienne, le nombre d'infractions antisémites a fortement augmenté ces dernières années, et plus encore depuis le début de la guerre dans la région du Golfe impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran.

En 2024, un nouveau pic a été atteint ; au premier semestre 2025, les autorités ont déjà recensé 2 044 infractions antisémites, dont 50 actes de violence. Les données complètes pour l'année écoulée ne sont pas encore disponibles.

La menace est également très perceptible pour les communautés juives, comme le montre une étude publiée en janvier 2026 par le Conseil central des Juifs en Allemagne.

Après l'« augmentation explosive » des incidents antisémites à la suite du 7 octobre, une « nouvelle normalité » s'est installée, a déclaré le président du Conseil central des Juifs en Allemagne, Josef Schuster, en commentant les résultats de l'étude. En outre, 62 % des communautés juives interrogées estiment que leur situation en matière de sécurité s'est encore détériorée depuis le début de la guerre avec l'Iran. Elles disent ne pas se sentir suffisamment soutenues par les autorités.

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