Lors de la réunion de la Coalition des volontaires ce lundi, le président français a annoncé les premiers exercices militaires conjoints de la coalition des soutiens à l'Ukraine en automne. "Grazie, no", retorque Rome, dans la lignée du refus de Giorgia Meloni d'envoyer des troupes en Ukraine.
La Coalition des volontaires se prépare à une nouvelle phase de soutien militaire à l'Ukraine. Entre octobre et novembre, selon les propos d'Emmanuel Macron rapportés notamment par la chaîne TV ukrainienne, Suspilne (source en ukrainien), se tiendront de vastes exercices militaires conjoints de grande ampleur, destinés à tester la capacité opérationnelle des pays qui ont rejoint ce format et à préparer une éventuelle intervention une fois les hostilités terminées.
Ces exercices avaient été annoncés lors de la précédente réunion de la Coalition des volontaires en juillet. On a appris à l'époque qu'à l'automne, environ 1 500 militaires britanniques et français se rendraient en Pologne en septembre pour participer à des exercices internationaux des pays de la coalition.
« Nous avons pris une décision », a expliqué Macron, en soulignant que ces exercices doivent servir à démontrer la réactivité opérationnelle de la Coalition et sa capacité à agir une fois les combats terminés. L'objectif, a ajouté le président français, est aussi de renforcer la crédibilité des garanties de sécurité offertes à Kyiv.
L'Italie ne participera pas
C'est sur ce point précis que se démarque la position italienne. Rome ne prendra pas part à ces manœuvres, selon les sources gouvernementales, qui pointent la ligne maintes fois réaffirmée par la présidente du Conseil Giorgia Meloni : l'Italie soutient l'Ukraine et participe à la Coalition, mais n'a pas l'intention d'envoyer ses militaires sur le territoire ukrainien.
La décision italienne intervient alors que le gouvernement prépare un nouveau paquet d'aide à l'Ukraine. Selon des sources de l'exécutif, l'Italie mise en particulier sur les hôpitaux, les écoles et les infrastructures énergétiques, ainsi que sur de nouveaux moyens de défense, y compris des générateurs et des équipements destinés à la protection antiaérienne.
Ce que la Coalition veut tester
Les exercices auront avant tout une portée opérationnelle. La Coalition veut montrer qu'elle est capable de mobiliser et de coordonner rapidement ses forces si, après un éventuel cessez-le-feu, il s'avérait nécessaire de mettre en œuvre les garanties de sécurité promises à l'Ukraine.
Dès juillet, Macron avait annoncé l'organisation d'exercices dans les pays voisins de l'Ukraine, afin de vérifier les systèmes de déploiement et la capacité de la Coalition à opérer à terre, en mer et dans les airs.
La question est particulièrement sensible, car le projet de la Coalition ne concerne pas seulement le soutien militaire à Kyiv durant la guerre, mais aussi la possible mise en place d'un dispositif multinational à activer après la fin des hostilités.
Macron : « Nous devons démontrer notre préparation »
Pour Macron, ces exercices s'inscrivent donc dans la stratégie de dissuasion et dans les futures garanties de sécurité. "Il est très important de continuer à faire la preuve de notre détermination et de notre préparation", a déclaré le président français.
Le choix de l'Italie introduit toutefois une distinction importante au sein de la Coalition : Rome continue de soutenir politiquement et matériellement Kyiv, mais maintient son veto sur l'emploi de soldats italiens en Ukraine et, désormais, sur la participation aux exercices militaires des volontaires.
La Coalition, dirigée politiquement par la France et le Royaume-Uni, poursuivra donc ses travaux en vue de préparer une force multinationale pour l'après-guerre, tandis que l'Italie continuera à jouer un rôle de soutien à Kyiv sans prendre part aux exercices militaires prévus à l'automne.