Avant le défilé, le maire de Budapest, Gergely Karácsony, et Hadja Lahbib, commissaire européenne à l’Égalité et à l’Aide humanitaire, se sont entretenus.
Le cortège s'est ouvert samedi par seize camions sonorisés, sur les plateaux desquels dansent des participants à la manifestation, tandis que les marcheurs brandissent notamment des drapeaux arc-en-ciel.
Devant le bâtiment de l’Opéra, les organisateurs avaient déployé un drapeau de l’Union européenne couvrant la chaussée, et sur l’avenue Andrássy, un drapeau arc-en-ciel recouvrait lui aussi la voie.
"L’an dernier, nous l’avons montré. Nous étions au moins 350 000 à défiler lors de la 30e Marche des fiertés de Budapest, la Marche de la liberté, pourtant “interdite”. Le pouvoir a tout fait pour nous intimider et nous dissuader, il est même allé jusqu’à nous menacer de prison, mais nous n’avons pas reculé", ont écrit les organisateurs sur la page Facebook de la Pride de cette année. "Notre amour de la liberté et notre courage ont fait reculer l’arbitraire l’an dernier. Mais cela n’a pas suffi", écrivent-ils encore, "car tant qu’une seule communauté vivra privée de ses droits en Hongrie, c’est la société tout entière qui vivra dans cette privation".
Ils ont donc appellé donc tout le monde à rejoindre la 31e Marche des fiertés. "Achevons ensemble la transition démocratique ! Laissons entrer la lumière et l’air de la liberté ! Invitez tout le monde. Il y a eu une Pride, il y a une Pride, il y aura une Pride !", écrivent-ils.
Une forte chaleur s'est abattue sur Budapest pendant l’événement, avec des températures pouvant atteindre 37 à 38 °C. Les organisateurs avaient prévu des ambulances supplémentaires et une distribution d’eau pour faire face à ces conditions extrêmes.
Avant le défilé, le maire de Budapest, Gergely Karácsony, et Hadja Lahbib, commissaire européenne à l’Égalité et à l’Aide humanitaire, se sont entretenus dans la capitale hongroise.
Hadja Lahbib a souligné que cette édition de la Pride bénéficie du soutien de plusieurs centaines de milliers de personnes issues de 36 pays. Dans son discours, la commissaire européenne a insisté sur le fait qu’elle appréciait le courage du maire Gergely Karácsony qui, l’an dernier, avait soutenu la Marche des fiertés malgré les interdictions et avait défendu fermement les droits des minorités en Hongrie.
Elle a également indiqué qu’à partir de l’an prochain, des ressources budgétaires doublées seront disponibles afin de renforcer encore la construction d’une société plus inclusive et plus démocratique.
Gergely Karácsony a déclaré que, ces derniers temps, Budapest avait été en première ligne du combat social mené pour l’acceptation et pour une Hongrie plus unie et plus juste. Selon lui, le défilé de l’an dernier a aussi enclenché certains changements. Il a rappelé qu’en avril, la Commission européenne avait conclu qu’une partie des mesures prises auparavant par le gouvernement, qui, selon lui, répondaient à des objectifs politiques et de propagande et présentaient la communauté LGBTQ sous un jour négatif aux yeux de la majorité, étaient contraires au droit de l’Union européenne.
Plus tard, Gergely Karácsony a indiqué que la justice avait mis fin à la procédure pénale engagée contre lui après la Pride de l’an dernier pour atteinte à la liberté d’association et de réunion.
Parallèlement, la Direction de la police de Budapest (BRFK) a ouvert une procédure pour dégradation contre quatre jeunes qui, dans la nuit de vendredi, ont jeté des drapeaux arc-en-ciel du pont Élisabeth dans le Danube, a indiqué la police samedi sur sa page Facebook.
Elle a précisé que les policiers les avaient interpellés en quelques minutes et que l’enquête les visant avait été confiée au commissariat du 5e arrondissement.