Ces îles minuscules et inhabitées garantissent à la France une grande zone économique exclusive. Vanuatu, qui revendique ces terres depuis son accession à l’indépendance, a déposé une requête devant la Cour internationale de justice.
La France a réaffirmé mercredi sa souveraineté sur deux îles contestées et d’importance stratégique situées dans l’océan Pacifique, revendiquées par le Vanuatu, qui envisage d’intenter une action contre Paris devant la Cour internationale de justice (CIJ), siégeant à La Haye.
Éléonore Caroit, secrétaire d’État au ministère français des Affaires étrangères, a déclaré que Paris avait pris acte de l’initiative du Vanuatu concernant les îles inhabitées de Matthew et Hunter et qu’il y répondrait en temps voulu.
Conformément au règlement de la plus haute juridiction des Nations unies, l'affaire ne pourra être examinée que si la France reconnaît la compétence des juges internationaux.
En décembre, le gouvernement français avait démenti toute intention de céder sa souveraineté après que Marine Le Pen, figure de proue de l’extrême droite, eut accusé le président Emmanuel Macron de vouloir abandonner des territoires d’outre-mer.
Ces îles volcaniques se situent à plusieurs centaines de kilomètres à l’est du territoire français d’outre-mer de la Nouvelle-Calédonie, mais sont également revendiquées par le Vanuatu.
"La position de la France est claire et ferme", a déclaré Mme Caroit lors d’une conférence des îles du Pacifique organisée par les Palaos. "C’est une position de dialogue et d’ouverture, mais c’est avant tout une réaffirmation de la souveraineté de la France sur ces îles", a déclaré Mme Caroit.
Les parties doivent "discuter, négocier et essayer de trouver des solutions sans renoncer à la souveraineté — cela n’a jamais été envisagé", a-t-elle ajouté.
Paris prend acte de la demande du Vanuatu visant à ouvrir la procédure et se prononcera sur la "compétence" et le "fond de l’affaire", a-t-elle précisé.
Ces minuscules îles, d’une superficie inférieure à un kilomètre carré (0,4 mile carré), garantissent à la France une zone économique exclusive (ZEE) de 350 000 kilomètres carrés.
Le Vanuatu a obtenu son indépendance de la tutelle conjointe britannique et française en 1980.
"Nous avons décidé que nous avions suffisamment longuement discuté de cette question et nous avons désormais déposé une requête auprès de la Cour", a déclaré le ministre de l’Environnement du Vanuatu, Ralph Regenvanu, lors du forum.
Si Paris n’accepte pas la compétence de la CIJ, le Vanuatu peut solliciter un avis consultatif par un vote à la majorité à l’Assemblée générale des Nations unies, a-t-il ajouté.
Plus tôt cette année, le Premier ministre du Vanuatu, Jotham Napat, avait accusé la France de colonialisme dans le cadre de ce différend et menacé de recourir à "tous les moyens diplomatiques et juridiques internationaux" si les discussions échouaient.
La France possède des territoires d’outre-mer aux quatre coins du globe, des Caraïbes à l’océan Indien et au Pacifique — héritages de l’ère coloniale qui constituent aujourd’hui des points d’appui stratégiques essentiels pour Paris.