Un différend entre la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le président américain Donald Trump relance le débat sur sa popularité auprès des électeurs
Une passe d'armes publique entre la présidente du Conseil italienne, Giorgia Meloni, et le président américain Donald Trump a relancé le débat sur la façon dont elle est perçue en Italie, après que Trump a affirmé qu'elle lui avait demandé à plusieurs reprises de poser pour une photo lors du sommet.
Selon Trump, Meloni aurait « supplié » d'obtenir ce cliché afin de relancer sa popularité, affirmant qu'elle n'était pas en bonne posture aux yeux des électeurs.
« Sa popularité est faible en Italie, peut-être parce qu'elle a tourné le dos aux États-Unis d'Amérique, un pays qui aime vraiment l'Italie et la protège, lorsqu'il s'est agi d'empêcher l'Iran d'obtenir ou de développer l'arme nucléaire (mais l'Otan aussi, d'ailleurs !) », a écrit Trump dans un message publié sur Truth Social.
Meloni a rejeté ces affirmations, les qualifiant d'« insensées ».
« Quant à ma popularité, le fait d'être votre amie ne l'a certainement pas aidée, et elle ne dépend en rien de ma relation avec vous », a rétorqué Meloni, suggérant au président de se préoccuper plutôt de ses propres sondages d'opinion.
Que disent réellement les derniers sondages ? Essentiellement, ils montrent que la réalité est plus nuancée.
Les enquêtes les plus récentes indiquent que le parti de Meloni, Frères d'Italie, reste la première force politique du pays. Un sondage YouTrend pour Sky TG24, publié en juin, créditait la formation de 28,6 % des intentions de vote, soit plus de sept points d'avance sur le Parti démocrate de centre gauche, à 21,5 %.
Mais les chiffres disponibles suggèrent aussi que sa popularité personnelle est plus fragile : un sondage YouGov réalisé en avril montrait que 35 % des Italiens avaient une opinion favorable de Meloni, contre 57 % une opinion défavorable.
Une autre enquête, réalisée par Ipsos et publiée en février, situait son taux d'approbation à 44 %.
Ces niveaux sont inférieurs à ceux de 2023, lorsque l'institut Pew Research avait constaté que 57 % des Italiens avaient une opinion positive de Meloni, moins d'un an après son arrivée au pouvoir.
Même si sa popularité personnelle a peut-être un peu reculé par rapport aux sommets atteints à son arrivée à la tête du gouvernement, rien n'indique pour l'heure qu'elle soit au bord d'un effondrement politique.
Le parti de Meloni continue de devancer ses principaux concurrents, et elle surpasse aussi, à titre personnel, plusieurs de ses homologues européens. Les Italiens semblent la juger plus favorablement que les Français Emmanuel Macron ou que les Allemands le chancelier Friedrich Merz, selon les sondages YouGov.
Les relations entre Trump et Meloni, longtemps considérée comme l'une des alliées les plus proches du président en Europe, se sont détériorées ces derniers mois, dans le sillage des retombées économiques de la guerre américano-israélienne en Iran et du refus de Meloni de laisser les avions américains à destination du Moyen-Orient utiliser la base aérienne située en Sicile.
Les deux dirigeants se sont également affrontés au sujet du pape Léon XIV, Meloni volant au secours du pontife après que Trump l'a jugé « laxiste en matière de criminalité et catastrophique en politique étrangère ».
« Le pape est le chef de l'Église catholique, et il est juste et normal qu'il appelle à la paix et condamne toute forme de guerre », a répondu Meloni.
Des publications trompeuses sur les réseaux sociaux
La querelle entre Trump et Meloni a également déclenché une vague de messages sur les réseaux sociaux en soutien à la dirigeante italienne, plusieurs internautes partageant des vidéos où on la voit enlacée par des partisans et acclamée par la foule.
Certains ont affirmé que ces images montraient des Italiens l'accueillant à son retour au pays après qu'elle s'était opposée à Trump.
Si ces vidéos sont authentiques, elles ont été relayées en ligne sans le moindre contexte.
Elles avaient été mises en ligne à l'origine sur les propres comptes de Meloni après sa participation au rassemblement du troisième groupe alpin de la région du Triveneto, une réunion annuelle d'anciens combattants et de bénévoles des Alpini du nord-est de l'Italie.
L'événement n'avait donc rien à voir avec la querelle avec Trump, même si Meloni y a été chaleureusement accueillie par ses partisans.