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Allemagne : démission de Jens Spahn, président du groupe CDU/CSU au Bundestag

Jens Spahn, alors ministre fédéral de la Santé par intérim, lors d’une conférence de presse sur le Covid-19 à Berlin, le 19 novembre 2021.
Jens Spahn, alors ministre fédéral de la Santé par intérim, lors d'une conférence de presse sur la pandémie de Covid-19 à Berlin, Allemagne, le vendredi 19 novembre 2021. Tous droits réservés  AP Photo
Tous droits réservés AP Photo
Par Nela Heidner & Euronews
Publié le Mis à jour
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Jens Spahn et son mari, Daniel Funke, avaient annoncé mercredi que leur enfant avait été porté par une mère porteuse aux États-Unis. La GPA est interdite en Allemagne.

Le président du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag, Jens Spahn, a annoncé sa démission. Dans une lettre adressée aux membres du groupe, il indique avoir au préalable informé le chancelier allemand président de la CDU, Friedrich Merz, ainsi que le chef de la CSU, Markus Söder, de sa décision.

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"J’ai informé les présidents de la CDU et de la CSU, Friedrich Merz et Markus Söder, que, par cette lettre adressée à notre groupe, je démissionne de ma fonction de président du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag", a écrit Jens Spahn.

Jens Spahn et son mari, Daniel Funke, avaient annoncé mercredi que leur enfant avait été porté par une mère porteuse aux États-Unis. Le débat est d’autant plus vif que la GPA est interdite en Allemagne et que la CDU refuse toujours sa légalisation, une position que Jens Spahn lui-même a défendue par le passé.

"Ces derniers jours, j’ai pris conscience que mon bonheur personnel, fonder une famille avec mon mari et devenir père, n’est pas compatible avec ma fonction politique", a écrit Jens Spahn.

Il poursuit : "Car le grand écart entre ma décision privée d’avoir un enfant grâce à une gestation pour autrui et l’attente légitime à mon égard en tant que président de notre groupe est devenu plus important que je ne l’avais imaginé."

Dans sa lettre, Jens Spahn a également remercié explicitement son adjoint Alexander Hoffmann ainsi que l’ensemble du bureau du groupe pour "une coopération toujours confiante et amicale". Il a aussi mentionné explicitement le chef de groupe du SPD, Matthias Miersch. La collaboration avec lui a, selon lui, "constitué un pilier de stabilité pour la coalition".

Friedrich Merz lui avait auparavant officiellement appelé à démissionner

Le chancelier fédéral Friedrich Merz avait, peu avant, demandé à Jens Spahn de quitter ses fonctions.

Selon des informations du quotidien Bild, Friedrich Merz aurait, samedi matin, téléphoné à plusieurs présidents régionaux de la CDU pour recueillir leur appréciation sur l’avenir politique de Jens Spahn. D’après ces informations, l’humeur au sein du parti à l’égard du chef de groupe était majoritairement critique.

La section locale de la CDU à Brilon, ville natale du chancelier allemand, avait auparavant appelé le président du groupe à démissionner dans une lettre ouverte.

"Dans l’intérêt de la crédibilité de notre parti ainsi que de la confiance de nos membres et de nos électeurs, nous demandons à Jens Spahn d’en tirer les conséquences politiques et de démissionner de sa fonction de président du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag", peut-on lire dans la lettre, publiée sur le site Internet de la section locale.

Dans sa lettre, la CDU de Brilon renvoie à la législation en vigueur en Allemagne ainsi qu’à la position de rejet du parti à l’égard de la gestation pour autrui (GPA). La décision personnelle de Jens Spahn se trouve "dans un rapport de tension évident" avec les convictions fondamentales que la CDU défend depuis des décennies. "Quand l’un des plus hauts représentants de notre parti recourt sciemment à des possibilités à l’étranger qui vont à l’encontre des choix de valeurs portés par le droit allemand, cela envoie un signal désastreux."

"Pour les élus locaux, qui sont quotidiennement en contact avec les citoyennes et citoyens, cette affaire a des conséquences concrètes", poursuit la lettre. "Elle complique leur travail politique et pèse sur la crédibilité du parti sur le terrain."

Éviter un débat de plusieurs mois

Le responsable CDU Wolfgang Bosbach avait lui aussi suggéré à Jens Spahn de démissionner : "J’espère que Jens Spahn épargnera à l’Union, et en particulier à la CDU, un débat de plusieurs mois sur la question : est-il encore la bonne personne à la tête du groupe ?"

Jens Spahn avait déclaré vendredi, dans un entretien à Bild, qu’il parlerait "en septembre" avec le groupe parlementaire CDU/CSU de son avenir politique.

Wolfgang Bosbach a estimé qu’il ne serait pas utile que Jens Spahn soit d’ici là confronté chaque jour à des demandes de démission, alors que le groupe ne pourrait décider de son avenir que plusieurs semaines plus tard. La première réunion ordinaire du groupe après la pause estivale du Parlement est prévue le 8 septembre, deux jours après les importantes élections régionales en Saxe-Anhalt.

Des critiques sont également venues des Églises. L’évêque régional de l’Église protestante du Wurtemberg, Ernst-Wilhelm Gohl, a rappelé l’interdiction en vigueur en Allemagne. "Lorsque, précisément, un responsable politique rend public qu’il a eu recours à la gestation pour autrui à l’étranger, cela pose aussi la question de la duplicité et de la crédibilité."

Accusation de duplicité

L’évêque catholique de Passau, Stefan Oster, s’est lui aussi montré critique. Lorsqu'"un homme politique en vue de la CDU, en matière de gestation pour autrui, enfreint sciemment les lois du pays et les lignes directrices de son propre parti dans ce domaine si important pour notre conception de l’être humain afin de satisfaire ses souhaits personnels – et qu’il se fait en plus le promoteur de la gestation pour autrui –, je considère que c’est un véritable scandale".

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