Athènes s'est dotée du système numérique Traffic Commander, qui combine des données issues de 24 sources pour gérer plus de 50 000 incidents par jour. 388 nouvelles caméras ont été activées sur 100 carrefours de la capitale grecque.
Athènes a déployé un vaste système numérique de gestion de la circulation et de contrôle des infractions routières, combinant caméras fixes, intelligence artificielle, drones et données transmises en temps réel à un centre opérationnel central.
Environ 4 000 contravention ont déjà été dressés et envoyés par voie électronique par le système pilote de "caméras intelligentes", tandis que 388 nouvelles caméras de la région de l’Attique doivent être pleinement opérationnelles dans les dix prochains jours.
En parallèle, la police grecque a mis en service Traffic Commander, un système qui regroupe des informations provenant de 24 sources différentes, afin de permettre aux autorités compétentes de suivre la circulation, de détecter les incidents et de coordonner l’intervention des patrouilles, des motocycles de police et des moyens aériens.
Les deux systèmes répondent à des objectifs différents mais complémentaires. Les caméras repèrent les infractions potentielles et servent à l’édition des amendes, tandis que le Traffic Commander est utilisé pour la gestion en temps réel du trafic et des incidents.
388 nouvelles caméras pour les infractions au feu rouge
Les 388 caméras ont été installées sur une centaine de carrefours équipés de feux de signalisation dans la métropole athénienne. Dans un premier temps, elles enregistreront exclusivement les franchissements de feu rouge.
Selon le ministre de la Gouvernance numérique et de l’Intelligence artificielle, Dimitris Papastergiou, les derniers réglages de leurs logiciels sont en cours afin de les relier complètement au système unifié de constatation des infractions.
Les caméras sont synchronisées avec le feu tricolore et enregistrent les véhicules qui franchissent la ligne de stop une fois le rouge allumé. Pour chaque infraction potentielle, des photos et une vidéo sont générées, puis transmises via une connexion sécurisée à la police de la circulation.
Leur fonctionnement diffère de celui des caméras pilotes dotées d’intelligence artificielle, qui peuvent détecter un plus grand nombre de types d’infractions.
De 130 à 4 000 contraventions numériques
Le fonctionnement opérationnel du système pilote a débuté le 28 mars 2026, avec des caméras à intelligence artificielle installées sur huit points jugés particulièrement accidentogènes et des caméras mobiles à bord de dix bus urbains.
Au cours des deux premiers jours, 130 amendes avaient été dressées, principalement pour franchissement de feu rouge et absence de casque chez les conducteurs de deux-roues. Fin mai, 2 453 avis de contravention numériques avaient été émis et notifiés. Selon les derniers chiffres du ministère, le total dépasse les 4 000.
Les notifications sont envoyées dans le coffre-fort numérique personnel du citoyen sur la plateforme publique gov.gr et dans l’application Gov.gr Wallet. Les caméras pilotes à intelligence artificielle peuvent repérer les franchissements de feux de signalisation, les excès de vitesse, l’usage du téléphone portable au volant, l’absence de ceinture de sécurité ou de casque, ainsi que la circulation ou l’arrêt illégal sur les couloirs de bus.
Le système de lecture automatique des plaques enregistre également des caractéristiques du véhicule, comme la marque, le modèle et la couleur, et catégorise le type d’infraction potentielle. Les caméras installées dans les bus servent exclusivement à contrôler la circulation et le stationnement illégaux sur les voies réservées aux transports publics.
Contrôle humain avant l’émission des amendes
Malgré la captation automatisée, les avis de contravention ne sont pas émis uniquement par l’algorithme. Les images sont examinées par du personnel habilité de la police de la circulation, qui vérifie qu’une infraction a bien été commise.
Cette étape a été jugée importante durant les premiers mois de fonctionnement. Au 30 mai, 420 recours avaient été déposés sur les 2 453 avis de contravention numériques, dont 52 acceptés.
Certains recours portaient sur des incohérences dans l’heure d’enregistrement ou sur des cas où les caractéristiques de l’infraction n’étaient pas suffisamment visibles. D’autres ont été accueillis en raison de dérogations spécifiques ou de problèmes de santé avérés.
Dimitris Papastergiou précise que les problèmes techniques apparus lors de la phase initiale ont été résolus et que le système fonctionne désormais dans des conditions normales.
Vue d’ensemble du trafic à partir de 24 sources
Parallèlement à l’extension des caméras, Traffic Commander doit offrir à la police de la circulation une image opérationnelle unifiée du trafic à Athènes. Ce système, développé en interne par des ingénieurs logiciels de la police grecque, combine des informations provenant de 24 sources différentes, parmi lesquelles des voitures de patrouille, des motos de police, des drones et d’autres dispositifs existants de surveillance et de gestion du trafic.
Selon la police, le Traffic Commander traitera chaque jour environ 50 000 événements et signaux liés au trafic, transformant ces données en une vue commune pour les officiers du centre opérationnel. La métropole athénienne compte plus de quatre millions d’habitants, et près de 700 000 véhicules pénètrent chaque jour dans le centre-ville.
Dix drones répondant à des spécifications policières particulières fourniront des images aériennes au centre d’opérations, permettant aux autorités de suivre les embouteillages, les accidents et autres incidents sans dépendre uniquement des patrouilles au sol. Le ministre de la Protection du citoyen, Michalis Chrysochoïdis, estime qu’une fois le système entièrement déployé, à partir de septembre, la gestion du trafic pourrait s’améliorer de 25 % à 30 %. Cette projection sera évaluée au moyen de rapports mensuels sur l’efficacité des interventions.
Extension à d’autres régions
Le plan gouvernemental prévoit l’installation d’environ 1 000 caméras au cours de l’année 2026 à Athènes, Thessalonique et en Crète. Le déploiement du réseau se poursuivra en 2027, quelque 300 caméras mobiles devant être mises en service d’ici le début de cette année-là.
Les infractions seront progressivement intégrées dans un système électronique unique, par lequel seront effectués l’enregistrement, l’édition et la notification des avis de contravention, le dépôt des recours et le paiement des amendes. Cette extension intervient dans une période où la sécurité routière en Grèce montre des progrès, tout en restant en deçà de la moyenne de l’Union européenne.
Selon les données de la Commission européenne, les décès dus à des accidents de la route en Grèce ont diminué de 22 % en 2025. Le pays a toutefois enregistré 50 morts par million d’habitants, contre une moyenne de 43 dans l’Union européenne.