Cet amendement qui prévoit de plafonner à huit ans, consécutifs ou non, empêchant de fait le retour de Viktor Orban.
Les parlementaires hongrois ont voté à une écrasante majorité, lundi 15 juin, l’inscription dans la Constitution d’une limite de huit ans pour l’exercice de la fonction de Premier ministre.
Le texte a été voté à une écrasante majorité à 135 voix pour, 50 contre et six abstentions, grâce à la majorité dont dispose le parti Tisza au Parlement du nouveau Premier ministre Péter Magyar.
Élu à cinq reprises jusqu’à présent, l'ex-Premier ministre nationaliste Viktor Orbán ne pourra plus redevenir chef du gouvernement.
La modification de la loi permet également de supprimer l’Autorité de protection de la souveraineté, qui assurait les fonctions de contrôle prévues par la "loi sur les agents étrangers" du gouvernement Orbán, ainsi que les fondations de gestion d’actifs d’utilité publique plaçant les universités sous la tutelle de curateurs proches du parti de l'ex-Premier ministre, le Fidesz.
Ces dernières semaines, Péter Magyar a répété à plusieurs reprises que la Loi fondamentale serait modifiée et que le parti Tisza, qui dispose d’une majorité des deux tiers, n’engagerait qu’ultérieurement un processus constituant plus large, étalé sur plusieurs années.
Arrivé au pouvoir en mai après une large victoire, le Premier ministre a expliqué que cette réforme constitue l’un des éléments centraux de son programme visant à "rétablir l’Etat de droit" en rééquilibrant les institutions. Elle est présentée par le gouvernement comme une manière d'éviter toute reproduction d'un pouvoir centralisé et durable.
Le parti Tisza a également supprimé une phrase de la Constitution qui évoquait un "organe indépendant chargé de veiller à la sauvegarde" de l’identité du pays. L'objectif est d'éviter que ne soit déclarée anticonstitutionnelle une loi visant à supprimer prochainement l'Office de protection de la souveraineté.
Créée en 2024, l'agence visait principalement des ONG et des médias critiques d'Orban, accusés de servir des intérêts étrangers. Le Parlement doit se prononcer sur un projet de loi prévoyant sa dissolution fin juin.
Péter Magyar a également promis l’adoption à venir d’une nouvelle Constitution, qui devrait être validée par référendum.