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Trois pistes pour lever le veto grec sur les nouvelles sanctions de l'UE contre la Russie

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis.
Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. Tous droits réservés  Omar Havana/Copyright 2026 The AP. Tous droits réservés
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Par Jorge Liboreiro
Publié le
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Sanctions de Bruxelles contre la Russie : Euronews explore les pistes pour sortir de l’impasse du veto grec.

La Grèce bloque la dernière salve de sanctions de l’Union européenne contre la Russie en raison de l’interdiction du gaz naturel liquéfié (GNL), qui doit entrer pleinement en vigueur en 2027.

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Cette interdiction, arrêtée l’an dernier, proscrit "l’achat, l’importation ou le transfert, direct ou indirect" de GNL "originaire de Russie ou exporté depuis la Russie". Mais la Grèce, qui abrite la plus grande flotte marchande au monde, demande la révision du texte juridique afin d’autoriser la poursuite du transport de GNL russe au-delà de la date butoir.

Le principal bénéficiaire serait Dynagas, une société spécialisée dans le transport maritime en conditions polaires, détenue par le milliardaire grec George Prokopiou. Dynagas et sa filiale ont affrété 11 navires, dont sept méthaniers brise-glace résistants à l’Arctique, pour la plus grande installation gazière russe, Yamal LNG.

Le gouvernement grec et Dynagas soutiennent que l’interdiction du GNL russe portera atteinte au secteur européen des services maritimes, détruira des emplois, renforcera les concurrents étrangers et, au final, ne parviendra pas à affaiblir la machine de guerre de Moscou.

Alors que le bras de fer se prolonge, Euronews examine trois pistes pour sortir de l’impasse.

Option 1 : Tenir bon jusqu’à la levée du veto

La frustration du reste de l’UE face à la Grèce est palpable. Les autres États membres s’indignent de cette tentative soudaine de rouvrir une décision approuvée à l’unanimité en octobre et qui n’est pas liée au paquet actuellement sur la table.

Les diplomates craignent que la réouverture du texte juridique ne crée un précédent dangereux, susceptible de déclencher une cascade de demandes similaires et d’affaiblir les sanctions de l’intérieur.

La Commission européenne, qui présentait l’an dernier l’interdiction du GNL comme une étape majeure dans la stratégie de pression, campe elle aussi sur ses positions. "L’interdiction est en vigueur et elle le restera", a déclaré lundi un porte‑parole de la Commission.

Sa ligne privilégiée consiste à résister, comme elle le fait jusqu’à présent, jusqu’à ce qu’Athènes cède et retire son veto. Ce ne serait pas la première fois qu’un État membre, de plus en plus isolé, conclut que son combat en solitaire ne vaut pas la peine d’être mené.

Pour ouvrir la voie à une sortie de crise, la Commission prépare la diffusion d’une analyse économique destinée à contester les arguments grecs et à montrer que l’interdiction du transport de GNL aurait, en réalité, un effet préjudiciable sur l’économie de guerre russe.

Option 2 : Reporter brièvement l’interdiction

Si la Grèce maintient malgré tout sa ligne, les États membres seront contraints de proposer un compromis, comme ils l’ont déjà fait par le passé lorsque les blocages semblaient insurmontables.

À ce stade, l’interdiction des importations et du transport de GNL russe doit entrer pleinement en vigueur le 1er janvier 2027. Les pays de l'UE pourraient convenir de repousser de quelques mois l’entrée en application de l’interdiction de transport, tout en laissant inchangée celle sur les importations.

Les importations en sont le volet central, car elles assurent à Moscou une source directe de revenus : les achats de l’UE auprès de Yamal ont atteint près de 6 milliards d’euros au premier semestre de cette année. Les 136 cargaisons et 9,97 millions de tonnes métriques constituent un record pour cette période.

Un report laisserait à Dynagas davantage de temps pour se préparer à la sortie progressive et permettrait à la Grèce de sauver la face, de lever son veto et d’approuver les nouvelles sanctions.

Dans les faits, toutefois, cette solution reviendrait à repousser le problème et Bruxelles pourrait rapidement se retrouver confrontée au même casse‑tête.

Option 3 : Accorder une dérogation

L'option le plus controversée consisterait à simplement modifier le texte juridique et à supprimer la mention interdisant le transport de GNL russe.

C’est l’option privilégiée par Athènes : une dérogation taillée sur mesure qui autoriserait indéfiniment le transport vers des clients hors UE. L’Asie serait la destination la plus probable.

Selon son site Internet, Dyangas fournit des méthaniers capables d’emprunter la route maritime du Nord, qui traverse l’Arctique et passe par le détroit de Béring pour rejoindre le Japon et la Chine continentale. Elle est nettement plus courte que la route plus sûre reliant la mer Méditerranée, le canal de Suez et l’océan Indien.

Mais Bruxelles a un historique délicat en matière de dérogations.

En 2022, la Hongrie et la Slovaquie ont obtenu une clause sans limite de durée pour continuer à acheter du pétrole russe via l’oléoduc Droujba, ouvrant une faille béante dans une interdiction pourtant stricte. Cette disposition s’applique toujours aujourd’hui et s’est retrouvée au centre d’un veto houleux plus tôt cette année.

Autre exemple de dérogation : le plafonnement du prix du pétrole russe transporté par voie maritime, qui permet aux pays de l’UE, comme la Grèce, de fournir des services aux pétroliers qui s’y conforment. Un plafond de prix sur le GNL russe est jugé impraticable en raison du manque de poids de l’UE à l’échelle mondiale.

Cela explique pourquoi les États membres et la Commission sont si réticents à modifier le texte et à fragiliser une nouvelle sanction énergétique – et pourquoi l’Ukraine s’inquiète aussi du signal qu’enverrait une telle concession.

"Parfois, dans la course au profit, on oublie le prix que le peuple ukrainien paie chaque jour", a déclaré lundi Vladyslav Vlasiuk, commissaire du président ukrainien chargé de la politique de sanctions, qui appelle à "une piqûre de rappel alors que se poursuivent les discussions sur le 21e paquet de sanctions de l’UE".

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