Bamako avait condamné, le 5 juin dernier, un agent de l'ambassade de France à 20 ans de réclusion pour "atteinte à la sûreté de l'État".
C'est une décision qui pourrait entraîner un réchauffement des relations diplomatiques entre la France et le Mali, après plusieurs années de tensions. Ce jeudi 13 août, le gouvernement de transition, présidé par le général Assimi Goita, a annoncé avoir gracié le ressortissant français identifié comme Yann V.
"Cette mesure de grâce ne remet pas en cause le fait établi" par la justice, écrit la junte dans un communiqué publié sur Facebook. Cette décision "est assortie de l'éloignement immédiat de l'intéressé du territoire national", est-il également précisé.
Le 5 juin dernier, ce Français, agent de renseignement sous statut diplomatique, avait été condamné à 20 ans de réclusion criminelle pour "atteinte à la sûreté de l'État". Détenu depuis son arrestation en août 2025 en compagnie de plusieurs officiers maliens accusés d'avoir préparé un coup d'État pour renverser la junte, il s'était également vu infliger une amende de 5 400 euros et une interdiction d'entrer au Mali pendant 20 ans.
"Notre agent menait une mission de coopération en matière de sécurité et en aucun cas la France n'a participé, directement ou indirectement, à la déstabilisation du Mali", avait assuré, au moment de sa condamnation, le ministère français des Affaires étrangères.
Dans son communiqué, la junte a salué, sans le nommer, un "pays frère" qui a participé à l'obtention de cette grâce.
Rapprochement avec la Russie
Le Mali est confronté depuis 2012 à une crise sécuritaire, alimentée notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l'organisation État islamique, ainsi que par des gangs criminels locaux.
Sous la direction du chef de la junte, Assimi Goita, le pays a tourné le dos à l'Occident, en particulier à la France, au profit d'un rapprochement avec la Russie, même si un expert de l'Institut français des relations internationales expliquait, en mai, à Euronews, qu'un retrait des forces russes n'était pas à exclure.
Le Mali, comme ses voisins le Niger et le Burkina Faso, est dirigé par des militaires arrivés au pouvoir par la force ces dernières années, qui promettaient d'apporter davantage de sécurité à la population. Mais la situation sécuritaire dans la région du Sahel s'est dégradée depuis l'arrivée au pouvoir des juntes, selon les analystes, avec un nombre record d'attaques et de civils tués, tant par les groupes djihadistes que par les forces gouvernementales.