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Congrès contre la peine de mort : Macron déplore l'augmentation du nombre d'exécutions dans le monde

Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse dans le cadre du sommet E5 de l'OTAN à Berlin, en Allemagne, le mercredi 24 juin 2026
Emmanuel Macron s'exprime lors d'une conférence de presse dans le cadre du sommet E5 de l'OTAN à Berlin, en Allemagne, le mercredi 24 juin 2026 Tous droits réservés  Photo AP/Ebrahim Noroozi
Tous droits réservés Photo AP/Ebrahim Noroozi
Par Vincent Reynier
Publié le
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Le président français affirme que l’abolition de la peine de mort n’est "jamais acquise" et regrette que la peine capitale reste "une réalité" dans de nombreux pays.

À l'occasion du 9e congrès mondial contre la peine de mort, le président Emmanuel Macron a déploré l'augmentation du nombre d'exécutions dans le monde et les projets en faveur du rétablissement de la peine capitale dans plusieurs pays, dont Israël et plusieurs pays du Sahel.

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Le congrès, qui s'est ouvert ce mardi à la Maison de la Radio, à Paris, intervient dans "un contexte paradoxal de croissance constante du nombre d’États abolitionniste (114 États aujourd’hui), mais aussi de forte recrudescence du nombre d’exécutions", a indiqué l'Élysée.

Parmi les pays pratiquant toujours la peine de mort, la Chine, l’Iran, l’Arabie saoudite et l’Irak sont ceux qui ont procédé au plus d’exécutions en 2024, selon les statistiques de l’ONG Ensemble contre la peine de mort, qui organise le congrès.

L'année dernière, 1 639 personnes ont été exécutées en Iran, d'après l'ONG Iran Human Rights. Il s'agit du nombre d'exécutions le plus élevé dans le pays depuis 1989.

La peine de mort n’a jamais eu la valeur dissuasive que certains pouvoirs souvent autoritaires qui la défendent voudraient lui accorder. Elle peut être une arme, elle n’est jamais un bouclier
Emmanuel Macron
Président français

"La peine de mort reste encore, dans de nombreuses régions du monde, une réalité", a souligné Emmanuel Macron lors de son allocution. "Jamais les exécutions n’ont été aussi nombreuses dans les pays qui ont encore ce principe, [...] avec 2 707 personnes exécutées par les autorités de 17 pays seulement".

Le chef de l'État a également fait part de son "inquiétude" quant aux récents projets visant à rétablir la peine capitale, notamment au "Sahel ou en Israël", où "certains poussent avec des textes de loi proposés que, je l’espère, les cours suprêmes en indépendance et en conscience auront à juger".

Au moins de mars, le Parlement israélien a adopté un projet de loi qui autorise la peine de mort à l'encontre de Palestiniens reconnus coupables d'attentats "terroristes", tandis que le Burkina Faso a annoncé le rétablissement de la peine capitale dans son code pénal en décembre dernier.

"La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre"

Au contraire, Emmanuel Macron s'est félicité de l'abolition récente de la peine de mort en Zambie et au Zimbabwe, ainsi que des réformes visant à réduire le recours à la peine capitale dans d’autres pays depuis le dernier congrès mondial contre la peine de mort, qui s'est tenu à Berlin en 2022.

"Ces décisions nous rappellent qu’aucune fatalité n’attache durablement un peuple à la peine de mort et que l’abolition n’est pas un idéal lointain", a déclaré le président de la République.

Un an après la panthéonisation de Robert Badinter, l'artisan de l'abolition de la peine capitale en France, Emmanuel Macron a souligné que l’abolition de la peine de mort n’était "jamais acquis[e]".

Le cénotaphe de Robert Badinter repose à l'intérieur du Panthéon, le jeudi 9 octobre 2025 à Paris
Le cénotaphe de Robert Badinter repose à l'intérieur du Panthéon, le jeudi 9 octobre 2025 à Paris Photo AP/Christophe Ena, Pool

Pour le président français, le mouvement abolitionniste est "une bataille pour la dignité humaine et éminemment contemporaine".

"La peine de mort n’a jamais rendu une société plus sûre. Jamais. Parce qu’elle ne dissuade pas. C’est faux. Cela a été montré, observé, mesuré", a-t-il ajouté. "La peine de mort n’a jamais eu la valeur dissuasive que certains pouvoirs souvent autoritaires qui la défendent voudraient lui accorder. Elle peut être une arme, elle n’est jamais un bouclier".

Lancement de l’Alliance mondiale pour les droits de l’Homme

Lundi, à la veille du congrès, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, s’était entretenu avec le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk.

Selon le Quai d'Orsay, le ministre a rappelé, au cours de cette rencontre, "l’engagement de la France en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’Homme, partout dans le monde".

"Il a réaffirmé son plein soutien aux travaux du Haut-Commissariat, à Genève comme sur le terrain, pour documenter les violations des droits de l’Homme, lutter contre l’impunité et assurer une mise en œuvre effective du droit international des droits de l’Homme", a ajouté le ministère des Affaires étrangères.

Volker Türk s'adresse aux médias au siège du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme, à Genève, en Suisse, le mercredi 10 juin 2026
Volker Türk s'adresse aux médias au siège du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme, à Genève, en Suisse, le mercredi 10 juin 2026 Martial Trezzini/Keystone via AP

Jean-Noël Barrot a également salué le lancement par Volker Türk de l’Alliance mondiale pour les droits de l’Homme.

"Face aux attaques contre le multilatéralisme, l’ordre international et les droits de l’Homme dans ce qu’ils ont d’universel, la France s’engagera au sein de cette initiative pour porter des actions concrètes en faveur des droits fondamentaux, de la dignité humaine et de l’État de droit", a indiqué le Quai d'Orsay.

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