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Au moins 58 États et territoires contaminés par des mines, selon le chef des droits humains de l’ONU

Une mine antipersonnel soviétique POMZ-2M est détectée dans un champ de mines à Siem Reap, le 10 juin 2025
Une mine antipersonnel POMZ-2M de fabrication soviétique est détectée dans un champ de mines à Siem Reap, le 10 juin 2025 Tous droits réservés  AP Photo
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Par Gavin Blackburn & Alexander Kazakevich
Publié le Mis à jour
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De son côté, une source au Quai d'Orsay a assuré, à euronews, que "la France considère toujours... que les enjeux humanitaires associés à l’utilisation de mines antipersonnel dépassent les enjeux de sécurité invoqués".

Au moins 58 États et territoires sont contaminés par des mines antipersonnel, a déclaré mardi le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, avec de lourdes pertes civiles au Myanmar, en Syrie, en Afghanistan et en Ukraine.

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« Il est profondément préoccupant que, près de 30 ans après l’adoption de la Convention sur l’interdiction des mines antipersonnel, ces armes explosives continuent de tuer et de blesser des personnes, souvent des décennies après avoir été posées », a déclaré Volker Türk dans un communiqué.

« Il est essentiel que tous les États renouvellent leur engagement à mettre fin à la production, à l’utilisation et au transfert de ces armes, et redoublent d’efforts pour coopérer au déminage des zones déjà minées. »

Türk a rédigé un rapport (source en anglais) sur la situation, en s’appuyant sur des informations provenant de gouvernements, d’ONG, d’organisations humanitaires et de la société civile.

Selon celui-ci, au moins 945 personnes ont été tuées et 4 325 blessées par des mines et des restes explosifs de guerre pour la seule année 2024, en citant l’Observatoire des mines et des sous-munitions.

« Parmi les victimes dont le statut – civil ou militaire – était connu, les civils représentaient environ 90 % de l’ensemble des pertes enregistrées en 2024 », indique le rapport.

Les États comptant le plus grand nombre de victimes en 2024 étaient le Myanmar, avec 2 029 cas, la Syrie avec 1 015, puis l’Afghanistan avec 624, suivis de l’Ukraine, du Nigeria, du Mali, du Yémen et du Burkina Faso, qui ont chacun enregistré plus de 200 victimes.

Dans un autre communiqué, la Campagne internationale pour interdire les mines antipersonnel (en anglais) a indiqué que les mines et restes explosifs de guerre, y compris les armes à sous-munitions, avaient tué ou blessé plus de 5 000 personnes en 2025, là encore en très grande majorité des civils.

Le bureau de Türk a souligné que les enfants représentent plus de 40 % de l’ensemble des victimes civiles de mines antipersonnel recensées depuis 1999.

Outre les morts et les mutilations qu’elles provoquent, les mines antipersonnel transforment des régions entières en zones interdites, a ajouté son bureau, entravant l’exercice des droits, prolongeant les déplacements forcés et empêchant l’utilisation des terres à des fins agricoles.

Un Syrien qui a perdu une jambe dans l’explosion d’une mine alors qu’il récoltait des olives marche devant chez lui à Qaminas, le 9 avril 2025
Un Syrien qui a perdu une jambe dans l’explosion d’une mine alors qu’il récoltait des olives marche devant chez lui à Qaminas, le 9 avril 2025 AP Photo

Si la Convention d’Ottawa sur l’interdiction des mines antipersonnel compte 162 États parties, Türk a fait remarquer que d’autres pays disposant de stocks importants n’y ont pas encore adhéré.

L’Estonie, la Finlande, la Lettonie, la Lituanie et la Pologne se sont récemment retirées du traité et l’Ukraine en suspend l’application.

Contacté à ce sujet par euronews pour notre article sur les mines antipersonnel, le Quai d’Orsay a déclaré :

"Dans un contexte où de nombreux pays réévaluent la pertinence de la norme d’interdiction des mines antipersonnel, consacrée par la convention d’Ottawa, la France considère toujours, pour sa part, que les enjeux humanitaires associés à l’utilisation de mines antipersonnel dépassent les enjeux de sécurité invoqués".

"La Russie est la première responsable cette évolution regrettable. Ces retraits sont dictés, et officiellement justifiés, par le contexte sécuritaire et la perception de la menace russe. Non partie à la convention, la Russie emploie extensivement des mines antipersonnel en Ukraine, notamment de manière offensive (positionnées derrière les lignes ukrainiennes via des lanceurs pour empêcher leur repli) et dans des zones civiles pour empêcher le retour des populations, en violation flagrante des principes fondamentaux du droit international humanitaire, mais aussi du 2ème protocole additionnel à la convention sur certaines armes classiques (à laquelle elle est partie)".

"Nous poursuivons nos efforts dans les échanges avec ces pays, en les incitant à prendre des mesures pour minimiser les conséquences de ces retraits".

« Les États qui n’ont pas encore ratifié le traité devraient le faire sans tarder, et ceux qui s’en sont retirés devraient y revenir rapidement », a déclaré Türk.

Il a salué la décision récente du Liban de rejoindre la Convention d’Ottawa, malgré la guerre entre Israël et le Hezbollah.

Selon le rapport de Türk, au cours des sept années précédant 2025, les contributions au Fonds d’affectation spéciale volontaire des Nations unies pour l’assistance à la lutte antimines ont fortement chuté, passant de 125 millions de dollars à 46 millions (de 107 millions d’euros à 39 millions).

Sources additionnelles • AFP

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