Son avocate annonce que plusieurs plaintes vont être déposées jeudi, visant la formation La France Insoumise, mais aussi certains de ses élus et représentants locaux, ainsi qu'un média d'extrême droite et l'essayiste Alain Soral.
Après l'interruption de son concert à Grenoble samedi 18 juillet, la DJ Barbara Butch va porter plainte contre le parti La France insoumise (LFI) pour provocation à la haine et à la violence, a annoncé son avocate, Audrey Msellati, jeudi 23 juillet.
D'autres plaintes vont être déposées contre certains élus et représentants locaux de la formation politique de gauche, ainsi que contre le média d’extrême droite Omerta et l’essayiste condamné à plusieurs reprises Alain Soral, a précisé l'avocate de l'artiste.
Samedi dernier, son concert au festival Cabaret Frappé a été arrêté après l'irruption d'une centaine de militants pro-palestiniens et insoumis. Depuis, les critiques et accusations d'antisémitisme fusent à l'encontre de LFI.
Dans un communiqué, le conseil de Barbara Butch évoque "des faits susceptibles de constituer, notamment, les délits de provocation publique à la haine et à la violence, violences aggravées, entrave à la liberté de création artistique, cyberharcèlement aggravé, diffamation et injure publiques aggravées". Tous les chefs de plainte ne s’appliquent pas à tous les acteurs visés.
Le parquet de Grenoble a ouvert mardi une enquête pour "délit d’entrave concertée aux libertés". La mairie a fait état de "jets de bouteilles en verre" et autres projectiles "visant délibérément la scène" lors du passage de la DJ.
La ville de Grenoble avait déjà annoncé lundi porter plainte contre X, la maire Laurence Ruffin pointant une manifestation qui n'était pas "pacifique", et précisant avoir "des preuves de violences et de sabotage électrique".
Concert maintenu samedi dans l'Yonne
"En état de choc", Barbara Butch a fait part de son émotion sur le plateau de BFMTV mercredi, disant avoir "eu peur que ça dégénère" samedi "pour les équipes" et "le public" vu "l'agressivité qu'il y avait". Toujours sur BFMTV, la DJ confie avoir "l'impression d'être dans un étau", étant tant la "cible de l'extrême droite" que de La France insoumise.
"Demander aux juifs de se justifier sur la politique israélienne n'est pas normal, moi je suis juive française, j'ai des comptes à rendre sur la politique de mon pays dans lequel je vote, même si je peux avoir un avis sur cette guerre atroce", étaye-t-elle.
La cheffe de file des députés LFI, Mathilde Panot, a reconnu mercredi sur BFMTV que le tract distribué par des militants de son parti lors du concert de Grenoble était "mauvais"et a condamné insultes et jets de projectiles. Mais "il n’y a pas d’antisémitisme dans nos rangs", a-t-elle insisté.
La DJ de 45 ans est visée par des militants pour des prises de position sur Israël et son soutien à la proposition de loi Yadan. Ce texte, retiré par le gouvernement en avril, devait, selon le gouvernement, permettre de lutter contre l'antisémitisme. Ses détracteurs estimaient qu'il menaçait la liberté d'expression, notamment celle des opposants à la guerre menée par Israël dans la bande de Gaza.
Aux appels au boycott de son concert samedi dans l'Yonne lancé par La France insoumise du département, l'artiste a répondu ce mercredi sur franceinfo : "Bien sûr que j'y vais" et "la tête haute". "On va essayer de rétablir un dance floor où les gens se mélangent, s'aiment, se rencontrent, un endroit apolitique où on peut faire une pause parce que c'est quand même ça mon boulot, organiser des événements où on peut juste être soi-même, lâcher prise, danser, chanter et rire ensemble".