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Budget de l'UE : Costa teste les dirigeants avant des négociations clés, vise un accord fin d'année

António Costa entame une tournée de quatre semaines dans les capitales de l'UE
António Costa entame une tournée de quatre semaines dans les capitales de l'UE. Tous droits réservés  Omar Havana/Copyright 2025 The AP. All rights reserved.
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Par Jorge Liboreiro
Publié le
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Costa entame une tournée de quatre semaines des capitales de l’UE pour sonder la volonté des dirigeants de trouver un compromis sur le budget commun d’ici la fin de l’année.

Les 27 dirigeants de l’Union européenne parviendront-ils à dépasser leurs lignes rouges pour s’accorder à l’unanimité sur un nouveau budget commun d’ici la fin de l’année ?

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António Costa entend bien le découvrir.

Le président du Conseil européen, qui doit piloter les négociations houleuses sur le budget de l’UE pour 2028-2034, a entamé une tournée de quatre semaines dans le bloc pour rencontrer les dirigeants dans leurs capitales et mesurer leur disposition à faire des compromis. La Suède sera exclue en raison de ses prochaines élections législatives.

Les premiers entretiens de Costa auront lieu mardi avec le Slovaque Robert Fico et l’Estonien Kristen Michal, puis mercredi avec le Letton Andris Kulbergs et le Lituanien Gitanas Nausėda, avant le Premier ministre tchèque Andrej Babiš jeudi.

Son objectif principal est de se faire une "image cohérente" de chaque position nationale et d’évaluer une voie possible vers un accord final en décembre, a indiqué un haut responsable.

Costa et son équipe estiment que si les discussions débordent sur l’année prochaine, le processus pourrait dérailler et que le budget septennal risque de ne pas être opérationnel au 1er janvier 2028.

"C’est assez rassurant de voir que cet horizon a été bien intégré par les dirigeants et accepté par tous comme un impératif", a déclaré le responsable, en soulignant que la France, auparavant réticente à entériner l’échéance de décembre, s’y rallie désormais pleinement.

"Nous devons être pleinement opérationnels dès 2028."

Sur la table figure le projet de budget de près de 2 000 milliards d’euros de la Commission européenne, le plus important jamais présenté. Il a ensuite été réduit de 2 % dans une proposition de compromis déposée par Chypre.

Ce schéma chypriote a été aussitôt rejeté par les autoproclamés "modernisateurs", également connus sous le nom de "frugaux". Ces pays, parmi les plus riches du bloc, réclament des coupes drastiques dans les dépenses, en particulier pour l’agriculture et les politiques de cohésion.

"Ces coupes sont essentielles, quel que soit le résultat sur les nouvelles ressources propres", a déclaré le chancelier allemand Friedrich Merz le mois dernier, et il juge le projet "inacceptable".

Merz recevra jeudi les dirigeants du camp frugal.

À l’inverse, les soi-disant "amis de la cohésion" (source en anglais), une coalition de 17 pays, veulent augmenter les financements pour l’agriculture et la cohésion, qu’ils décrivent comme "les politiques les plus visibles de l’UE pour les citoyens".

Les cinq premiers dirigeants que Costa doit rencontrer au cours de sa tournée appartiennent à ce groupe.

Une équation complexe

Jusqu’à présent, les États membres n’ont avancé que sur la grande architecture proposée par la Commission, qui prévoit davantage de flexibilité pour répondre plus rapidement aux crises.

Mais les questions centrales – le volume et le financement du budget – restent en suspens. La Suède, par exemple, a demandé une réduction radicale de 20 %, ce à quoi s’opposent les "amis de la cohésion". L’Espagne, de son côté, a avancé l’idée de milliards d’euros de dette commune de l’UE, une perspective anathème pour les "frugaux".

Une autre ligne de fracture concerne les nouvelles ressources propres, c’est-à-dire des taxes à l’échelle de l’UE destinées à générer des recettes supplémentaires et à compléter les contributions nationales. La Commission européenne en a proposé cinq, tandis que le Parlement européen en a ajouté trois de plus.

Les diplomates reconnaissent qu’une combinaison de nouveaux impôts est désormais inévitable, compte tenu de l’ampleur des ambitions de l’UE, qui incluent des investissements coûteux dans les technologies de pointe, la défense et l’adaptation au climat. La manière de soutenir l’Ukraine lorsque son prêt de 90 milliards d’euros arrivera à échéance l’an prochain fait également partie de l’équation.

Mais chaque capitale a sa propre vision de la taille que doit avoir le budget global et du nombre de nouvelles ressources propres à introduire.

Les lignes rouges sont devenues la norme, les présidents et premiers ministres – en particulier ceux qui sont à l’approche d’élections – redoutant un retour de bâton des électeurs.

"Les dirigeants ont défendu leurs positions nationales de manière très affirmée, mais avec un engagement très fort en faveur des négociations", a indiqué le haut responsable. "Nous devons combler l’écart entre les positions et l’engagement d’aboutir à un accord d’ici la fin de l’année."

Si toutes ces revendications concurrentes ont une "logique", le responsable a reconnu qu’il est irréaliste de s’attendre à ce qu’elles soient toutes satisfaites simultanément.

"Nous avons besoin d’un compromis équilibré."

La tournée de quatre semaines de Costa alimentera les travaux de la présidence irlandaise du Conseil de l’UE, qui doit présenter en octobre une proposition révisée, ou "boîte de négociation" (nego-box). Les dirigeants débattront de ce texte en face à face lors d’un sommet plus tard dans le mois.

Bruxelles prépare une réunion extraordinaire fin novembre qui pourrait ouvrir la voie à un accord final lors du sommet décisif de décembre.

La ratification d’un nouveau budget de l’UE exige l’unanimité.

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