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Influenceuse, communicante et évêque : qui sont les dernières personnes sanctionnées par l’UE ?

Le drapeau européen, à gauche, flotte au Parlement européen à Strasbourg, dans l’est de la France, le 18 avril 2023
Le drapeau européen, à gauche, flotte au Parlement européen à Strasbourg, dans l’est de la France, le 18 avril 2023 Tous droits réservés  AP Photo
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Par Estelle Nilsson-Julien
Publié le Mis à jour
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Le Conseil de l’Union européenne ajoute dix personnes et une entité à sa liste de sanctions pour manipulation hybride et ingérence pro-russe.

Le Conseil de l’Union européenne a ajouté lundi 34 personnes et 47 entités à sa liste de sanctions, dont 10 personnes et une entité accusées de "diffuser de la désinformation visant à justifier, promouvoir ou légitimer la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine".

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Concrètement, leurs avoirs seront gelés et il sera interdit aux citoyens et entreprises de l’UE de leur fournir des fonds ou des ressources financières.

À première vue, les profils de certaines personnes sanctionnées, comme celui de l’influenceuse voyage russo-américaine Alexandra Jost, peuvent paraître peu conventionnelles.

Née à Hong Kong, Jost se présente sur les réseaux sociaux sous le nom de Sasha Meets Russia, où elle publie des contenus sur les traditions et la culture russes, ainsi que des vlogs de voyage.

Alexandra Jost
Alexandra Jost Réseaux sociaux, Alexandra Jost/ Sasha Meets Russia

Mais l'UE estime que, sous ce vernis en apparence inoffensif, elle distille de la propagande et des messages pro-russes, le Conseil de l’Union européenne affirmant qu’elle "s’est constitué une vaste base d’abonnés sous couvert de contenus culturels, tout en mettant l’accent sur la propagande pro-guerre et pro-Kremlin concernant l’Ukraine, et en soutenant l’establishment politique du Kremlin ainsi que les forces armées russes".

Avant même l’entrée en vigueur de ces nouvelles sanctions, YouTube et Instagram avaient pris des mesures pour fermer les comptes d'Alexandra Jost sur leurs plateformes, en mars 2025, "notamment parce qu’elle diffusait de la désinformation et soutenait les revendications territoriales néocoloniales de la Russie sur l’Ukraine ainsi que l’invasion militaire de l’Ukraine".

"Par exemple, lorsqu’elle s’est adressée au président ukrainien, Volodymyr Zelensky, elle a affirmé que la Crimée est russe et que bientôt toute l’Ukraine le serait aussi", indique le Conseil.

Le 15 juin, Alexandra Jost a réagi à ces mesures de sanctions dans une vidéo publiée sur X.

"Ils ont tout de même donné une raison intéressante pour m’avoir sanctionnée : ils ont écrit que j’ai répondu à Volodymyr Zelensky sur X et dit que la Crimée est russe et que bientôt toute l’Ukraine le serait aussi", a‑t‑elle déclaré à ses abonnés. "D’accord, où est le mensonge là-dedans ? Quel est le problème ?".

Parmi les autres éléments de langage pro-russes relayés par l'influenceuse figure sa manière de qualifier la guerre en Ukraine d’"opération militaire spéciale", et non d’invasion menée par Moscou.

À l’occasion du quatrième anniversaire de la guerre d'agression russe, Alexandra Jost a de nouveau relayé ce type de messages sur X.

"Quatre ans plus tard, il est devenu clair pour moi que ce conflit ne se limite plus à la Russie contre l’Ukraine. C’est le Bien contre le Mal. La moralité contre la décadence. C’est une guerre à la fois sur le plan physique et sur le plan spirituel", a-t-elle déclaré. "Ensemble, nous resterons forts. Pour défendre, dissuader, vaincre".

Dans d’autres publications, elle a également affirmé à tort que, contrairement à la Russie, l’Ukraine serait une dictature.

"Les gens adorent me dire que je vis dans une 'dictature'. Pourtant, le président de la Russie a été élu, contrairement à l’Ukraine voisine, où les élections sont tout simplement annulées… alors, c’est lequel le pays dictatorial, déjà ?", écrivait-elle le 26 mai.

En raison de l’invasion russe, l’Ukraine est placée sous loi martiale et, conformément à sa Constitution, le pays ne peut pas organiser d’élections tant que cet état perdure.

En avril 2025, Alexandra Jost a assuré sur Telegram qu’elle n’avait jamais été rémunérée pour parler de son amour de la Russie et s’est décrite comme une patriote.

Pourtant, selon l’UE, elle a produit des contenus tout en étant rémunérée par TV-Novosti, l’entité juridique qui chapeaute le média d’État russe Russia Today, lui-même sanctionné par l’Union européenne.

Les chaînes Instagram et YouTube de Jost ont été fermées en mars 2025, ce qui complique la diffusion de ses messages auprès des publics occidentaux.

Autres personnes sanctionnées : une spécialiste des relations publiques et un évêque

Maria Dudko, directrice de l’agence russe de relations publiques "Limitless" (Bezgranichnye), fait également partie des nouvelles personnes sanctionnées par l’Union européenne.

Contrairement à des influenceuses comme Alexandra Jost, Dudko agit en coulisses pour gérer "des influenceurs occidentaux qui reprennent les narratifs du Kremlin et les éléments de langage de la propagande pro-guerre, déstabilisant ainsi l’Ukraine et ses alliés en inondant l’espace informationnel de désinformation", selon le Conseil de l’Union européenne.

L’organisation de Maria Dudko est financée par le gouvernement russe via la Fondation présidentielle pour les initiatives culturelles, la dernière entité sanctionnée pour des opérations de manipulation et d’ingérence étrangères.

Georgiy Shevkunov, souvent présenté comme le "confesseur personnel" de Vladimir Poutine, a lui aussi été sanctionné. Évêque de l’Église orthodoxe russe, il est connu sous le nom de Tikhon Shevkunov.

Le Conseil a également indiqué que "Shevkunov diffuse systématiquement de la désinformation pro-Kremlin, notamment en affirmant l’existence d’un 'nazisme' en Ukraine. Il nie aussi la souveraineté de l’Ukraine et justifie l’invasion de l’Ukraine par la Russie comme nécessaire, défensive et voulue par Dieu".

"Par ses sermons, ses interventions médiatiques, des projets culturels financés par l’État et des collectes de fonds directes au profit des troupes russes en Crimée occupée, il promeut et facilite les actions militaires de la Russie", ajoute le Conseil.

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